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« Un exploit nucléaire chinois » : la Chine impressionne le monde en installant 1 000 tonnes d’acier sur son réacteur high-tech en un temps record

Bastien Rouquette Par Bastien Rouquette
4 min de lecture
« Un exploit nucléaire chinois » : la Chine impressionne le monde en installant 1 000 tonnes d’acier sur son réacteur high-tech en un temps record
Illustration de l'installation d'un dôme colossal sur un réacteur nucléaire en Chine. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • La Chine installe un dôme colossal de 1 000 tonnes sur le réacteur de Haiyang, démontrant une maîtrise technologique avancée.
  • La centrale nucléaire fournira jusqu’à 40 térawattheures d’électricité par an, suffisant pour alimenter la moitié de la province du Shandong.
  • Les réacteurs CAP1000, adaptés de modèles américains, offrent des systèmes de sécurité passifs pour une meilleure protection.
  • Le projet contribue à l’objectif de la Chine d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060, en réduisant la dépendance au charbon.

La Chine vient de réaliser une prouesse technologique en installant un dôme colossal de 1 000 tonnes sur le réacteur 3 de la centrale nucléaire de Haiyang. Cet exploit témoigne de l’ambition grandissante du pays dans le domaine nucléaire, avec un réacteur qui se distingue par sa modernité et ses dimensions impressionnantes. Ce dôme, à la fois gigantesque et précis, joue un rôle crucial dans la sécurité du réacteur, garantissant une protection maximale contre toute fuite radioactive potentielle. La rapidité et l’efficacité de l’opération soulignent la maîtrise technique des ingénieurs chinois.

Une prouesse technologique impressionnante

L’installation du dôme de confinement sur le réacteur 3 de Haiyang représente un tournant dans le secteur nucléaire chinois. Ce dôme de 41 mètres de diamètre et 11 mètres de hauteur a été installé avec une précision inédite, grâce à une grue chenille de 3 200 tonnes. En seulement deux heures, cette opération, qui aurait pu être retransmise en direct tant elle était spectaculaire, a été menée à bien. Le dôme assure la sécurité du réacteur en cas d’accident, en agissant comme une barrière anti-radioactivité de troisième niveau.

Cette installation marque la fin des travaux de gros œuvre et ouvre la voie à la mise en place de dispositifs essentiels tels que le réservoir de refroidissement passif. Ce dernier, positionné au-dessus du réacteur, contient une réserve d’eau capable de refroidir automatiquement le cœur en cas de panne, sans intervention humaine. C’est un élément crucial pour garantir la sécurité du réacteur, même en cas de défaillance majeure.

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La centrale d’Haiyang : un pilier énergétique pour le Shandong

Une fois achevée, la centrale nucléaire de Haiyang sera composée de quatre unités capables de produire ensemble 40 térawattheures d’électricité par an. Cette quantité d’énergie suffira à alimenter la moitié de la population de la province du Shandong, soit environ 50 millions de personnes. Actuellement, seules les deux premières unités sont opérationnelles, fournissant déjà un tiers de la demande énergétique résidentielle.

La centrale joue également un rôle crucial dans la transition énergétique de la région. En effet, elle permettra de remplacer progressivement les chaudières au charbon par une source de chaleur propre et stable pour la péninsule de Jiaodong. C’est une avancée majeure pour réduire l’empreinte carbone de la région et améliorer la qualité de l’air.

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CAP1000 : l’ingéniosité sino-américaine

Les réacteurs de la centrale de Haiyang sont des CAP1000, une adaptation chinoise du modèle américain AP1000 développé par Westinghouse. Ces réacteurs de troisième génération intègrent des systèmes de sécurité passifs conçus après la catastrophe de Fukushima. Les CAP1000 sont conçus pour être plus compacts et plus sûrs, avec des dispositifs qui permettent de retarder les interventions d’urgence durant les 72 premières heures d’un incident.

Depuis 2002, la Chine a développé plusieurs projets avec ces réacteurs à Haiyang, Sanmen et Lufeng. L’objectif est d’améliorer la sécurité et l’efficacité des centrales, tout en réduisant les risques d’accidents. Cette approche permet de gagner un temps précieux en cas de crise, en laissant la physique opérer avant toute intervention humaine.

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Vers un avenir décarboné

La Chine s’est fixée l’objectif ambitieux d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Le rôle du nucléaire est crucial pour y parvenir, en réduisant la dépendance au charbon tout en maintenant une production énergétique stable et décarbonée. Les centrales comme Haiyang sont essentielles pour répondre aux besoins énergétiques croissants du pays, tout en respectant ses engagements climatiques.

En plus de fournir une énergie propre, le nucléaire offre une solution pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables. La Chine doit trouver un équilibre entre développement économique et protection de l’environnement, et le nucléaire joue un rôle central dans cette stratégie.

Alors que la Chine avance résolument vers ses objectifs énergétiques et environnementaux, la question reste posée : comment ce modèle inspirera-t-il d’autres nations dans leur propre transition vers une énergie plus verte et durable ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Bastien Rouquette

Écologie, société et futurs possibles

Bastien Rouquette

Bastien Rouquette est ingénieur en génie énergétique et a travaillé dans un bureau d'études spécialisé dans les bâtiments basse consommation. Il écrit pour VivreDemain.fr sur les énergies renouvelables, les transports, les économies d'énergie et l'architecture durable. Il se rend au travail en train et à vélo pliant.