Jour de la nuit 2026, des villes éteignent leurs lampadaires
Samedi 10 octobre, Grenoble, Royan ou Vincennes coupent la lumière pour la 18e édition, tandis que des balades et observations du ciel sont proposées.
Ce samedi 10 octobre, des communes de toute la France coupent leur éclairage public pour la 18e édition du Jour de la nuit, coordonnée par l’ONG Agir pour l’Environnement.
En bref
- La 18e édition du Jour de la nuit a lieu le samedi 10 octobre, coordonnée par Agir pour l’Environnement.
- Plusieurs centaines d’animations sont proposées : extinctions, balades, observations du ciel, conférences.
- Selon l’OFB, 85 % du territoire métropolitain subit une forte pollution lumineuse.
- Une étude parue dans Nature mesure un recul de 33 % en France entre 2014 et 2022.
L’opération vise à faire prendre conscience de la pollution lumineuse et de ses effets sur la biodiversité nocturne. Elle ne se limite pas à un geste symbolique d’extinction : elle propose aussi de sortir, d’écouter et de regarder la nuit autrement.
Plusieurs centaines de rendez-vous partout en France
Comme le détaille franceinfo, plusieurs centaines d’événements sont programmés pour l’occasion. Grenoble, en Isère, et Royan, en Charente-Maritime, figurent parmi les villes qui plongent leurs rues dans l’obscurité pendant une partie de la nuit.
À Vincennes, en Île-de-France, la mairie a choisi d’aller plus loin : l’hôtel de ville et les abords nord du château resteront sans éclairage du soir jusqu’au matin.
Pour participer, le plus simple reste de repérer une animation près de chez soi. Le programme recense, dans de nombreuses communes, des activités variées, toutes référencées sur une carte en ligne :
- des balades nocturnes ;
- des séances d’observation du ciel étoilé ;
- des conférences consacrées aux chauves-souris.
Une lumière qui recule en France, mais progresse ailleurs
L’ampleur du phénomène explique l’insistance des associations. D’après l’Office français de la biodiversité (OFB), 85 % du territoire métropolitain connaît un niveau élevé de pollution lumineuse. À l’échelle de la planète, près d’un tiers de l’humanité ne peut plus apercevoir la Voie lactée.
Une étude publiée le 8 avril 2026 dans la revue Nature apporte pourtant un contraste encourageant. Entre 2014 et 2022, la lumière artificielle nocturne a progressé à l’échelle mondiale, alors que la France a suivi la trajectoire inverse, en grande partie parce que les extinctions nocturnes de l’éclairage public se sont multipliées.
| Zone | Évolution de la pollution lumineuse (2014-2022) |
|---|---|
| Monde | Hausse de 16 % |
| Europe | Baisse de 4 % |
| France | Baisse de 33 % |
Le recul français est donc huit fois plus marqué que la moyenne européenne relevée par TF1 info.
Pourquoi la nuit noire compte pour la biodiversité
Une large part du vivant dépend de l’obscurité pour se nourrir, se déplacer ou se reproduire. Les proportions d’espèces actives totalement ou en partie la nuit donnent la mesure de l’enjeu.
Agir pour l’Environnement range la pollution lumineuse parmi les causes majeures de la disparition des insectes. Le mécanisme est décrit sans détour par l’ONG :
« Pour les insectes, par exemple, que la lumière attire, cela signifie tourner pendant des heures autour d’un lampadaire et finir par mourir d’épuisement ou être chassés en plus grand nombre par leurs prédateurs puisque regroupés à un même endroit »
Manon Rieutord, coordinatrice de campagnes Modes de vie pour Agir pour l’Environnement
Cette perte touche directement la protection des insectes pollinisateurs, dont une partie travaille de nuit.
Les effets ne s’arrêtent pas aux prairies. Lampadaires, façades de bâtiments publics, jardins éclairés et phares de voitures peuvent dérégler des organismes jusqu’à 200 mètres de profondeur dans l’océan. Les oiseaux migrateurs, qui se repèrent grâce à la Lune et aux étoiles, risquent d’être déviés par ces points lumineux. Sur les plages, les jeunes tortues marines fraîchement écloses peuvent être entraînées vers l’intérieur des terres au lieu de rejoindre la mer.
Santé, énergie, ciel : ce que réclame l’ONG
Pour Manon Rieutord, interrogée par TF1 info, l’éclairage nocturne excessif pèse sur quatre terrains : la santé humaine, la consommation d’énergie, la valeur patrimoniale du ciel et les écosystèmes. Le lien avec le bien-être humain avait déjà été abordé dans notre article sur la pollution lumineuse et la santé.
Au-delà de la journée de samedi, Agir pour l’Environnement porte trois revendications :
- éteindre les magasins dès leur fermeture ;
- couper l’éclairage public en dehors des agglomérations denses ;
- interdire les écrans publicitaires.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Jan van der Wolf. Licence Pexels.



