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« Découverte stupéfiante d’hydrogène » : les scientifiques accusent les gouvernements de négliger l’impact sur l’environnement sous-marin

Agnès Pradel Par Agnès Pradel
3 min de lecture
« Découverte stupéfiante d’hydrogène » : les scientifiques accusent les gouvernements de négliger l’impact sur l’environnement sous-marin
Illustration de la découverte d'un champ hydrothermal unique dans les profondeurs du Pacifique ouest.
EN BREF
  • Découverte d’un champ hydrothermal dans le Pacifique ouest par l’Institut d’océanologie de l’Académie chinoise des sciences.
  • Le processus de serpentinisation génère d’importantes quantités d’hydrogène moléculaire, influençant les cycles océaniques.
  • Les structures géologiques du champ Kunlun dépassent celles de la Cité Perdue en taille et complexité.
  • Les écosystèmes basés sur la chimiosynthèse offrent des perspectives sur les limites de la vie terrestre et extraterrestre.

La récente découverte d’un système hydrothermal exceptionnel dans le Pacifique ouest par l’Institut d’océanologie de l’Académie chinoise des sciences (IOCAS) a ouvert un nouveau chapitre dans notre compréhension des processus géochimiques des abysses. Ce champ, baptisé Kunlun, situé près de la fosse de Mussau, présente des caractéristiques géologiques inédites. Utilisant le submersible habité Fendouzhe, les chercheurs ont mis en lumière des émissions d’hydrogène d’une ampleur inédite, remettant en question les modèles géochimiques conventionnels. Cette exploration offre un aperçu fascinant des interactions complexes entre l’eau de mer, les roches mantelliques et les dynamiques hydrothermales qui modèlent les océans profonds.

Les caractéristiques impressionnantes du champ Kunlun

Le champ hydrothermal Kunlun, niché dans le Pacifique ouest, se compose de vingt vastes dépressions circulaires. Certains de ces cratères dépassent un kilomètre de diamètre, formant un réseau complexe sur la plaque Caroline. Cette morphologie singulière évoque des cheminées naturelles qui canalisent les fluides depuis les profondeurs terrestres. Couvrant une superficie de 11,1 kilomètres carrés, le site surpasse largement la célèbre Cité Perdue de l’Atlantique, tant par sa taille que par sa complexité géologique. Ces caractéristiques intrigantes font de Kunlun un laboratoire naturel pour étudier les processus géochimiques qui se déroulent loin des regards humains.

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Le rôle crucial de la serpentinisation

Au cœur des activités hydrothermales du champ Kunlun se trouve un processus géochimique clé : la serpentinisation. Ce phénomène implique une réaction chimique entre l’eau de mer et les roches riches en olivine du manteau terrestre. Cette interaction génère des minéraux serpentineux et libère de grandes quantités d’hydrogène moléculaire. Les mesures effectuées par spectroscopie Raman ont révélé des concentrations atteignant 6,8 millimoles par kilogramme dans les fluides hydrothermaux. L’émission annuelle d’hydrogène du site est estimée à 480 milliards de moles, représentant au moins 5 % de la production mondiale d’hydrogène abiotique sous-marin. Cette contribution significative souligne l’importance du champ Kunlun dans la dynamique globale des océans.

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Les champs hydrothermaux : des laboratoires naturels

Les champs hydrothermaux, tels que Kunlun, sont des zones actives du plancher océanique où l’eau de mer chauffée s’échappe des profondeurs. En s’infiltrant dans les fractures de la croûte terrestre, l’eau se réchauffe au contact du magma et s’enrichit en minéraux. Ces fluides chargés remontent à la surface, formant des évents ou des cheminées aux structures parfois complexes. Les températures peuvent varier de quelques degrés à plus de 400 °C, notamment pour les « fumeurs noirs ». Ces systèmes déposent des sulfures métalliques et d’autres minéraux en précipitant au contact de l’eau froide, constituant ainsi des archives géochimiques uniques et riches en informations.

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Les écosystèmes uniques des abysses

Les champs hydrothermaux hébergent des écosystèmes uniques, basés sur la chimiosynthèse plutôt que sur la photosynthèse. Ces oasis des abysses abritent une vie microbienne et animale hautement spécialisée, indépendante de la lumière solaire. Ces écosystèmes offrent un aperçu des limites de la vie sur Terre et pourraient potentiellement éclairer la recherche de la vie ailleurs dans l’univers. Les études de ces systèmes mettent en lumière le rôle crucial qu’ils jouent dans la composition chimique des océans, influençant les cycles biogéochimiques globaux et enrichissant notre compréhension des environnements extrêmes.

La découverte du champ hydrothermal Kunlun dans le Pacifique ouest soulève de nombreuses questions passionnantes pour les chercheurs. Quelles implications cette découverte aura-t-elle sur notre compréhension des processus géochimiques abyssaux ? Comment ces systèmes influencent-ils les cycles biogéochimiques globaux, et que révèlent-ils sur les limites de la vie sur notre planète et potentiellement ailleurs ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Agnès Pradel

Écologie, société et futurs possibles

Agnès Pradel

Agnès Pradel a été technicienne dans un bureau d'études en environnement, chargée des inventaires de faune et de flore. Elle écrit pour VivreDemain.fr sur la biodiversité, le climat et la pollution : espèces menacées, qualité de l'air et de l'eau, rapports scientifiques et politiques publiques. Elle participe chaque printemps au comptage des oiseaux de son village.