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« La terre est contaminée de l’intérieur » : des microplastiques retrouvés dans les vers de terre et tout l’écosystème du sol

Agnès Pradel Par Agnès Pradel
4 min de lecture
« La terre est contaminée de l’intérieur » : des microplastiques retrouvés dans les vers de terre et tout l’écosystème du sol
Illustration de la contamination des insectes par les microplastiques dans les écosystèmes terrestres. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • Les chercheurs ont découvert des microplastiques dans les insectes terrestres, y compris les vers de terre et les scarabées.
  • Les microplastiques se trouvent désormais à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, affectant également les oiseaux, mammifères et reptiles.
  • Un taux de contamination de 30 % a été observé chez les vers de terre, soulignant la gravité de la pollution plastique terrestre.
  • Les scientifiques appellent à une action urgente pour réduire le volume de plastique entrant dans nos écosystèmes et comprendre ses impacts.

Les microplastiques se révèlent être une menace bien plus vaste qu’on ne le pensait auparavant. Longtemps considérés comme un problème principalement marin, ces particules invisibles s’immiscent maintenant profondément dans les écosystèmes terrestres. Des chercheurs ont récemment découvert que les insectes, y compris les scarabées et les vers de terre, sont devenus des vecteurs de microplastiques au sein de la chaîne alimentaire. Cette découverte alarmante souligne l’urgence de comprendre comment ces particules pénètrent dans nos écosystèmes et affectent la biodiversité.

Les habitants du sol, victimes du plastique

Les résultats des recherches montrent que la pollution plastique ne se limite pas aux océans. Les microplastiques libèrent des substances chimiques en se décomposant, ce qui pose des risques graves pour la biodiversité terrestre. Des études antérieures ont déjà établi un lien entre l’ingestion de plastique et des effets néfastes tels que la croissance ralentie, des dommages organiques et une fertilité réduite chez les animaux. Un scarabée noir a été trouvé avec un éclat de nylon mesurant près d’un quart de la longueur de son corps, illustrant l’ampleur du problème.

Les chercheurs de l’université de Sussex ont mis en évidence que le polyester, souvent issu des vêtements et évacué par les boues d’épuration humaines, est le type de plastique le plus courant dans les invertébrés testés. Les microplastiques sont désormais omniprésents à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, déclare Fiona Mathews, biologiste environnemental à l’université de Sussex. Cette réalité impose de comprendre comment divers plastiques endommagent les écosystèmes et d’en réduire le volume dans l’environnement.

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La chaîne alimentaire sous le siège du plastique

Les espèces herbivores et décomposeurs, se nourrissant de matières végétales en décomposition, présentent les taux de contamination les plus élevés. Cependant, même les espèces carnivores, telles que les coccinelles, ne sont pas épargnées. Elles ingèrent souvent de plus gros fragments de plastique par le biais de leurs proies. Ces résultats suscitent de nouvelles inquiétudes sur l’impact à long terme de la pollution plastique sur la biodiversité.

Emily Thrift, tutrice doctorale en écologie à l’université de Sussex, s’est dite surprise par l’étendue de cette contamination plastique. Elle affirme que cette étude est la première à montrer la présence de plastiques à travers toute une communauté d’invertébrés terrestres. Cette découverte est un premier pas essentiel pour comprendre l’impact complet de la contamination par les microplastiques sur la faune, explique Tamara Galloway, professeure à l’université d’Exeter.

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Des chiffres qui parlent

Les chercheurs ont analysé plus de 580 échantillons provenant de jardins, de prairies et de terres agricoles sur 51 sites. Les vers de terre sont les plus affectés, avec un taux de contamination de 30 %, suivis de près par les limaces et les escargots à 24 %. Ces chiffres démontrent l’ampleur de l’infiltration du plastique dans l’environnement terrestre.

Voici un tableau qui résume les taux de contamination par les microplastiques :

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Espèce Taux de contamination
Vers de terre 30 %
Limaces et escargots 24 %

Ces chiffres montrent une tendance inquiétante qui nécessite une action rapide pour protéger nos écosystèmes.

Un appel à l’action

Face à cette situation préoccupante, la communauté scientifique plaide pour une compréhension approfondie des sources de microplastiques et de leurs impacts écologiques. Il est crucial de réduire le volume de plastique entrant dans l’environnement pour éviter des dommages irréversibles. Les recherches doivent se poursuivre afin d’élaborer des stratégies efficaces de gestion de la pollution plastique.

La question qui demeure est : comment allons-nous, en tant que société, répondre à cette menace croissante et protéger notre planète pour les générations futures ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Agnès Pradel

Écologie, société et futurs possibles

Agnès Pradel

Agnès Pradel a été technicienne dans un bureau d'études en environnement, chargée des inventaires de faune et de flore. Elle écrit pour VivreDemain.fr sur la biodiversité, le climat et la pollution : espèces menacées, qualité de l'air et de l'eau, rapports scientifiques et politiques publiques. Elle participe chaque printemps au comptage des oiseaux de son village.