Avec les engagements actuels, la planète vise 2,6 °C d’ici 2100
Le rapport annuel du Pnue, publié le 21 octobre, relève la projection d’un cran et chiffre l’effort pour revenir sous 1,5 °C, trois semaines avant la COP31.
En bref
- Le Pnue estime que les engagements actuels mènent à 2,6 °C d’ici la fin du siècle, contre 2,3-2,5 °C l’an dernier.
- Le retrait américain de l’Accord de Paris pèserait environ 0,1 °C à lui seul.
- Un retour sous 1,5 °C exigerait des baisses d’émissions de 18 % en 2030, 45 % en 2035 et 69 % en 2040.
Le Programme des Nations unies pour l’environnement a publié le 21 octobre son rapport annuel sur l’écart entre les émissions et les objectifs climatiques. La trajectoire qu’il décrit pour la fin du siècle est plus sombre que celle présentée en 2025.
Selon Reporterre, António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a jugé dans le communiqué accompagnant le rapport que « Le monde est dangereusement loin du compte ». Il ajoute que la planète « ne peut plus éviter de dépasser la limite de 1,5 °C ».
Pourquoi la projection se dégrade
Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris figure parmi les causes de cette révision. Pris isolément, il représenterait environ 0,1 °C de hausse supplémentaire d’ici la fin du siècle.
Le rapport mentionne aussi un élément encourageant : les capacités renouvelables se sont développées trois fois plus rapidement que prévu depuis la signature de l’accord. Cette progression n’a toutefois pas suffi à supplanter les combustibles fossiles.
Entre la fourchette de 2025 et le chiffre actuel, l’écart va de 0,1 à 0,3 °C, d’après le rapport du Pnue. La sortie américaine de l’Accord de Paris pèse donc, à elle seule, pour une part notable de cette révision, qui s’ajoute à la hausse plus forte encore de 2,8 °C possible avec les politiques en vigueur.
Ce que demanderait un retour sous 1,5 °C
Le Pnue étudie une trajectoire plus favorable, dans laquelle le thermomètre mondial atteindrait un sommet entre 1,7 °C et 1,8 °C avant de redescendre sous 1,5 °C d’ici 2100. Cela supposerait de réduire les émissions planétaires, par rapport à leur niveau de 2025, selon trois paliers.

- : une baisse de 18 % des émissions mondiales.
- : une baisse de 45 %.
- : une baisse de 69 %.
L’écart avec la réalité est considérable. Même si tous les engagements actuels étaient honorés, ce qui n’est pas le cas, la baisse plafonnerait entre 5 et 8 % à l’horizon 2030.
Ce scénario réclame de surcroît d’extraire de l’atmosphère quelque 320 gigatonnes de CO2 au cours du siècle, au moyen de techniques de capture et de stockage du carbone, souvent décriées.
| Trajectoire | Réchauffement d’ici 2100 |
|---|---|
| Projection du Pnue en 2025 | 2,3 à 2,5 °C |
| Engagements actuels (rapport du 21 octobre) | 2,6 °C |
| Scénario de retour sous 1,5 °C | pic à 1,7-1,8 °C, puis moins de 1,5 °C |
Le rythme exigé s’accélère d’un palier à l’autre : d’après Reporterre, il faudrait gagner 27 points de baisse entre 2030 et 2035, puis 24 points supplémentaires jusqu’en 2040. En 2030, la distance entre l’objectif de 18 % et les 5 à 8 % issus d’engagements respectés se situe entre 10 et 13 points.
Le scénario du Pnue n’empêche pas un franchissement temporaire du seuil de 1,5 °C, puisque le pic de 1,7 à 1,8 °C précède la redescente.
Un rapport attendu avant la COP31
Le document sort trois semaines avant l’ouverture de la COP31, qui se tiendra en Turquie. Il fournit aux délégations une photographie chiffrée de l’écart entre les promesses des États et la voie qui permettrait de limiter la hausse des températures.
Le texte de l’ONU compare deux réalités que la publication relayée par Reporterre met côte à côte : l’essor des capacités renouvelables, trois fois supérieur aux prévisions, et un niveau d’émissions qui reste très éloigné des paliers de 2030, 2035 et 2040.
Photo : wal_ 172619 / Pexels



