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« Et voici la plus ancienne roue au monde » : ces pierres de 12 000 ans découvertes pourraient révéler l’origine de cette technologie

Agnès Pradel Par Agnès Pradel
6 min de lecture
« Et voici la plus ancienne roue au monde » : ces pierres de 12 000 ans découvertes pourraient révéler l’origine de cette technologie
Vue rapprochée d'une pierre perforée découverte en Israël, potentiellement utilisée comme fusaïole il y a 12 000 ans, témoignant de l'ingéniosité préhistorique.
EN BREF
  • Les archéologues ont découvert des pierres perforées vieilles de 12 000 ans en Israël, suggérant une utilisation précoce de la rotation.
  • Ces artefacts servaient probablement de fusaïoles pour le filage, démontrant une compréhension avancée des mécaniques rotatives.
  • Les techniques modernes, comme les modèles 3D, ont permis d’analyser en détail ces objets et de confirmer leur fonction.
  • Cette découverte pourrait éclairer les origines de la technologie de la roue et son impact sur les civilisations humaines.

Les découvertes archéologiques ont toujours fasciné par leur capacité à dévoiler des fragments du passé qui illuminent notre compréhension de l’évolution humaine. Récemment, une équipe de chercheurs a mis au jour des pierres perforées vieilles de 12 000 ans en Israël, suscitant l’émerveillement de la communauté scientifique. Ces artefacts pourraient représenter les premières traces de l’utilisation de technologies de rotation, semblables à celles des roues. Cette découverte, aussi fascinante qu’énigmatique, nous pousse à reconsidérer le parcours technologique de nos ancêtres. En plongeant dans les détails de cette trouvaille, nous découvrons non seulement des objets de pierre, mais aussi des indices sur les innovations précoces qui ont façonné notre histoire technologique.

Les détails de la découverte

Des chercheurs ont découvert en Israël des pierres perforées vieilles de 12 000 ans, probablement utilisées comme fusaïoles pour filer des fibres. Cet outil rotatif précoce pourrait avoir influencé des innovations ultérieures comme le tour de potier et la roue de chariot. (Crédit : Yashuv, Grosman, 2024, PLOS ONE, CC-BY 4.0)

Les pierres ont été déterrées sur le site archéologique de Nahal-Ein Gev II, situé dans le nord d’Israël. Ce lieu a révélé des artefacts datant de la période néolithique, une époque charnière où les sociétés humaines ont commencé leur transition vers l’agriculture et la sédentarisation. Les objets en question, de forme circulaire et perforés en leur centre, ressemblent fortement à des fusaïoles, des outils utilisés pour le filage des fibres.

Les chercheurs, dirigés par Talia Yashuv et Leore Grosman de l’Université hébraïque de Jérusalem, ont publié leurs conclusions dans la revue PLOS ONE. En analysant les pierres à l’aide de modèles 3D, ils ont pu démontrer que ces artefacts étaient probablement utilisés pour créer un mouvement de rotation, facilitant le filage de fibres telles que la laine ou le lin. Cette utilisation précoce de la rotation pourrait être un précurseur des technologies plus avancées, comme le tour de potier ou la roue de charrette.

La signification de ces pierres va au-delà de leur fonction apparente. Elles représentent une avancée technologique majeure, témoignant de la capacité des sociétés néolithiques à manipuler leur environnement pour améliorer leur mode de vie. Ces objets démontrent une compréhension précoce des principes mécaniques, qui seraient essentiels pour le développement futur de technologies plus complexes.

Le contexte historique des pierres perforées

La période néolithique, qui s’étend d’environ 10 000 à 4 500 ans avant notre ère, est souvent décrite comme une ère de transformation. Les sociétés humaines passaient alors d’un mode de vie nomade de chasseurs-cueilleurs à une existence plus sédentaire, basée sur l’agriculture et l’élevage. Cette transition a favorisé le développement de nouvelles technologies et l’émergence de communautés plus complexes.

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Dans ce contexte, la découverte des pierres perforées est particulièrement significative. Elle suggère que même à cette époque, les humains cherchaient déjà à améliorer leur efficacité par l’innovation technologique. Les fusaïoles, en tant qu’outils de filage, auraient été essentielles pour produire des vêtements et d’autres textiles, améliorant ainsi la qualité de vie de ces premières communautés agricoles.

Le filage, activité essentielle pour la production textile, nécessitait des outils capables de transformer efficacement les fibres en fils. Les pierres découvertes, bien que simples dans leur conception, illustrent une compréhension sophistiquée de la mécanique de la rotation. Elles démontrent également l’ingéniosité des artisans néolithiques, qui ont su adapter les ressources disponibles pour répondre à leurs besoins quotidiens.

L’impact potentiel sur la technologie de la roue

Méthodes de filage. (a) Filage manuel sur la cuisse [64] ; (b) Filage « assisté » avec fuseau et fusaïole [68] ; (c) « filage au fuseau suspendu » [66] ; (d) Les fuseaux et fusaïoles expérimentaux, avec les scans 3D des galets perforés et leurs perforations en négatif. En bas, Yonit Kristal expérimente le filage de fibres avec des répliques des galets perforés, en utilisant les techniques de filage assisté et suspendu (photographié par Talia Yashuv). (Crédit : Yashuv, Grosman, 2024, PLOS ONE, CC-BY 4.0)
Bien que les fusaïoles ne soient pas des roues au sens traditionnel, elles partagent des principes mécaniques communs. En facilitant la rotation, elles préfigurent des inventions ultérieures telles que la roue de potier et la roue de charrette. Ces innovations ont joué un rôle crucial dans le développement des civilisations humaines, révolutionnant le transport et la production artisanale.

La roue, souvent considérée comme l’une des plus grandes inventions de l’humanité, a permis d’augmenter l’efficacité du transport et de l’agriculture. Elle a également favorisé le commerce, en rendant le déplacement de marchandises plus rapide et plus sûr. En ce sens, les pierres perforées découvertes en Israël pourraient représenter un lien précoce dans cette chaîne d’innovations.

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En étudiant ces objets, les chercheurs espèrent mieux comprendre les origines de la technologie de la roue. Ils s’interrogent sur la manière dont ces premières expériences de rotation ont pu influencer le développement des roues plus complexes. Cette recherche pourrait offrir de nouvelles perspectives sur l’évolution des technologies mécaniques et leur impact sur les sociétés humaines.

Les techniques modernes d’analyse archéologique

La découverte des pierres perforées a été rendue possible grâce à des méthodes d’analyse modernes, notamment l’utilisation de modèles 3D. Cette technologie permet aux chercheurs d’examiner en détail la structure et la composition des artefacts, offrant ainsi de nouvelles perspectives sur leur utilisation et leur signification.

Grâce à ces outils numériques, les scientifiques peuvent recréer les conditions dans lesquelles les objets étaient utilisés, testant différentes hypothèses sur leur fonction. Dans le cas des fusaïoles, cette approche a permis de confirmer leur utilisation probable pour le filage, en reproduisant le mouvement rotatif nécessaire pour tordre les fibres en fils.

Ces technologies modernes ne se contentent pas de mettre en lumière le passé ; elles ouvrent également de nouvelles voies pour l’archéologie. En permettant une exploration plus approfondie des découvertes, elles enrichissent notre compréhension des cultures anciennes et de leur ingéniosité. L’utilisation de modèles 3D est un exemple éloquent de la manière dont les avancées technologiques peuvent transformer l’étude du passé.

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L’héritage des premiers outils de rotation

Les fusaïoles découvertes en Israël ne sont pas simplement des artefacts de pierre ; elles sont les témoins d’une époque où l’humanité commençait à domestiquer les forces de la nature pour servir ses besoins. En créant des outils capables de rotation, nos ancêtres ont ouvert la voie à des innovations qui allaient transformer leur monde.

Ces premiers outils de rotation ont non seulement amélioré la production textile, mais ont également inspiré des inventions futures qui continueraient de façonner les civilisations humaines. La roue, qui découle de ces concepts initiaux, a été cruciale pour le développement de l’agriculture, du commerce et de l’industrie.

L’étude des fusaïoles et de leur impact potentiel sur les technologies ultérieures nous rappelle l’importance de l’innovation dans l’évolution humaine. Elle souligne également l’interconnexion entre les découvertes technologiques et les progrès sociaux, économiques et culturels.

Alors que nous continuons à explorer notre passé, une question demeure : quelles autres innovations anciennes attendent encore d’être découvertes, prêtes à enrichir notre compréhension de la créativité humaine ?

Agnès Pradel

Écologie, société et futurs possibles

Agnès Pradel

Agnès Pradel a été technicienne dans un bureau d'études en environnement, chargée des inventaires de faune et de flore. Elle écrit pour VivreDemain.fr sur la biodiversité, le climat et la pollution : espèces menacées, qualité de l'air et de l'eau, rapports scientifiques et politiques publiques. Elle participe chaque printemps au comptage des oiseaux de son village.