Ecominéro annonce 13,6 millions de tonnes valorisées en 2025
Après trois ans de responsabilité élargie du producteur pour les matériaux du bâtiment, l’éco-organisme affirme dépasser ses objectifs et mise sur le réemploi.
Ecominéro, l’éco-organisme de la filière minérale du bâtiment, tire le bilan de trois années de REP PMCB et affirme avoir dépassé les objectifs de valorisation qui lui étaient fixés.
En bref
- Ecominéro revendique plus de 4 200 points de reprise des déchets inertes en France.
- Le taux de valorisation dépasse 90 % en 2025, selon l’éco-organisme.
- Près de 200 projets de réemploi portés par des entreprises ont été accompagnés.
- Les éco-modulations doivent pousser les fabricants vers davantage de matières recyclées.
La REP PMCB, pour responsabilité élargie du producteur appliquée aux produits et matériaux de construction du bâtiment, confie aux metteurs sur le marché la charge de la fin de vie de leurs produits. Pour les matériaux minéraux (bétons, briques, tuiles, pierres et autres déchets dits inertes), c’est Ecominéro qui organise cette prise en charge. Le retour d’expérience est présenté par son directeur général, François Demeure dit Latte, dans un entretien vidéo publié par Actu-Environnement.
Un maillage dense et des volumes au-delà des cibles
Le premier résultat mis en avant tient au réseau. Pour qu’un chantier se débarrasse de ses gravats ailleurs que dans une décharge, il lui faut un exutoire proche. L’éco-organisme a donc constitué un réseau de reprise qui couvre le territoire, et dont une part importante est constituée de sites capables de transformer directement les déchets inertes en matériaux réutilisables.
Le volume traité sur la seule année 2025 atteint 13,6 millions de tonnes valorisées. Ces données émanent de l’éco-organisme lui-même, qui en conclut que les cibles de valorisation sont désormais franchies.
Ce que trois ans ont appris à l’éco-organisme
Au-delà des tonnages, Ecominéro dit avoir acquis une connaissance fine du recyclage des déchets inertes en France. Trois paramètres sont désormais suivis : les produits mis sur le marché par les fabricants, les quantités effectivement recyclées et les performances de valorisation obtenues. Croiser ce qui entre dans les bâtiments avec ce qui en sort permet de mesurer la marge restante pour boucler la boucle.

L’organisme entend s’appuyer sur ce socle pour la suite. Son objectif déclaré est de prolonger l’essor de l’économie circulaire dans le secteur de la construction, en s’adossant à ces trois premières années d’exploitation de la filière.
Le réemploi testé par les entreprises
Le recyclage broie et transforme. Le réemploi, lui, redonne une seconde vie à un élément sans le détruire. Sur ce terrain, Ecominéro indique avoir soutenu près de 200 projets conduits par des entreprises qui expérimentent de nouvelles façons de remettre des matériaux en circulation.
Ces expériences ne doivent pas rester confinées à leurs porteurs. L’éco-organisme prévoit d’en diffuser les enseignements, avec un double but affiché : faciliter la généralisation du réemploi dans la filière et ménager les ressources naturelles extraites pour bâtir.
Quatre leviers pour la suite
Pour donner plus de valeur aux déchets et agir en amont, avant même qu’un matériau soit produit, Ecominéro décrit plusieurs chantiers :
- Recherche partenariale : des collaborations avec des laboratoires et des écoles d’ingénieurs pour faire des déchets de nouvelles matières premières de construction.
- Éco-modulations : un mécanisme d’incitation destiné aux fabricants de la filière minérale, pour qu’ils incorporent plus de matières recyclées dans leurs nouveaux produits.
- Soutien à la R&D : des projets visant à mettre au point de nouvelles techniques, à limiter le recours aux ressources non renouvelables et à abaisser l’empreinte carbone des matériaux.
- Prévention et éco-conception : un accompagnement des producteurs dans la rédaction de leurs plans, afin de réduire l’impact environnemental d’un produit dès sa conception.
Ces axes restent des orientations : l’éco-organisme n’a pas publié de résultat chiffré sur les baisses d’empreinte carbone ou de consommation de ressources visées.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Jef K. Licence Pexels.



