Tendance
Transport

Ce titan des mers, 28 000 tonnes de puissance nucléaire, relance sa course aux missiles et redéfinit la suprématie navale russe

Bastien Rouquette Par Bastien Rouquette
4 min de lecture
Ce titan des mers, 28 000 tonnes de puissance nucléaire, relance sa course aux missiles et redéfinit la suprématie navale russe
Le croiseur russe Admiral Nakhimov prêt à dominer les mers après l'activation de son second réacteur nucléaire.
EN BREF
  • Le croiseur Admiral Nakhimov est désormais équipé d’un second réacteur nucléaire, renforçant ainsi la puissance de la marine russe.
  • Les chantiers navals de Sevmash ont réalisé des améliorations significatives, augmentant la capacité de frappe du navire avec des systèmes de tir modernes.
  • Les croiseurs Kirov demeurent les plus grands et lourds navires de guerre de surface, utilisant une propulsion unique combinant nucléaire et vapeur.
  • La Russie doit relever le défi de moderniser sa flotte tout en intégrant de nouvelles technologies pour rester compétitive sur la scène mondiale.

Le lancement récent du deuxième réacteur nucléaire à bord du croiseur russe Admiral Nakhimov marque une étape cruciale dans l’évolution de la marine russe. Ce navire, appartenant au projet 11442M, incarne la puissance militaire et technologique de la Russie. Après plusieurs années de mises à niveau et de modernisation effectuées au chantier naval de Sevmash, le navire est désormais prêt pour de nouvelles missions. Cette avancée souligne non seulement la capacité de la Russie à moderniser ses infrastructures militaires, mais aussi son engagement à maintenir une force navale de premier plan.

Le croiseur Admiral Nakhimov : symbole de la puissance russe

Le croiseur Admiral Nakhimov est souvent décrit comme le navire le plus puissant de la marine russe. Lancé pour la première fois en 1986 sous le projet 11442, il a été reclassé en projet 11442M après des améliorations significatives. Depuis 1999, le navire a subi des réparations et des mises à niveau au chantier naval de Sevmash, situé dans la ville portuaire de Severodvinsk. Les travaux concrets ont débuté en 2013, témoignant de la complexité et de l’ampleur des modifications apportées.

Au fil des années, le retour en mer de l’Admiral Nakhimov a été retardé à plusieurs reprises, principalement en raison de l’exigence technique de ces travaux. Sa remise en service est prévue pour l’été 2025, bien que des retards supplémentaires ne soient pas exclus. L’une des améliorations notables est l’augmentation remarquable de sa capacité de frappe. Le croiseur est maintenant équipé de systèmes de tir universels pouvant accueillir jusqu’à 80 missiles de croisière Kalibr-NK et Oniks, renforçant ainsi sa capacité à détruire de grandes cibles de surface tout en assurant une défense aérienne et anti-sous-marine complète.

« 16,9 milliards en danger » : ce rapport de Greenpeace alerte sur un risque d’inondation catastrophique des futurs EPR2 de Gravelines

Les prouesses navales de la Russie et les croiseurs Kirov

La Russie possède une flotte navale impressionnante, composée de sous-marins nucléaires, de navires de guerre et de brise-glaces. Selon un rapport de 2023, la Chine possède la plus grande flotte navale mondiale avec 730 navires, suivie par la Russie avec 598 unités. Parmi ces navires, les croiseurs Kirov se démarquent comme les plus grands et les plus lourds navires de guerre de la flotte moscovite.

Le Pyotr Veliky (Pierre le Grand) est le seul croiseur Kirov actuellement en service dans la marine russe. Ces croiseurs sont également les derniers navires de combat de surface à propulsion nucléaire en service dans le monde, après le retrait du dernier croiseur nucléaire américain dans les années 1990. Comparés aux navires de guerre modernes, les Kirov ne sont surpassés en taille que par les grands porte-avions. Ils utilisent un système de propulsion combinant nucléaire et vapeur, ce qui les rend uniques et puissants.

Fukushima déjà oublié ? Le Japon parie de nouveau sur le nucléaire pour réduire ses coûts énergétiques de 50% d’ici 2040

Le rôle stratégique des chantiers navals russes

Les chantiers navals russes, en particulier Sevmash, jouent un rôle crucial dans la modernisation et le maintien de la puissance navale du pays. Situé sur la mer Blanche, Sevmash est le plus grand chantier naval de Russie et est spécialisé dans la construction et la réparation de navires militaires. Propriété de la United Shipbuilding Corporation, Sevmash est à la pointe de l’innovation technologique, permettant à la Russie de conserver sa position stratégique sur la scène mondiale.

Les travaux effectués sur l’Admiral Nakhimov illustrent l’expertise et le savoir-faire des ingénieurs russes. Ces améliorations garantissent que la flotte russe reste compétitive face aux autres puissances navales. Les chantiers navals sont également essentiels pour le développement de nouvelles technologies, comme les réacteurs nucléaires modernes, qui sont intégrés dans les navires pour améliorer leur autonomie et leur efficacité en mission.

L’EPR français est une technologie dépassée ? Ce réacteur chinois alimente 6 millions de foyers et menace de le rendre obsolète

Les défis et l’avenir de la flotte russe

Malgré ses avancées, la marine russe doit faire face à plusieurs défis. La modernisation des navires existants, comme l’Admiral Nakhimov, est coûteuse et chronophage. De plus, la complexité technique des travaux peut entraîner des retards imprévus. Cependant, ces défis n’ont pas découragé la Russie dans sa quête de puissance navale.

L’avenir de la flotte russe dépendra de sa capacité à intégrer de nouvelles technologies et à maintenir une flotte diversifiée et opérationnelle. Avec l’Admiral Nakhimov prêt à reprendre la mer, la Russie démontre sa détermination à rester un acteur clé dans les affaires maritimes mondiales. Comment la Russie parviendra-t-elle à équilibrer les coûts de modernisation avec la nécessité de maintenir une flotte compétitive ?

Bastien Rouquette

Écologie, société et futurs possibles

Bastien Rouquette

Bastien Rouquette est ingénieur en génie énergétique et a travaillé dans un bureau d'études spécialisé dans les bâtiments basse consommation. Il écrit pour VivreDemain.fr sur les énergies renouvelables, les transports, les économies d'énergie et l'architecture durable. Il se rend au travail en train et à vélo pliant.