Trois jours de mobilisation contre l’A69 malgré l’interdiction
Du 9 au 11 octobre, des opposants à l’A69 se rassemblent dans le Tarn malgré un arrêté préfectoral, alors que l’ouverture reste sans date.
Des opposants à l’A69 se retrouvent du vendredi 9 au dimanche 11 octobre dans le Tarn pour trois jours de rassemblement, alors que la date d’ouverture de l’autoroute entre Toulouse et Castres n’est toujours pas connue. Ce week-end militant se tient malgré un arrêté de la préfecture qui interdit les rassemblements dans un périmètre de 200 mètres autour de la voie.
En bref
- Ce week-end militant se tient malgré un arrêté de la préfecture qui interdit les rassemblements dans un périmètre de 200 mètres autour de la voie.
- Dans un communiqué, elle le décrivait comme installé de façon provocatrice sur un terrain longeant l’autoroute.
- Tant que ces étapes ne sont pas closes, l’ouverture à la circulation reste suspendue à leur calendrier, et la mi-octobre n’est qu’une échéance annoncée, pas une date confirmée.
Un week-end pour « faire la fête » plutôt qu’une dernière bataille
Selon franceinfo, la mobilisation vise la mise en service de la liaison, validée fin juin par le Conseil d’État. Le collectif La Voie est libre assure de son côté qu’il n’a pas perdu le combat de l’A69 et qu’il en a tiré des acquis non négligeables, « ne serait-ce que dans les esprits ».
D’après une dépêche de l’AFP reprise par GEO, l’événement porte un nom, « la Dé-fête ». Ses promoteurs veulent y célébrer ce qui est né de la contestation d’un projet qu’ils jugent écocide et d’un autre temps, même si les travaux sont en passe de s’achever. Le terme d’écocide est celui des opposants, pas un constat établi dans les sources consultées.
Un des organisateurs a expliqué à l’AFP que le week-end doit permettre de commémorer le mouvement et de promouvoir ce qui a émergé de ce combat. Il ajoute que l’idée est aussi de faire la fête ensemble, résumant : « on a perdu mais la lutte continue ».
Un campement déplacé sur une parcelle privée
Dès le jeudi 8 octobre, les militants chargés de l’organisation ont pris position dans une zone agricole privée de la commune de Cambounet-sur-le-Sor, dans le Tarn. Le site se trouve à un peu plus d’un kilomètre de la future autoroute, ce que l’AFP a appris auprès d’une porte-parole du mouvement et de la préfecture.
Le même jour, dans la matinée, la préfecture avait menacé d’évacuer par la force un premier campement. Dans un communiqué, elle le décrivait comme installé de façon provocatrice sur un terrain longeant l’autoroute. Voici les étapes de ce bras de fer, telles que les rapportent les deux sources :
- Samedi 3 octobre : la préfecture du Tarn prend un arrêté qui interdit les rassemblements aux abords immédiats de l’autoroute, dans chacune des 17 communes que traverse son tracé.
- Jeudi 8 octobre au matin : elle menace d’évacuer un premier camp dressé le long de l’ouvrage.
- Jeudi 8 octobre : les organisateurs s’installent sur la parcelle agricole privée de Cambounet-sur-le-Sor.
- Du vendredi 9 au dimanche 11 octobre : la mobilisation se déroule sur trois jours.
Pour justifier son arrêté, l’administration estime que la mobilisation contre l’A69 a donné lieu, de 2022 à 2025, à des troubles à l’ordre public répétés, dont la gravité allait croissante. Cet argument est celui de la préfecture et n’a pas été vérifié de façon indépendante dans les sources citées.
Une manifestation encore à négocier
Les organisateurs espéraient s’entendre avec les autorités afin qu’un cortège puisse quitter leur campement le samedi après-midi. Jeudi, la préfecture a laissé entrouverte la porte : elle ne voit pas d’obstacle à autoriser la manifestation dès lors que le parcours est cohérent et respecte les arrêtés déjà pris. Les sources consultées ne disent pas si un itinéraire a finalement été validé.
Une ouverture toujours sans date
L’autoroute entre Toulouse et Castres, validée fin juin par le Conseil d’État, doit être inaugurée prochainement, sans que l’on sache quand. Il y a un an, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait annoncé la mi-octobre 2026 comme échéance pour l’inauguration de ce tronçon de 53 kilomètres. Sollicité par l’AFP à propos de l’ouverture de l’A69, le ministère n’a pas répondu.
Le concessionnaire, Atosca, affirme de son côté ne pas être en mesure d’annoncer une date précise à ce stade. Une porte-parole a ajouté que les services de l’État poursuivent leurs audits et leurs opérations de réception. Tant que ces étapes ne sont pas closes, l’ouverture à la circulation reste suspendue à leur calendrier, et la mi-octobre n’est qu’une échéance annoncée, pas une date confirmée.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Krzysztof Golik. Licence : CC BY-SA 4.0.



