Accueil Maladies & Problèmes Santé : la relation entre insuffisance cardiaque et pollution a été scientifiquement...

Santé : la relation entre insuffisance cardiaque et pollution a été scientifiquement établie

555
PARTAGER
Le cœur est sujet à diverses maladies dont l'insuffisance cardiaque qui touche de plus en plus de sujets - Crédits photo : PxHere

Sans le cœur nous ne vivrions pas. Le cœur a pour principale fonction de pomper le sang, ce précieux liquide rouge, dans toutes les parties de notre organisme. Afin de mettre à disposition des organes, cellules, de l’oxygène et des nutriments dans l’optique de les maintenir en vie continuellement. Stade terminal de la pathologie cardiaque, l’insuffisance cardiaque survient lorsque, du fait d’un facteur endogène ou exogène, le cœur n’arrive plus à assurer ses fonctions de pompe biologique. Longtemps soupçonnée, la relation très intime entre la pollution et l’installation d’une insuffisance cardiaque a enfin été mise en évidence.

C’est quoi l’insuffisance cardiaque, cette tueuse silencieuse ? Comment la prévenir ? Quelle relation existe-t-il entre insuffisance cardiaque et pollution ? C’est notre dossier santé de la semaine.

L’insuffisance cardiaque : tout comprendre de cette tueuse silencieuse

Se définissant par consensus comme l’incapacité du cœur à pomper suffisamment de sang pour répondre aux besoins énergétiques de l’organisme, l’insuffisance cardiaque touche de plus en plus de personnes dans le monde. Indépendamment de leur origine raciale, ethnique ou même du sexe.

Comment fonctionne le cœur ?

Le cœur est un organe assez complexe constitué de muscle (appelé myocarde ou muscle cardiaque), de cavités (deux ventricules et deux oreillettes) et de valves (tricuspide et sigmoïde à gauche, bicuspide et pulmonaire à droite).

Scindé en deux parties, une gauche et une droite, le cœur gauche pompe le sang gorgé d’oxygène et nutriments vers le reste du corps tandis que le cœur droit renvoie le sang impur vers les poumons afin de l’y recharger en oxygène après un rechargement en nutriments dans le foie.

Comment fonctionne le cœur humain ? – Crédits photo : Pixnio

Le myocarde sous une impulsion électrique se mobilise en remplissant les oreillettes. Du fait de la pression exercée par le sang sur les parois des oreillettes, les valves tricuspide et bicuspide s’ouvrent en laissant écouler le précieux liquide dans les ventricules. Toujours sous l’effet électrique les muscles des ventricules se mobilisent en refoulant le sang vers les valves sigmoïde et pulmonaire.

Le sang chargé à bloc en oxygène et nutriments transite via l’aorte (le plus gros vaisseau sanguin du corps humain) pour rejoindre le cerveau, les reins, et le reste du corps. Ou alors ce sang est renvoyé vers les poumons où le gaz carbonique est capté et évacué hors de l’organisme par la respiration, et l’oxygène déversé en quantités exponentielles.

D’où naît l’insuffisance cardiaque ?

Du fait de l’atteinte par une pathologie sous-jacente (diabète ou hypertension pour ne citer que les plus connues) ou des habitudes de la vie quotidienne, il peut arriver que le cœur travaille bien plus qu’il ne le devrait. Cependant il ne le fera pas indéfiniment puisque étant constitué de muscles.

L’insuffisance cardiaque expliquée en détail – Crédits photo : Heart and Stroke via YouTube

Il s’installe donc un cercle vicieux au sein duquel le cœur est obligé de pomper plus, augmentant ainsi sa fréquence de pompage (communément appelé pouls) ou la force qu’exerce le sang sur la paroi des vaisseaux sanguins durant son passage (communément appelée pression artérielle).

Seulement, au fil du temps les muscles et valves cardiaques fatiguent et gonflent sous le poids des mécanismes de compensation mis en place afin d’assurer les fonctions malgré les pathologies sous-jacentes précitées. Le cœur se met donc à pomper moins de sang, ou le pompe désormais avec moins de puissance. On parle d’insuffisance cardiaque.

Radiographie du thorax montrant un cœur augmenté de taille – Crédits photo : Wikipedia

Elle peut être aigüe (ou transitoire et réversible et évoluant depuis moins de 3 mois). Ou chronique (irréversible et évoluant depuis au moins 3 mois). Elle peut également être droite ou gauche avec les différentes implications liées à l’inconfort de vie causé. Ou des complications telles que l’infarctus du myocarde ou l’AVC ischémique.

L’insuffisance cardiaque : un problème de santé publique

Difficile de s’intéresser à cette maladie lorsqu’elle n’a touché aucune personne proche. Cependant, l’insuffisance cardiaque est à l’origine d’au moins 165 000 hospitalisations et de plus de 70 000 décès chaque année en France, comme nous l’apprend le très réputé Le Figaro.

Il s’agit donc d’un réel problème de santé publique. Puisque engageant le pronostic vital d’une part et ayant des répercussions bien au-delà de la personne atteinte d’autre part.

L’insuffisance cardiaque : quels en sont les symptômes ?

Parce que le ventricule droit pompe au ralenti ou ne pompe que très peu de sang comparé à ce qu’il devrait normalement pomper, une stase de ce sang se crée dans les organes en amont. Celle-ci se manifeste essentiellement par un gonflement du foie du fait de la retenue de sang dans la veine cave inférieure. Ce foie devient également douloureux.

Comment se manifeste l’insuffisance cardiaque ? – Crédits photo : Pixabay

De même, les veines jugulaires qui drainent le sang de la circulation cérébrale vers le cœur, gonflent par excès de contenu. Il y va de même du système rénal qui reçoit moins de sang, il se crée donc une stase de ce sang dans les parties les plus basses du corps. Les jambes gonflent et on parle d’insuffisance cardiaque droite.

Parce que le ventricule gauche travaille lui aussi au ralenti ou ne pompe pas suffisamment de sang il se crée à son niveau également une stase de sang. Le sang s’accumule dans les compartiments pulmonaires et on a beaucoup de mal à respirer. Avec le plus souvent une notion d’essoufflement à l’effort ou au repos et même de toux. L’inconfort est parfois tel que la plus basique des activités quotidiennes devient un véritable calvaire.

Dans la nuit on a besoin de plusieurs oreillers pour rétablir un semblant de respiration. On parle d’insuffisance cardiaque gauche.

Quand le cœur souffre, plus rien ne va – Crédits photo : SketchPort

Mais le pire dans toute cette situation est l’incidence de cette insuffisance cardiaque sur les organes nobles. Dont notamment les reins, qui du fait de la baisse de quantité de sang les vascularisant, perdent une partie de leur intégrité fonctionnelle. On parle donc d’insuffisance rénale induite.

Cependant, qu’elle soit droite ou gauche, l’insuffisance cardiaque a pour maître symptôme une extrême fatigue. De plus les deux insuffisances cardiaques peuvent se combiner. On parle alors d’insuffisance cardiaque globale.

L’insuffisance cardiaque : quels sont les facteurs de risque ?

Toute maladie cardiaque peut à terme et à un stade sévère se compliquer d’une insuffisance cardiaque. On peut notamment citer :

  • L’hypertension artérielle
  • Le diabète
  • La maladie coronarienne
  • L’infarctus du myocarde
  • Les pathologies de valves cardiaques
  • Les maladies du muscle cardiaque (cardiomyopathie ou myocardite)
  • Problèmes cardiaques congénitaux (de naissance)

Toutefois comme nous l’avons mentionné plus haut, les habitudes quotidiennes peuvent également avoir une incidence sur le développement d’une insuffisance cardiaque. Notamment :

  • La consommation excessive d’alcool
  • La non-pratique d’une activé physique régulière
  • Une alimentation riche en sel

D’où l’intérêt de manger équilibré (avec au moins cinq fruits et légumes par jour). Et surtout de pratiquer du sport. D’autant plus qu’une corrélation entre la pollution et l’insuffisance cardiaque a été découverte récemment.

L’insuffisance cardiaque : comment se traite-t-elle ?

La prise en charge de l’insuffisance cardiaque est avant tout médicamenteuse. Elle consiste dans un premier temps à évacuer l’eau en trop accumulée par la stase sanguine dans les poumons et les pieds. Elle consiste également à réduire le travail du cœur et peut aussi consister à régler la cause de l’insuffisance.

Des pilules de toutes les couleurs et catégories – Crédits photo : Public Domain Files

Une prise en charge chirurgicale peut également être à l’ordre du jour. Surtout dans le cas d’une cause d’insuffisance cardiaque liée à une maladie des valves du cœur.

La pollution favoriserait l’installation de l’insuffisance cardiaque

Une étude menée par des chercheurs de l’université Queen Mary à Londres pointent vers une incidence de la pollution sur l’installation d’une insuffisance cardiaque.

Financée par la British Heart Foundation l’étude a suivi cinq années durant un échantillon constitué de 4 000 personnes en parfaite santé et âgées de 40 à 69 ans. Au fil de l’évolution des travaux les sujets étaient régulièrement soumis à des examens IRM qui mettaient en évidence une augmentation de la taille du cœur. L’un des signes de l’insuffisance cardiaque.

L’étude incluait également des informations recoupées sur les habitudes des sujets. Leur exposition aux polluants sur leur lieu de travail ou de domicile. Et les résultats de l’étude ont révélé un accroissement de la taille des ventricules cardiaques des sujets de l’échantillon les plus exposées à la pollution au dioxyde d’azote (NO2) aux particules fines. Essentiellement des particules fines PM 2,5 et PM10 en suspension dans l’air.

Conclusion sans appel chaque microgramme supplémentaire de particules fines ou de dioxyde d’azote dilate les ventricules cardiaques d’environ 1 %.²

Les particules fines de plus en plus présentes

On entend par particules fines les microparticules de composés matériels (organiques ou non) mesurant entre 10 à 0,25 micromètre de diamètre. D’où leur appellation PM10 et PM2,5. Le pic de ces particules déjà incriminées dans les maladies respiratoires crève les plafonds durant les épisodes caniculaires.

Nous vous recommandons donc vivement d’une part végétaliser votre habitation, rafraîchir votre habitation grâce à nos 7 astuces naturelles et pas chères. Mais également adopter les gestes permettant d’éviter les fortes chaleurs. Ou adapter votre alimentation en fonction des denrées à privilégier en période de canicule. Tout ceci dans l’optique de réduire votre exposition aux particules fines ou au dioxyde d’azote.