Depuis 2012, le Mali travers une crise multidimensionnelle qui plombe son développement économique et social. Si certains acteurs ont tout de même choisi le bras de fer, malgré la situation précaire, d’autres continuent à prôner le dialogue et l’union national. C’est le cas d’Aliou Diallo, le fondateur d’ADP-Maliba, qui n’a eu de cesse d’appeler au consensus. Une constance et un engagement qui font des émules…

La Mali n’a pas encore atteint le bout du tunnel. Alors que l’organisation des élections législatives avait suscité de l’espoir, quant à une sortie prochaine de la crise socio-politique que traverse le pays, on assiste ces derniers jours à un regain des tensions lié en partie à la proclamation des résultats de ce scrutin. En effet, le mouvement du 5 juin, porté par le très influent Imam Mahmoud Dicko, surfant sur les colères populaires exige non seulement la démission du Président malien mais aussi la dissolution de toutes les institutions et ce, malgré le prometteur dialogue national inclusif (DNI), tenu en décembre 2019. Une initiative qui avait pourtant été soutenue par la plupart des contestataires actuels.

« Rien ne saurait être au-dessus du Mali »

Dimanche, le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) s’est adressé à la nation pour calmer le jeu. Il a dit avoir « suivi avec attention les récents évènements qui se sont déroulés » dans son pays et avoir « entendu les colères et les cris, les revendications et les interpellations » d’une bonne partie du peuple. « C’est pourquoi j’invite au dialogue et je me réjouis de la perspective de rencontrer bientôt les acteurs du mouvement dit du 5 juin. Car rien ne saurait être au-dessus du Mali », a annoncé le locataire du palais de Koulouba. Il appelle aussi à « tirer toutes les leçons de ces crispations ». Le chef de l’État termine son allocution avec un vibrant appel : « Ma porte est ouverte et ma main toujours tendue ».

L’opposition actuelle, qui avait pourtant largement participé au DNI, veut donc revenir à la case de départ. Visiblement, le Mali perd encore beaucoup de temps.

Le Mali bientôt à la case départ ?

ADP-Maliba fut l’un des rares partis de l’opposition à avoir participé à ce grand rendez-vous national, censé ausculter le Mali malade pour trouver des remèdes. ADP-Maliba avait expliqué qu’il se considérait comme un parti républicain, qui ne peut pas rester à la marge de la vie de nation.

Et le DNI a engrangé de très bons résultats qui se sont traduits par l’adoption d’une feuille de route consensuelle détaillant plus d’une centaine d’actions prioritaires parmi lesquelles, la tenue d’élections législatives avant mai 2020. Cet objectif a été atteint malgré la menace du Covid-19 et l’insécurité. Les partis ayant boycotté le DNI y ont presque tous pris part.

Aujourd’hui, l’heure est à nouveau à la tension sociopolitique. En réponse à cela le pouvoir malien appelle au dialogue et parle de plus en plus de la formation d’un nouveau gouvernement de large ouverture. Des membres de l’opposition et ceux du mouvement du 5 juin devraient y prendre part.

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