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Le fiasco du récif de pneus des Alpes-Maritimes

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Crédit photo : Erikmi - Unsplash

25 000 pneus avaient été immergés dans le Gofle-Juan dans les Alpes-Maritimes afin de créer un récif artificiel. En raison de l’échec de l’opération, il est devenu nécessaire de les enlever.

Un échec cuisant pour cette opération

Les pneus devaient favoriser la vie sous-marine et attirer les poissons. Sur une période de neuf ans (1980-1989), un total de 25 000 pneus ont été immergés dans la zone maritime protégée de Vallauris Golfe-Juan, dans les Alpes-Maritimes. Cela représente 8 141 mètres cubes de caoutchouc.

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Crédit photo : Ivana Cajina — Unsplash

Les pneus devaient servir à créer un récif naturel propice à la vie. À l’époque, les promoteurs souhaitaient encourager la pêche locale dans une zone relativement pauvre en poissons. Mais trente années plus tard, le constat est sans appel. Les poissons et coraux ne sont pas venus s’y installer. Mais pire encore, les pneus se désagrègent et libèrent des métaux lourds dans l’eau. Ils menacent aujourd’hui les habitats de coraux qui vivent à proximité.

Une opération longue et laborieuse

En 2015, une première opération a permis de retirer 2 500 pneus de la zone protégée. Cette année, le repêchage des 22 500 pneus restants a commencé. Durant l’automne, les plongeurs vont repêcher 10 000 pneus. Les autres feront l’objet d’une seconde opération au printemps prochain. Des équipes de plongeurs professionnels enfilent les pneus sur des filins capables d’accueillir entre 10 et 30 pneus. Les équipes les remontent à l’aide d’un parachute et d’une grue et les stockent dans des bennes à bords d’un bateau.

L’AFP présente l’opération lancée il y a quelques jours :

Par la suite, les pneus vont être broyés afin de constituer des granulats. Ces derniers seront utilisés sous la forme d’une valorisation énergétique ou dans la fabrication de nouveaux objets. L’Agence française pour la biodiversité finance cette opération à hauteur d’un million d’euros. La fondation Michelin a aussi versé la somme de 200 000 euros. Mais cette situation ne concerne pas uniquement la France. En Floride, les autorités ont déjà commencé à faire enlever ces mêmes récifs.