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Que penser de la culture sur buttes ?

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Des buttes en permaculture. Crédits photo : CeGall, 20 mars 2014, Wikimedia Commons CC

Les méthodes de jardinage sont nombreuses et variées. Pour une même dénomination, on trouve parfois une multitude de réalités différentes en fonction des expérimentateurs… Agriculture biologique, permaculture, culture raisonnée, potager en carrés, etc. : difficile de s’y retrouver dans cette jungle ! Faisons donc aujourd’hui le point sur les buttes, très indiquées dans de nombreux cas.

D’où viennent ces buttes ?

Il y a quelques dizaines d’années, nos parents et grands-parents ne se posaient aucune question. Le motoculteur était entré dans les mœurs : on retournait la terre à l’automne, puis on utilisait volontiers des engrais achetés dans le commerce, puis de la bouillie bordelaise même à titre préventif. Aujourd’hui, les jardiniers amateurs remarquent les lacunes de ce système relativement récent. Ils cherchent des méthodes leur facilitant la tâche tout en évitant tout impact environnemental : dès lors, il faut supprimer les motorisations (motoculteur ou motobineuse), les herbicides, les pesticides, etc. Des études scientifiques ont parallèlement fait remarquer les effets négatifs à moyen et long terme sur la croûte terrestre lorsqu’elle est retournée.

En guise d’illustration, voici un potager entièrement sur buttes proposé par Rustica :

Ce constat a été l’occasion de revenir à une méthode de culture déjà connue pour le maraîchage par les moines du Moyen Âge. Elle ressemble en outre à la « terra preta » étonnamment fertile trouvée par les Portugais chez certaines peuplades amérindiennes. Ici, il n’y a plus aucun travail du sol : il faut superposer au sol existant des matières organiques, végétales, composts, cailloux, branches, terres… On parle logiquement de « buttes », mais aussi de « lasagnes ». L’humus produit permet une bonne fertilité à long terme et garde bien l’humidité en été. C’est un moyen d’allonger l’horizon terrestre disponible pour les systèmes racinaires : voilà l’idéal en terrain rocheux – calcaire par exemple.

Faites votre propre méthode

En faisant des recherches sur Internet, vous trouverez des éclairages extrêmement différents quant à la constitution de buttes dans le potager. Chacun y va de sa version et, dans certaines explications, l’histoire peut paraître tellement compliquée que le jardinier en herbe est tenté par le découragement. Il y a des questions d’équilibre, d’azote et de carbone, éventuellement des opérations, des schémas plus ou moins compliqués… Mais ce serait presque un travestissement de la butte forestière en permaculture, laquelle ne demande pas tant de ratiocinations ! De la biomasse, du bon sens et l’expérience suffiront. Pour l’heure, voici un exemple de butte à fertilité longue :

Le premier principe à avoir à l’esprit est en fait d’essayer de se contenter de ce que l’on a sous la main. Commencez par délimiter vos buttes d’1,20 mètre de largeur environ. Ensuite, mettez-y des branchages et éventuellement des rondins ou du charbon de bois. Empilez-y ensuite tous vos déchets verts : bouts de haie après une taille, herbe tondue… Si vous avez du fumier (de basse-cour par exemple), ce sera un plus. Terminez par le compost et la terre, quitte à creuser les allées serpentant entre les buttes pour en trouver. Prévoyez rapidement une couverture végétale ou un paillage pour la butte ainsi formée. Ensuite, vous n’aurez qu’à mettre en culture et attendre le résultat !

Source :

PermaThèque