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La hausse des prix en Europe

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Carte muette de l'Europe. Source : Superwikifan, 2 janvier 2008, Wikimedia Commons

C’est devenu un lieu commun : l’euro aurait provoqué en France une hausse générale et irraisonnée des prix. Nous n’allons pas revenir sur ce vieux débat. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la période 2010-2017, qui correspond non à l’instauration de la monnaie unique, mais à sa consolidation en survivant à la crise économique mondiale amorcée en 2008. Si l’inflation annuelle officielle de l’euro est faible, les prix ont connu en sept années une croissance parfois fulgurante en Europe.

De la déflation dans de rares pays

Entre 2010 et 2017, les prix ont en moyenne baissé de plus d’un tiers en Grèce. C’est le seul État européen qui se trouve dans cette situation de déflation flagrante. Et la cause en est aisément identifiable : c’est le pays le plus touché par la dernière crise. Par conséquent, la consommation diminuant, les vendeurs ont été obligés de pratiquer les prix les plus bas qu’ils pouvaient.

Il y a déjà un grand écart avant la Croatie et la Slovénie, deux petites nations européennes où les prix ont globalement baissé en sept ans. Cette baisse est supérieure à 10 %, ce qui est loin d’être négligeable. D’un point de vue économique, la déflation cause surtout du tort aux rentiers capitalistes, les travailleurs s’en sortant bien. En effet, même si le taux horaire baisse, il permet relativement de consommer presque autant sinon plus. En revanche, les revenus financiers deviennent incapables de se générer d’eux-mêmes. L’économiste Guido Hülsmann en parle très bien :

Enfin, nous constatons une déflation des prix comprises entre 0 et 10 % dans trois pays. Il y a tout d’abord l’Italie, une région assez violemment touchée par la crise économique, laquelle a laissé la place à la crise migratoire. Mais cette catégorie comprend également la Belgique et le Danemark, dans une Europe du Nord généralement réputée plus saine.

Bienvenue au monde de l’inflation

La hausse des prix entre 2010 et 2017 est restée inférieure à 10 % dans une grande partie de l’Europe. Elle est donc raisonnable et plutôt normale pour le modèle économique actuel. C’est le lot de l’Allemagne, de l’Autriche, de l’Estonie, de la Finlande, du Luxembourg, de la Norvège, des Pays-Bas, de la Pologne, du Royaume-uni, de la Slovaquie, de la Suède et de la Tchéquie. Il s’agit donc clairement de la catégorie la plus représentée au sein de l’Union européenne.

En revanche, l’inflation des prix atteint des proportions moins raisonnables dans d’autres contrées. C’est par exemple le cas de la Hongrie, de l’Irlande, de la Lituanie et de la Serbie qui dépassent les 10 %. Au-delà de 20 %, c’est-à-dire d’un cinquième, on commence à trouver les mauvais voire très mauvais élèves. Ce sont Chypre, la Lettonie, Malte et la Turquie, si l’on compte cette dernière dans l’Europe. Mais il y a aussi la France… Cette situation est en partie due à la hausse constante des prélèvements obligatoires. L’imposition pesant sur les entreprises entraîne nécessairement une inflation des prix plus importante que celle des revenus (sauf les revenus de l’État bien sûr). Voici un petit reportage de France 24 consacré en 2017 à l’inflation dans l’Hexagone :

Tous les records sont battus à partir de la Roumanie, avec une hausse en miroir de la Grèce, c’est-à-dire supérieure à un tiers. La palme revient cependant, et très largement, à la Bulgarie. Là-bas, l’inflation des prix a dépassé les 50 % entre 2010 et 2017 ! Certes, c’est un État qui profite à fond du marché européen (beaucoup de livres français sont actuellement imprimés en Bulgarie), mais quand même…

Veuillez noter que des statistiques équitables manquent pour l’Albanie, la Biélorussie, la Bosnie, l’Espagne, la Macédoine, la Moldavie, le Portugal, la Russie et l’Ukraine. Pour finir, amusez-vous à rapprocher l’inflation des prix en France (près de 25 %) à vos augmentations salariales… Pas très rassurant, n’est-ce pas ?

Source :

MPI