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Natalité : une Europe à deux vitesses

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Une naissance est toujours un heureux événement. Source : Pixnio

Si l’on étudie les données 2006-2016 de la natalité en Europe, le résultat sera particulièrement étonnant. Pour ce qui est de la dynamique, on voit aussi bien du +35 % que du -15 % ! Entre ces deux extrêmes, différents paliers sont marqués. Il faut voir en cela la continuité de la diminution de la natalité en Europe occidentale, et au contraire son augmentation vers l’est après les crises économiques ayant marqué la chute du bloc soviétique.

Une natalité en hausse en Europe de l’Est

Entre 2006 et 2016, le taux de fécondité de la Fédération de Russie est passé de 1,31 à 1,76 enfant par femme, soit une augmentation record de 34 %. En dépit de cela, le seuil de renouvellement de 2,1 est encore loin d’être atteint. La Biélorussie connaît une tendance analogue, avec une croissance de 30 % et un passage de 1,33 à 1,73 enfant par femme. Le podium est clôturé par la Lituanie, avec 27 %. Ces chiffres tranchent avec la baisse de la natalité en Europe de l’Ouest :

L’augmentation de la fécondité dépasse encore les 20 % en Géorgie (24 %), en Lettonie, en Slovénie et en Tchéquie. En grande partie en raison de la situation de l’ancienne Allemagne de l’Est, notre voisin d’outre-Rhin enregistre une hausse globale de 19,5 %, passant de 1,33 à 1,59 enfant par femme. Lui emboîte le pas la Slovaquie, avec 19,3 %. On descend d’un cran avec l’Ukraine (12,2 %), puis la Bulgarie et la Hongrie qui perd toujours de la population.

La hausse est à peine sensible en Andorre, en Estonie et en Pologne (7 %). L’Autriche, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro ont des croissances comprises entre 8 et 10 %. Au-dessous de 5 %, nous trouvons la Croatie, la Grèce, la Moldavie et la Serbie.

Une Europe à faible natalité

Le Portugal et la Suède sauvent les meubles avec un statu quo. Ensuite, c’est un indice de fécondité qui baisse au cours de la période allant de 2006 et 2016. Les dégâts sont encore contenus en deçà de 2,5 % pour la Belgique, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. On frôle déjà les -5 % pour l’Albanie, le Danemark, les Pays-Bas et la France.

Les -10 % sont frôlés ou dépassés par Chypre et la Finlande. La chute est de 15 % pour le Luxembourg, le Kosovo et l’Islande. Le vieillissement des populations induit est l’enjeu de demain, en Europe comme en Chine :

La dernière contrée d’Europe capable de renouveler sa population en 2006, avec une fécondité de 2,43, à savoir le Kosovo, ne l’est plus aujourd’hui, son taux étant à 2,06. L’Islande a dégringolé depuis ses 2,07, tandis que la France elle aussi connaît une natalité chancelante. C’est un indéniable appel d’air pour l’arrivée d’immigrants.

Source :

Eurostat