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Une militante végétalienne inculpée pour apologie du terrorisme

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Défilé de sous-officiers de gendarmerie à Rochefort le 11 septembre 2006. Crédits photo : Jean-Marie Dumont, Wikimedia Commons

Vendredi dernier, lors de l’attentat islamiste du Super U de Trèbes, le boucher du supermarché a été assassiné par le terroriste Radouane Ladkim. Il s’appelait Christian Medvès et jouissait à 50 ans d’une excellente réputation auprès de ses collègues ainsi que dans la région. Sur un réseau social, une militante végétalienne a posté un message indélicat sur ce décès. Elle a été mise en garde à vue pour « apologie du terrorisme ». Diverses associations de militants végétaliens ont regretté ces propos qui desservent la cause animale. Le point sur l’affaire.

Un message qui ne passe pas

Un militant de La France insoumise, candidat malheureux aux élections législatives de 2017, a lui aussi eu des propos déplacés. Ce Stéphane Poussier avait écrit sur Twitter juste après les faits évoqués : « À chaque fois qu’un gendarme se fait buter […] je pense à mon ami Rémi Fraisse […]. Là, c’est un colonel : quel pied ! Accessoirement, encore un électeur de Macron en moins ». Les Français ont été choqués par ces déclarations, qui ont valu au militant de 60 ans une inculpation à Lisieux. Il en est rapidement ressorti mardi 27 mars 2018 avec une peine d’une année de prison avec sursis. Jean-Luc Mélenchon a quant à lui amorcé une procédure d’exclusion du parti pour ce membre plus que gênant, même si ce dernier a regretté son erreur. Le leader du Parti de gauche a carrément parlé d’un « abruti ». Voici une vidéo revenant sur ce dossier :

Une militante végétalienne dont le nom n’a pas été précisé par la presse (une certaine « Myriam ») s’est quant à elle attaquée à Christian Medvès. La mort de ce dernier, sous prétexte qu’il exerçait la profession de boucher, ne l’émouvait guère. Au contraire, dans un post public sur Facebook elle expliquait : « Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ? Pas moi, j’ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice. » Sans surprise, les gendarmes de Saint-Gaudens (en Haute-Garonne) l’ont interpellée, là aussi pour « apologie du terrorisme ». Entre-temps, le message incriminé a été supprimé, en moins de deux heures.

Les questions à se poser

L’apologie du terrorisme est impardonnable, quoiqu’il existe en France une « Société des études robespierristes » à la gloire du pionnier de la Terreur. C’est à juste titre qu’elle choque de nombreux usagers. Mais les deux propos délictueux évoqués ci-dessus ont été très rapidement repérés par les autorités, et réprimés en un rien de temps. Beaucoup de Français se posent donc naturellement une question : pourquoi les messages djihadistes de Redouane Ladkim, de sa petite amie et de nombreux islamistes n’ont-ils pas fait l’objet des mêmes mesures (au moins) ? Pourquoi les forces de l’ordre ne s’intéressent pas aux personnes qui considèrent chaque nouveau terroriste comme un « héros », notamment dans une cité de Carcassonne dernièrement ? Pour l’heure, voici un reportage sur la militante végétalienne qui se retrouve ainsi sous le feu des projecteurs :

De leur côté, les associations de défense des animaux se sont totalement désolidarisées du post de la militante végétalienne du 31. Cette dernière a publiquement annoncé qu’elle comptait sur l’aide de L214, mais le collectif s’est aussitôt inscrite en faux contre cette prétention. Il est bien évident que ces propos déplacés desservent la cause poursuivie par tous ces militants. L’association a précisé : « Ces allégations, que nous venons de découvrir, n’engagent que la personne qui les a écrites et nous les déplorons ». C’est l’occasion de se remémorer un adage célèbre et de bon sens : « Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler ».

Source :

La Dépêche