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Et si la Chine n’était pas la grande exportatrice que l’on croyait ?

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Pekin est la capitale de la RPC.
La Grande Muraille de Chine. Crédits photo : Viault, 22 février 2012, Wikimedia Commons

Les chiffres sont objectifs. Les trois plus gros exportateurs du monde sont, dans l’ordre, la Chine, les États-Unis et l’Allemagne. Nous n’entendons pas bouleverser ce podium incontestable… pour ce qui est des valeurs absolues. En revanche, et on ne le dit que trop rarement, la donne change sensiblement si l’on s’intéresse aux exportations rapportées au nombre d’habitants. Ici, la Chine dégringole, tandis que la Suisse passe devant l’Allemagne.

Les chiffres absolus bruts

La santé économique d’un pays est en partie liée à sa balance commerciale. Ainsi, la valeur des exportations a intérêt à être la plus élevée possible pour un État. Naturellement, ces données font chaque année l’objet de classements, à l’échelle continentale aussi bien que mondiale. Comme il est toujours gratifiant de se trouver parmi les premiers, il est logique que chaque nation choisisse entre statistiques absolues et relatives celles qui la distinguent le mieux… En outre, la sectorisation des chiffres peut donner des classements très différents. C’est notamment le cas pour la France avec les armes :

Quoi qu’il en soit, la coutume veut que les élèves français prennent connaissance, en cours de géographie, des résultats absolus. Ainsi, la République populaire de Chine caracole largement en tête, avec des exportations estimées en 2015 à 16 640 milliards de dollars. Les États-Unis arrivent en deuxième position, avec 1 598 milliards, ce qui n’est pas rien non plus. La médaille de bronze revient quant à elle aux Allemands (1 292 milliards). La France n’est de son côté « que » sixième, avec des exportations à 509,1 milliards de dollars en 2015, derrière le Japon et la Corée du Sud, et juste devant Hong Kong, les Pays-Bas et l’Italie.

Tout change si on rapporte les exportations au nombre d’habitants

Il va sans dire qu’il y a de grandes différences entre des pays gigantesques à l’image de la Chine, des États-Unis et de la Russie d’un côté, et des contrées de taille plus modeste comme l’Allemagne, le Japon et la France de l’autre. Ces disparités se retrouvent bien évidemment dans le registre démographique. La réalité économique des exportations d’un État sera donc mieux rendue, dans de nombreux cas, en rapportant la valeur de ces dernières à la population locale. Cela rappelle la pertinence de la notion de PIB par habitant qui – comme l’atteste cette vidéo – n’est pas toujours réconfortante pour l’Hexagone :

Dès lors, l’Allemagne passe de la troisième à la quatrième place mondiale. On remarque donc qu’elle demeure dans tous les cas une exportatrice de premier plan. Mais elle doit céder le pas à la Suisse, à la Belgique et aux Pays-Bas. La Corée du Sud ne perd elle aussi qu’une seule place entre les deux classements possibles. La France en perd deux, alors que l’Italie en gagne trois.

Le cas de la Chine est le plus riche d’enseignements, car ce géant de l’Asie rétrograde à la dix-huitième place, emboîtant le pas de la Russie, si ses exportations sont divisées par le nombre de têtes. Les États-Unis affichent une dégringolade à peine moins importante, passant à la quatorzième position, soit juste derrière le Japon. Le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni, la Malaisie et l’Espagne font donc mieux (par tête) que la première puissance économique mondiale. À méditer !

Source :

Wikipédia