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Le vin bio existe-t-il vraiment ?

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Bouchon d'un vin biologique. Crédits photo : Véronique Pagnier, 13 février 2011, Wikimedia Commons

Agriculture biologique, bio-dynamique, sulfites… Difficile de s’y retrouver entre tous ces termes ! Le vin, boisson fondamentale de la civilisation méditerranéenne antique puis de la culture française contemporaine, présente de multiples facettes. Tâchons donc d’y voir plus clair en essayant de savoir s’il est possible de trouver un breuvage respectueux de l’environnement.

Tout savoir sur les vins biologiques

Le vin dit « biologique » est de plus en plus courant, car l’écologie est perçue par beaucoup comme un moyen de maketing efficace. Il peut aussi s’agir d’un engagement éthique. De fait, le consommateur est davantage sensibilisé à la question de l’environnement que par le passé.

D’un point de vue administratif, ce label reconnaissable à son logo vert existe depuis 2012, une feuille européenne ayant remplacé les deux lettres A et B. Cela renvoie à la notion d’agriculture biologique. À l’origine, il n’assure qu’une culture écoresponsable des vignes et raisins. Ces derniers ne doivent pas être traités avec des pesticides ou des insecticides chimiques, certains produits traditionnels étant cependant autorisés pour lutter contre les nombreuses maladies s’attaquant aux ceps.

Un chemin dans les vignes… Source : Pxhere

Des traitements thermiques, acidifiants, désacidifiants restent possibles, de même que l’ajout de tanins, de levures ou de copeaux pour donner un goût boisé à la boisson. Le label « vin biologique » s’applique donc à un champ écologique relativement limité.

Qu’est-ce que la bio-dynamie ?

De nombreux viticulteurs « classiques » fustigent les méthodes bio-dynamiques en y voyant de la superstition. S’il est vrai que divers vignerons bio-dynamiques prêtent une attention toute particulière aux données cosmiques, il s’agit avant tout d’améliorer la vie des sols et des plantes qui y poussent. Il existe un label informel « Demeter. Agriculture bio-dynamique ».

La bio-dynamie rejoint de fait l’anthroposophie initiée par le philosophe Rudolf Steiner, né en 1861 et mort en 1925. L’avantage est qu’on y limite au maximum l’usage du soufre. Dans le traitement des végétaux, on adopte une méthode que l’on qualifierait en médecine d’« homéopathique ». Chacun est libre de se faire son idée… après avoir goûté bien sûr !

D’autres parlent de « vin naturel »

Beaucoup plus rare, le « vin naturel » associe généralement les deux concepts évoqués ci-dessus. Il n’a aucune existence administrative à ce jour, de sorte qu’il n’est guère encadré. Vous devez donc connaître votre viticulteur et savoir s’il est honnête, en allant plus loin qu’un slogan publicitaire. Il est cependant possible de se renseigner auprès de l’AVN (Association des vins naturels). Voici un petit reportage pour vous donner le vin à la bouche :

C’est la mouture la plus proche de la nature et des pratiques ancestrales. Pour produire du vin naturel, aucun ajout n’est toléré, sauf pour les sulfites qui permettent d’empêcher l’oxydation dans les barriques. Certains viticulteurs arrivent tout de même à se passer de soufre en comptant sur les seuls sulfites naturellement présents dans les grains. Ce dernier projet est porté par l’association des Vins S.A.I.N.S. Ici, on décèle des doses minimes de soufre, très loin des 160 mg/l en moyenne des vins rouges classiques produits dans l’Union européenne…