Accueil Santé Mondiale Origine de la maladie d’Alzheimer : de nouvelles pistes se concrétisent

Origine de la maladie d’Alzheimer : de nouvelles pistes se concrétisent

448
PARTAGER
L'Alzheimer ne serait pas une maladie neurodégénérative selon une étude franco-canadienne. Crédit photo : Pxhere

Le plus souvent rencontrée chez les seniors, la maladie d’Alzheimer se définit comme une maladie neurodégénérative. Cela signifie selon plusieurs praticiens qu’elle provoque une perte significative et progressive des neurones et des terminaisons nerveuses ou synapses. Une récente étude franco-canadienne publiée dans le Scientific Reports vient contester cette théorie.

Une perte neuronale et synaptique plutôt limitée

L’étude menée conjointement par les chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas au Canada, de Sorbonne Universités, du CNRS et de l’INSERM va à l’encontre de toutes les ides reçues au sujet de la maladie d’Alzheimer. Menée sur plus de 170 patients à divers stades de la maladie d’Alzheimer, l’étude révèle que contrairement à ce qui se dit, la perte neuronale et synaptique est relativement minime. La dégénérescence ne peut être jugée importante qu’à un stade plus avancé.

L’approche du traitement des patients doit radicalement changer. Crédit photo : Pxhere

Les chercheurs ont aussi essayé de relier toutes ces pertes des neurones au problème de démence des sujets en procédant à un dosage des protéines synaptiques dans leurs cerveaux. D’après les résultats, les baisses des biomarqueurs synaptiques ont nettement peu d’incidence sur les compétences cognitives des patients. « C’est un changement radical dans la façon de penser », explique El Mestikawy, professeur agrégé à l’université McGill.

En route vers d’autres voies de traitement

L’étude montre que la démence des malades proviendrait d’un dysfonctionnement synaptique plutôt qu’à la disparition des synapses dans le cortex préfrontal du sujet. Identifier ce dysfonctionnement est la première étape qui mènera à la découverte d’un traitement plus efficace. Il faut noter que jusqu’à ce jour, les interventions thérapeutiques visaient à freiner la destruction synaptique au lieu de corriger leurs anomalies.

En clair, cela signifie que l’approche du traitement des patients doit radicalement changer. Selon l’association France Alzheimer, 850 000 Français souffrent actuellement de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence.