Accueil Santé Supprimer le sommeil sans nuire aux capacités cognitives : est-ce possible ?

Supprimer le sommeil sans nuire aux capacités cognitives : est-ce possible ?

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Une nuit sans sommeil est un réel danger pour le corps. Crédit photo : C_Scott, Pixabay

Presque tout le monde a eu au moins une nuit d’insomnie dans sa vie, qu’il s’agisse de maladie, de décalage horaire, d’anxiété, etc. Ne pas dormir a des conséquences graves pour notre corps et notre cerveau qui s’aggravent au fur et à mesure que vous perdez votre sommeil. Mais ceux qui souffrent du syndrome de Morvan n’ont pratiquement jamais sommeil et plusieurs ne souffrent d’aucun dysfonctionnement de leurs capacités cognitives.

Le syndrome de Morvan : incapacité à dormir

Le syndrome de Morvan est une maladie auto-immune paranéoplasique rare caractérisée par une hyperexcitabilité nerveuse périphérique, un dysfonctionnement autonome, des troubles sévères du sommeil et des hallucinations.

Supprimer le sommeil permettrait à de nombreuses personnes de consacrer plus de temps à leur travail. Crédit photo : smengelsrud, Pixabay

Un des premiers cas de cette maladie déclarés a été un jeune patient de 27 ans qui a passé plus de 4 mois à l’hôpital sans dormir ; il était sous surveillance 24 h/24. Il avait développé des anticorps sériques contre les canaux K (+) voltage-dépendants (VGKC), des bandes oligoclonales dans son LCR, une augmentation nette de la norépinéphrine sérique, une augmentation du taux de cortisol sérique et une diminution des taux circadiens de prolactine et de mélatonine.

Comment cela se manifeste dans le cerveau ?

Ces caractéristiques de la maladie de Morvan sont associées à une augmentation des taux sériques d’anticorps contre les VGKC. Il existe des preuves d’anticorps se liant aux neurones du cerveau et des changements marqués dans les taux sériques circadiens. Comme il y a des preuves frappantes d’amélioration des symptômes périphériques et centraux, à la suite de l’EP, cela démontre que le syndrome de Morvan est causé par des facteurs sériques.

Deux malades atteints du syndrome de Morvan affirment ne pas dormir depuis plusieurs décennies et jusqu’à présent aucun trouble cognitif sévère n’a été détecté. Et s’il était possible de supprimer complètement le sommeil de nos vies, qui s’y prêterait ?

Source :

Le Point