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Les scientifiques ont trouvé la bactérie qui a tué 211.000 antilopes rares

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Une bactérie, habituellement inoffensive, est la cause de l’hécatombe de saïgas rencontrée en 2015 au Kazakhstan, une espèce déjà considérée en danger critique d’extinction.

Une espèce rare d’antilope appelée saïga pourrait vivre ses derniers jours dans la nature. Originaire des steppes herbacées du Kazakhstan et des régions voisines, cette espèce déjà en voie de disparition a subi deux pertes catastrophiques l’an passé. 120.000 saïgas sont morts au printemps 2015 tuant environ la moitié des espèces, et 60.000 autres sont décédés début septembre.

Aujourd’hui, dans un communiqué de presse publié par la Saiga Conservation Alliance les scientifiques ont identifié la cause de cette tragédie: une bactérie appelé Pasteurella multocida.

La bactérie coexiste normalement et pacifiquement à l’intérieur de l’estomac du saïga, mais des conditions de pluie inhabituelles causées par le changement climatique ont d’une certaine manière rendu la bactérie mortelle.

Les saïgas et leur extinction imminente

Le saïga est un genre d’antilope herbivore reconnaissable à son museau long et très arqué, descendant sur la bouche et donnant l’aspect d’une courte trompe.

Plus de 90% des saïgas vivent comme une sous-espèce dans les steppes herbacées du Kazakhstan et certaines parties de la Russie. Une autre sous-espèce vit en Mongolie.

Les mâles adultes ont des cornes pointues qui poussent et peuvent peser jusqu’à 50 kilos, tandis que les femelles n’ont pas de cornes et pèsent jusqu’à 40 kilos. Les Saïgas se déplacent en troupeaux de 30 à 40 têtes, mais sont connus pour migrer en groupes de dizaines de milliers d’individus. WWF affirme que ces super-troupeaux sont parmi “les migrations les plus spectaculaires au monde.”

Mais après l’éclatement de l’Union soviétique, les chasseurs, la perte d’habitat, et les épidémies ont fait des millions de victimes parmi les saïgas dans la région de Betpak-Dala ou “steppe de la Faim”, un désert du Kazakhstan. Seuls 50.000 saïgas avaient survécus, soit une perte de 95% des animaux.

Le travail d’écologistes anéanti

Des écologistes se sont regroupés en 1994 pour trouver une solution face à ce problème, et ce fut un succès, puisqu’ils ont contribué à la croissance de la population de ces bêtes à environ 257.000 animaux au mois d’Avril 2014. Mais en Mai 2015, une maladie mortelle mystérieuse a anéanti plus de la moitié de la population mondiale de saïgas. Quelques 211.000 animaux sont morts, dont plus de 88% de la population de la steppe de la Faim.

Les scientifiques ont pensé que la cause possible de l’infection était due à une espèce de bactérie dans l’estomac des animaux qui s’est avérée mortelle. Quand les scientifiques ont étudié les animaux morts, ils ont découvert une hémorragie interne. Des tests sanguins ont montré que les saïgas ont souffert d’infections massives par des bactéries appelées Pasteurella multocida (la bactérie Clostridium perfringens a également été trouvée, mais plus tard exclue de la cause de décès).

Cette bactérie, surnommée le “choléra des poules” à la fin du 19ème siècle, serait devenue dangereusement mortelle pour l’animal, dans des conditions environnementales plus que favorables. Les mères et leurs petits étaient les plus sensibles à la bactérie. Selon le professeur Richard Kock, cité par la Saiga Conservation Alliance, le stress probablement causé par la tentative de les vacciner pourrait être susceptible de tuer autant que la maladie elle-même. Selon lui, si les conditions météorologiques sont de nouveau favorables au développement de la bactérie, l’espèce pourrait disparaître d’ici moins d’un an.

Crédit photo principale : Flickr – U.S. Fish and Wildlife Service Headquarters