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Un artiste chinois aspire la pollution de Pékin pendant 100 jours et en fait une brique

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À travers les rues et les places de Pékin, cet artiste a récolté la pollution contenue dans l’air grâce à un aspirateur.

Alors que de nombreux habitants de Pékin ont évité de sortir pour échapper à la sévère pollution dans l’air de la ville, un homme avec un aspirateur s’est lui-même exposé à l’air toxique quatre heures par jour pendant 100 jours consécutifs. Son idée n’est pas sans rappeler le projet d’aspirateur géant d’un artiste néerlandais.

Comme l’explique le site Quartz dans un article publié ce matin, cet homme n’espère pas améliorer l’indice de qualité de l’air avec son aspirateur industriel. Au lieu de cela, il espère démontrer publiquement le danger de ce smog très épais dans la capitale, en transformant la poussière qu’il recueille en brique.

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“Nut Brother”, c’est son nom, est un artiste de 34 ans en provenance de Shenzhen qui avait initialement indiqué son intention d’aspirer la poussière de l’air de Pékin fin juillet. Chaque jour depuis lors, il a arpenté les rues de Pékin avec un masque et son aspirateur pour récolter les particules contenues dans l’air pollué de la ville. Le 30 novembre, le 100ème jour de son projet, s’est avéré être un hasard du calendrier puisque c’est le jour où l’épais brouillard polluant a été d’une densité record cette année, mais aussi parce que c’est celui du début de la COP21 à Paris.

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Crédit photo: Quartz

Il a récupéré la poussière noirâtre qu’il avait recueilli et s’est rendu dans une usine à briques. Il a mélangé la poussière avec de l’argile et la brique sera fin prête d’ici quelques jours. “L’air à Pékin est mauvais partout,” a indiqué Nut Brother à Quartz. Il a eu l’idée de son projet en 2013, après avoir vécu dans la ville pendant des années, tandis que “l’airpocalypse” de Pékin a suscité l’indignation dans la Chine. Par l’intermédiaire de son art, il veut que les gens pensent davantage à la protection de l’environnement et comprennent mieux la “relation entre l’homme et la nature”, a-t-il dit.

Au cours de ses promenades un peu spéciales dans les rues de Pékin, il a souvent été pris pour un “nettoyeur”, ou une “personne qui contrôle la qualité de l’air.” Aspirant l’air des hutongs (ruelles anciennes) de Pékin à la place Tiananmen en passant par le “Nid d’Oiseau” (Stade national de Pékin) et le siège du Ministère de la protection de l’environnement, Nut Brother a fait des kilomètres. Chaque jour, il a noté la date, la météo, et son secteur “d’aspiration”, et a ajouté une photo qu’il demandait aux passants de prendre.

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Crédit photo: Quartz

Alors que le travail de Nut Brother reçoit beaucoup d’attention en Chine, nombreux sont ceux qui se demandent si la brique est vraiment faite à partir du smog. “Ce que l’on peut recueillir pour faire une brique est en aucun cas des PM 2,5 [particules fines qui flottent dans l’air], mais PM 250,” écrit un utilisateur de Weibo (site chinois de microblogging) sur le fil d’actualité du projet.

Nut Brother a déclaré à Quartz que ce qu’il avait obtenu à la fin du projet était un mélange de “poussière et de smog” qui pesait environ 100 grammes. Ajoutant de l’argile pour faire une brique pesant “plusieurs kilos”, cela ne rend pas sa brique différente des autres, admet-il, mais il dit que c’est simplement censé être un symbole. “Je ne fais pas de la recherche scientifique”, a-t-il dit.

La prochaine étape est de donner la brique à un chantier de construction pour qu’elle fasse partie d’un nouveau bâtiment à Pékin. Il voudrait laisser la brique disparaître dans la jungle de béton, a-t-il dit, “comme mettre une goutte d’eau dans l’océan.”

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