Tendance
Économie d'énergie

Ce site nucléaire renaît sous une autre forme : la centrale de Caorso devient la nouvelle tombe des déchets radioactifs italiens

Jessica Roux Par Jessica Roux
4 min de lecture
Ce site nucléaire renaît sous une autre forme : la centrale de Caorso devient la nouvelle tombe des déchets radioactifs italiens
Travaux de modernisation des installations de stockage des déchets nucléaires à la centrale de Caorso, Italie.
EN BREF
  • Modernisation des installations de stockage à la centrale de Caorso pour répondre aux normes de sécurité récentes.
  • Reconstruction complète des bâtiments ERSBA 1 et ERSBA 2, tandis que l’ERSMA est adapté par des modifications internes.
  • Réutilisation de 88 % des matériaux démantelés grâce à des procédés de traitement et de décontamination rigoureux.
  • L’Italie se positionne comme leader dans la gestion des déchets nucléaires avec des infrastructures modernisées et sûres.

Le démantèlement et la reconstruction de certaines installations nucléaires en Italie témoignent des efforts continus du pays pour améliorer la sécurité et la gestion des déchets radioactifs. Situé à Piacenza, le site nucléaire de Caorso, autrefois le plus grand du pays, est au cœur de ces opérations. Avec une capacité de 860 mégawatts, cette centrale a fonctionné pendant 12 ans avant d’être mise à l’arrêt en 1990. Aujourd’hui, l’objectif est de moderniser les installations de stockage des déchets pour répondre aux normes de sécurité les plus récentes. Comment cette transformation se déroule-t-elle et quelles sont les implications pour la gestion future des déchets radioactifs en Italie ?

Modernisation des installations de stockage des déchets radioactifs

Le site de Caorso abrite trois installations de stockage intermédiaire pour les déchets radioactifs : ERSBA 1, ERSBA 2 et ERSMA. Les deux premiers sont destinés aux déchets solides de faible activité, tandis que le dernier stocke des déchets de moyenne activité. Ces installations sont essentielles pour le traitement et le conditionnement des matériaux en attente de transfert vers un dépôt national. La modernisation de ces installations est cruciale pour garantir la sécurité et l’efficacité de la gestion des déchets à long terme.

Les installations ERSBA 1 et ERSBA 2 subissent une démolition complète suivie d’une reconstruction, ce qui souligne l’engagement de l’Italie à aligner ses pratiques sur les normes de sécurité modernes. En parallèle, l’ERSMA subit une révision interne, sans démolition totale. Cette stratégie permet de répondre aux exigences réglementaires tout en maximisant l’utilisation des infrastructures existantes.

1,8 million de tonnes gaspillées chaque année : la France assise sur une manne de déchets que ce pays d’Asie veut transformer en hydrogène vert

Reconstruction complète de l’ERSBA 1

Le projet de reconstruction de l’ERSBA 1 est une entreprise d’envergure qui vise à optimiser la gestion des déchets à long terme. Le bâtiment, mesurant 50 mètres de long et 30 mètres de large, subira la démolition de son toit, de ses murs en béton et de ses fondations. Un nouvel entrepôt sera ensuite construit sur le même site, prévoyant l’installation de deux ponts roulants pour faciliter la manutention des conteneurs de déchets.

Sogin, l’entreprise en charge de ces opérations, prévoit d’enlever environ 3 400 tonnes de matériaux. La majorité de ces matériaux seront traités pour être réutilisés sans restrictions, tandis que les déchets radioactifs restants seront conservés sur place. Cette approche permet de réduire la nécessité de construire de nouvelles installations temporaires, tout en assurant un stockage sécurisé des déchets en attendant un dépôt national.

La France entre en guerre technologique contre trois géants de l’atome : un affrontement titanesque débute pour construire la première centrale nucléaire du Kazakhstan

Avancées significatives dans la gestion des déchets

Les améliorations apportées aux installations de Caorso témoignent de l’engagement de l’Italie dans la gestion responsable des déchets nucléaires. En modernisant les infrastructures existantes, le pays élimine le besoin de nouvelles constructions temporaires et optimise l’utilisation des ressources disponibles. Cela représente un modèle potentiellement inspirant pour d’autres pays confrontés à des défis similaires.

Ces efforts ne se limitent pas à la simple reconstruction. Ils incluent aussi des processus rigoureux de traitement et de décontamination, garantissant que seule une petite fraction des matériaux est classée comme déchet radioactif. De plus, ces opérations s’inscrivent dans un cadre plus large de mise en conformité avec les normes internationales, ce qui pourrait renforcer la position de l’Italie en tant que leader dans la gestion des déchets nucléaires.

Influenceurs écolos, ONG, activistes… Acheter-des-Fans.com, le site qui décuple leur influence sur les réseaux sociaux

Perspectives pour le futur

Avec la modernisation continue des installations de Caorso, l’Italie se prépare à relever les défis de la gestion des déchets nucléaires pour les décennies à venir. Ces efforts sont cruciaux non seulement pour la sécurité nationale, mais aussi pour la confiance du public dans la capacité du pays à gérer ses héritages nucléaires de manière responsable.

Alors que le pays attend la mise en place d’un dépôt national, les installations modernisées de Caorso joueront un rôle clé dans le stockage temporaire des déchets. Comment ces initiatives influenceront-elles les politiques nucléaires futures et la perception publique de l’énergie nucléaire en Italie et au-delà ?

Jessica Roux

Écologie, société et futurs possibles

Jessica Roux

Jessica Roux a été chargée d'études dans un observatoire régional de la santé avant de se consacrer à l'écriture. Elle suit pour VivreDemain.fr la société, la santé, l'alimentation, le développement durable et le recyclage, en s'appuyant sur les études publiées et les données publiques. Elle composte ses déchets depuis quinze ans dans un petit jardin de Tours.