Tendance
Développement durable

La France entre en guerre technologique contre trois géants de l’atome : un affrontement titanesque débute pour construire la première centrale nucléaire du Kazakhstan

Jessica Roux Par Jessica Roux
4 min de lecture
La France entre en guerre technologique contre trois géants de l’atome : un affrontement titanesque débute pour construire la première centrale nucléaire du Kazakhstan
Vue aérienne du site prévu pour la première centrale nucléaire du Kazakhstan, symbolisant un tournant majeur dans la stratégie énergétique du pays.
EN BREF
  • Le Kazakhstan, premier producteur mondial d’uranium, s’apprête à construire sa première centrale nucléaire, un projet stratégique aux enjeux géopolitiques.
  • Quatre puissances sont en lice : la France, la Russie, la Corée du Sud et la Chine, chacune proposant des technologies avancées et des offres financières compétitives.
  • Un référendum a validé le soutien populaire au projet, conférant une légitimité politique solide à cette initiative nationale ambitieuse.
  • Le site choisi, près du village d’Ulken, pourrait devenir un pôle énergétique majeur, profitant des infrastructures existantes depuis l’ère soviétique.

Le Kazakhstan, riche en ressources, s’apprête à franchir une étape décisive dans son histoire énergétique. Bien que le pays soit le premier producteur mondial d’uranium, il ne dispose d’aucune centrale nucléaire commerciale. Ce paradoxe est sur le point d’être résolu avec la sélection imminente d’un fournisseur pour sa première centrale nucléaire. Quatre puissances mondiales, la France, la Russie, la Corée du Sud et la Chine, sont en concurrence pour ce projet stratégique. Cette décision, qui sera prise avant la fin de l’année, pourrait bien redéfinir la position du Kazakhstan sur la scène énergétique mondiale.

Un choix stratégique aux multiples implications

Le Kazakhstan a présélectionné quatre géants pour construire sa première centrale nucléaire : Rosatom de Russie, KHNP de Corée du Sud, EDF de France, et CNNC de Chine. Chacune de ces entreprises propose des technologies de pointe, mais le choix final ne dépendra pas uniquement des aspects techniques. La formation du personnel local, le transfert technologique, et la capacité d’implantation industrielle sont des critères cruciaux. En outre, les solutions de financement proposées joueront un rôle déterminant. L’objectif est de créer non seulement une centrale, mais aussi une réserve stratégique d’uranium pour assurer l’autonomie énergétique du pays.

Ce projet marque un tournant stratégique pour le Kazakhstan, qui souhaite utiliser ses ressources en uranium non seulement pour l’exportation, mais aussi pour garantir une production d’énergie domestique fiable et durable. Avec une demande énergétique en constante augmentation, cette centrale pourrait devenir le pilier de la sécurité énergétique nationale, tout en représentant une vitrine internationale pour le pays.

« Une humiliation énergétique pour la France » : la Russie domine le marché du combustible nucléaire avec un pactole de 9,2 milliards d’euros qui rebattent toutes les cartes

Le défi de devenir une puissance nucléaire

Bien que le Kazakhstan soit un acteur majeur sur le marché mondial de l’uranium, il ne possède actuellement que des réacteurs de recherche. L’implantation d’une centrale nucléaire commerciale représente un défi et une opportunité uniques. Ce paradoxe kazakh soulève des questions sur l’utilisation optimale de ses ressources naturelles. En construisant sa première centrale, le Kazakhstan vise à stabiliser sa production d’énergie et à réduire sa dépendance énergétique. Le besoin est urgent, car le pays connaît une demande énergétique croissante, qui nécessite des solutions à long terme.

Les autorités kazakhes ont clairement exprimé leur volonté d’utiliser leur uranium pour leur propre consommation énergétique. Cela pourrait également renforcer la position géopolitique du Kazakhstan dans la région, en le transformant en un acteur incontournable de l’énergie nucléaire. Ce projet ambitieux est donc une étape décisive pour le pays, tant sur le plan énergétique qu’économique.

« La France refuse d’y croire » : le réacteur nucléaire chinois bouleverse l’économie et menace directement les bastions industriels historiques du pays

Un site stratégique pour une nouvelle ère

Le site choisi pour la centrale nucléaire est situé dans le district de Zhambyl, près du village d’Ulken, sur les rives du lac Balkhach. Ce choix n’est pas anodin, car il repose sur des considérations géologiques, hydrologiques et de sécurité. Ulken, un village au potentiel inexploité, pourrait devenir un centre énergétique majeur. Les infrastructures existantes, héritées de l’ère soviétique, offrent un point de départ idéal pour ce projet ambitieux.

Ce site isolé présente plusieurs avantages, notamment sa proximité avec une source d’eau essentielle pour le refroidissement des réacteurs, et son éloignement des grandes agglomérations, minimisant ainsi les risques pour la population. Ce projet pourrait transformer Ulken en un pôle industriel et énergétique, contribuant ainsi au développement économique de la région tout en répondant aux besoins énergétiques croissants du pays.

Influenceurs écolos, ONG, activistes… Acheter-des-Fans.com, le site qui décuple leur influence sur les réseaux sociaux

Un projet soutenu par le peuple

En octobre 2024, le Kazakhstan a organisé un référendum pour consulter sa population sur le projet de centrale nucléaire. Ce vote a donné une légitimité politique forte au projet, une démarche rare dans le domaine nucléaire. Le résultat positif du référendum montre que la population kazakhe est prête à soutenir cette transition énergétique.

La décision de faire participer le peuple à ce choix stratégique souligne l’engagement du gouvernement kazakh à moderniser son secteur énergétique tout en respectant la volonté populaire. Ce projet pourrait devenir un symbole de fierté nationale et de progrès technologique, tout en offrant une plateforme de coopération internationale. Le soutien populaire est un atout majeur pour le gouvernement, qui espère ainsi renforcer la stabilité et la prospérité du pays.

Alors que le Kazakhstan s’apprête à prendre une décision cruciale, quelles seront les implications à long terme de ce choix énergétique pour le pays et ses partenaires internationaux ?

Jessica Roux

Écologie, société et futurs possibles

Jessica Roux

Jessica Roux a été chargée d'études dans un observatoire régional de la santé avant de se consacrer à l'écriture. Elle suit pour VivreDemain.fr la société, la santé, l'alimentation, le développement durable et le recyclage, en s'appuyant sur les études publiées et les données publiques. Elle composte ses déchets depuis quinze ans dans un petit jardin de Tours.