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Cannabis thérapeutique en France : la première expérimentation dès septembre

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L’usage du cannabis médical fait débat en politique et en médecine, mais également chez les particuliers. Pourtant, une avancée considérable se produit actuellement depuis que l’Assemblée nationale a donné son accord pour mener une expérimentation inédite en France. 3000 patients souffrant de pathologies lourdes vont être traités avec du CBD et du THC, afin de mesurer les bénéfices et les conséquences sur le long terme.

Expérimentation sur le cannabis médical dès septembre 2020

Lors de la budgétisation des projets de la sécurité sociale pour cette année, l’Assemblée Nationale a donné son feu vert pour une expérimentation centrée sur le cannabis thérapeutique. L’ANSM avait, quant à elle, déjà donné son aval avant le vote. La secrétaire d’État, Christelle Dubos, informe que l’expérience devrait débuter dès septembre 2020.

Elle va théoriquement se dérouler sur deux ans : six mois de mise en place, six mois d’inclusion des patients, six mois de suivi et six mois d’analyse des données. A l’issu de ces 24 mois, un comité scientifique va se réunir pour rédiger un rapport définitif sur les effets du cannabis médical.

17 pays européens ont déjà autorisé l’usage du cannabis médical

La France n’est pas en avance sur le sujet du cannabis thérapeutique. En effet, selon Olivier Véran, 17 pays de l’Union Européenne ont déjà recours au cannabis médical. Bien évidemment, les traitements à base de CBD restent une dernière option médicamenteuse en cas d’échec d’autres solutions.

Qui sont les 3000 patients ?

N’importe quel patient résidant sur le territoire français est éligible pour cette expérimentation, s’il correspond aux critères suivants :

  • douleurs neuropathiques réfractaires
  • épilepsie sévère pharmacorésistante
  • spasticité douloureuse dans le cadre d’une sclérose en plaques
  • situations palliatives en oncologie
  • toute autre maladie du système nerveux central

Comment va être administré le cannabis médical ?

L’ANSM insiste sur le fait que les traitements doivent prendre la forme d’huiles, de tisanes ou de fleurs séchées. Quant aux dosages, ils seront réajustés en fonction des patients, de leur pathologie et de diveres variables comme les principes actifs : le CBD et le THC. Le CBD a un effet relaxant et anti-douleur alors que le THC a des répercussions comportementales et des effets psychoactifs.

Comment va se dérouler l’expérimentation ?

Cette expérimentation va être extrêmement encadrée. En effet, elle sera menée dans plusieurs centres hospitaliers. En tête de liste, on trouve les CH de référence pour les pathologies concernées. Des médecins spécialistes volontaires seront formées sur des plateformes internet. Ils pourront participer au projet uniquement s’ils exercent leur activité dans des structures de référence pluridisciplinaire (neurologie voire épileptologie, oncologie, soins palliatifs, etc). Ainsi, ils pourront réaliser les prescriptions médicales.

Pour obtenir leur traitement, les patients devront se rendre dans un premier temps dans une pharmacie hospitalière. Puis, pour le renouveler, ils pourront présenter leur ordonnance dans une pharmacie de ville.

Un projet encouragé par l’Hémicycle

Cette mesure a été accueillie de façon positive par l’Hémicycle qui estime de manière générale qu’il faut « passer outre les critiques qui sont faites autour de cette proposition puisqu’un groupe d’experts avait validé le principe ». Cependant, d’après le député LR, Jean-Pierre Door, la question de la production et de la provenance des plants de cannabis reste à élucider.

D’où proviennent les plants de cannabis ?

La loi stipule que la production de cannabis est interdite en France, tout comme la vente, la détention et la consommation. Par conséquent, un appel d’offre a été émis avec des critères précis sur les conditions de production. Cependant, ces critères ne sont pas connus à ce jour. Il est donc fort probable que l’ANSM « fera appel aux produits qui existent déjà à l’étranger » d’après Olivier Véran.

Nous savons que certains laboratoires canadiens sont prêts. En effet, depuis 2002, les producteurs figurent parmi les leaders dans ce domaine. Avec un cahier des charges très strict et un site de production situé au Portugal, les laboratoires comme Tilray et Aphria sont prêts à fournir la France dans le cadre de cette expérimentation.

Quels sont les espoirs placés dans cette expérience ?

Pour Olivier Véran et si les résultats s’avèrent satisfaisants, les traitements à base de cannabis pourraient soulager « plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes à bout de nerfs » qui ne trouvent pas de remède à leurs maux. Rappelons-nous que le ministre est neurologue et qu’il a été confrontés à des patients qui accumulaient les échecs médicamenteux. Une fois que certains d’entre-eux lui avaient confié s’être auto-médicamentés avec du cannabis, il a décidé d’entreprendre des recherches, puisque ces derniers s’estimaient soulagés.

En effet, d’après certaines études réalisées, le cannabis thérapeutique pourrait soulager les douleurs chroniques, diminuer la fréquence des crises d’épilepsie, soulager les nausées dues à la chimiothérapie et avoir un effet anti-inflammatoire. De plus, il a des vertus myorelaxantes (il détend les fibres musculaires) et stimule l’appétit.

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