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Le déclin des papillons inquiète les défenseurs de la biodiversité

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Papillon en déclin à cause de l'agriculture intensive

Depuis toujours, les papillons sont des indicateurs importants de la biodiversité. Malheureusement, leur déclin est aujourd’hui alarmant, ce qui prouve que la diversité de la vie terrestre se dégrade. En Île-de-France par exemple, l’expansion urbaine et le recours à l’agriculture intensive provoquent des dégâts considérables.

L’Île-de-France est l’une des régions françaises parmi les plus dynamiques. Son urbanisation effrénée et son modèle basé sur l’agriculture intensive expliquent en grande partie son incroyable rentabilité. C’est donc sans surprise que des centaines de milliers de données ont été prélevées en région parisienne ces vingt dernières années, lesquelles permettent de mesurer l’évolution des espèces en milieu naturel. À ce sujet, l’Agence Régionale pour la Nature et la Biodiversité d’Île-de-France vient de dresser un constat alarmant à propos des papillons.

Un tiers des papillons recensés est sur le point de disparaître en Île-de-France

Depuis plusieurs dizaines d’années, pas moins de 100.000 données ont été collectées en Île-de-France. Ces mesures ont permis la création d’une liste rouge qui répertorie l’ensemble des Rhopalocères et Zygènes de la région parisienne. Pas moins de 472 contributeurs ont participé au projet, la plupart d’entre eux étant bénévoles. Le tout a été piloté par l’Agence Régionale pour la Nature et la Biodiversité d’Île-de-France et divers autres organismes tels que l’Office pour les Insectes et leur Environnement (OPIE) et l’Association des Lépidoptéristes de France (ALF).

Malheureusement, la liste rouge dont il est question dresse un bilan inquiétant. En effet, plus du tiers des 135 espèces de papillons de jour recensés en Île-de-France est sur le point de s’éteindre ou a d’ores et déjà rendu l’âme. Ainsi, comparativement, on remarquera que la région parisienne ne compte que 14 espèces de papillons par commune contre 42 en Bourgogne, sa plus proche région limitrophe.

Papillon hibou

Crédit photo: Pixabay – qimono

Artificialisation des terres, expansion urbaine et usage de pesticides

Parmi les principales causes du déclin des papillons, on trouve l’éradication de leur habitat. En effet, les pelouses, prairies et landes sont souvent rasées et remplacées par des terres agricoles exploitables. L’intensification de l’agriculture massive mais aussi l’urbanisation dans son ensemble contribuent au dépérissement des papillons.

Mais ce n’est pas tout. Le réchauffement climatique – dont le déclin des papillons est un excellent indicateur –, est également pointé du doigt. L’étude conjointement menée par l’Agence Régionale pour la Nature et la Biodiversité d’Île-de-France, l’OPIE et l’ALF condamne également l’usage de pesticides, lesquels tendent à détruire les milieux naturels. Ainsi, les aubépines, prunelliers et autres arbustes traditionnellement utilisés par les papillons comme lieux de refuge ont quasiment tous disparu. Les pesticides et herbicides représentent aussi un frein à la reproduction et à l’alimentation des papillons.

Des outils existent pour réduire la menace autour de la biodiversité

Les auteurs de l’étude suggèrent des solutions pour stopper les principales causes du déclin des papillons. D’après M. Xavier Hourd, directeur de la coordination des études à l’OPIE, “il est indispensable d’agir sur les prairies, l’ensemble des milieux ouverts et les zones herbeuses”. Une meilleure gestion écologique des habitats, un pâturage réglementé et des fauches adaptées peuvent préserver les papillons contre les risques d’extinction.

Finalement, il serait nécessaire d’adopter les bons réflexes aussi bien en milieux ordinaires que protégés tout en se focalisant sur les biotopes les plus précaires, notamment les pelouses calcaires et certaines autres aires particulièrement humides. Rappelons que des mesures ont déjà été mises en place afin de garantir la préservation de la flore, des oiseaux et des libellules en Île-de-France. Déployer un dispositif similaire pour la sauvegarde des papillons de jour semble donc être une évidence.

Crédit photo principale : Wikimedia – Dreamdan

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