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Sida: 6 mois de protection contre les effets du virus grâce à l’immunisation passive

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Une lueur d’espoir pour la lutte contre l’infection au VIH: des chercheurs ont protégé pendant 6 mois des singes grâce à l’immunisation passive !

Longtemps restée sans nouvelles fraîches, la recherche sur des moyens d’éradiquer ou de prévenir l’infection au virus du Sida livre aujourd’hui quelques lueurs d’espoir pour les patients atteints. En effet, selon les résultats d’une très récente étude menée par des chercheurs internationaux, il serait possible par le biais de certaines méthodes et à certaines conditions, de ralentir l’avancée du virus, ou tout simplement de stopper l’évolution de la maladie pendant six mois.

Un vaccin ou une cure de désinfection serait sur les rails avec des performances plus concluantes dans les mois ou années à venir.

Le secret réside dans les anticorps

Pour rappel, à ce stade il n’existe aucun vaccin contre l’infection au VIH, mais les travaux s’accélèrent. En parlant de travaux, une équipe de scientifiques américains et allemands basés aux États-unis et en Allemagne a livré il y a quelques heures sur le site de publications médicales Nature les résultats de ses dernières expérimentations sur le sujet et sur des macaques et il en ressort que grâce à une immunisation passive, ces animaux étaient exempt de tout dégât lié au VIH durant 6 mois, et ce sans traitement antirétroviral.

Cette immunité dite passive est apportée par des anticorps synthétisés en laboratoire, qui réussit à stopper net l’évolution de l’infection à une souche modifiée du VIH baptisé VIH simien.

Macaques, Sida/VIH, immunisation passive

Les tests ont été effectués sur des macaques – Crédit photo: Wikimedia – Karyn Sig

Protocole d’expérimentation

En effet, les singes utilisés dans le cadre de cette étude ont été scindés comme d’habitude dans ce genre de situation, en deux groupes distincts. Ceux du premier groupe non traités ont été exposés à une souche de VIH simien au moins une fois par semaine et ont contracté le virus au bout de trois semaines, alors que ceux du second groupe, qui sont eux traités ont réussi malgré leur exposition au VIH simien à tenir 23 semaines sans présenter aucun signe de l’infection.

Une seule dose des anticorps synthétiques a été nécessaire pour aboutir à ce résultat, ce qui relance de l’espoir pour un éventuel vaccin contre l’infection au VIH. Si les scientifiques en sont arrivés à synthétiser des anticorps en laboratoire, c’est parce que les divers vaccins élaborés n’ont jamais véritablement accompli leur mission.

L’espoir renaît

Pour rappel, le vaccin est une souche de l’agent pathogène atténué que l’on introduit dans votre organisme pour inciter ce dernier à produire des anticorps, qui eux, produiront des anticorps dits “mémoire” qui agiront avec efficacité lors du second ou énième contact avec l’agent pathogène en question, c’est un traitement préventif qui s’étale sur le long terme. N’ayant jamais réussi à créer un vaccin à même de réaliser cette tâche à la suite d’une infection au VIH, les scientifiques se sont donc tournés vers l’immunité passive, qui, elle, consiste tout simplement en l’insémination au sein de votre organisme d’anticorps déjà programmés contre un agent infectieux, pour prévenir et combattre ses effets sur votre organisme, il s’agit d’un traitement préventif uni-dose mais étalé sur le court terme.

Déjà utilisée sur des sujets sains dans le cadre de la prévention de toute infection au virus de l’hépatite A dépourvue de vaccin jusqu’à présent, l’immunisation passive pourrait bien être la solution tant espérée pour endiguer la prolifération du VIH, mais l’on se demande tout de même pourquoi les scientifiques n’y ont pas pensé plus tôt, tant cette solution quoique limitée, semble évidente.

Crédit photo principale : Flickr – Sham Hardy