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Bolivie: à sec, le lac Poopó subit les conséquences de l’activité humaine

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Pollué par l’exploitation minière et ponctionné par l’irrigation, le lac Poopó, deuxième plus grande étendue d’eau en Bolivie, a complètement disparu.

Véritable catastrophe écologique, la disparition du lac Poopó a de graves conséquences sur la biodiversité: autrefois, le lac abritait une faune et une flore diversifiée. Plusieurs millions de poissons et d’oiseaux auraient péri. Aujourd’hui, l’endroit n’a de lac que le nom et n’est plus qu’une vaste étendue désertique de 84 kilomètres de long sur 55 de large, au sol d’argile craquelé.

L’urgence déclarée

D’après le journal La Razón, le ministère de l’Assemblée législative (ALD) d’Oruro a présenté jeudi 7 janvier 2016 un projet de loi visant à déclarer une alerte orange à la sécheresse dans la région. Le but, débloquer des fonds pour venir en aide aux familles qui dépendaient des activités à proximité du lac.

Outre le réchauffement climatique, accentué par le phénomène “El niño”, l’activité humaine est en grande partie responsable de la disparition du lac. Pour le gouverneur d’Oruro, Victor Hugo Vasquez, “la principale cause de cette catastrophe est l’attitude et l’irresponsabilité des pays industrialisés qui polluent 365 jours par an”. L’industrie minière a favorisé l’accumulation d’arsenic, de cuivre, de zinc et de plomb et l’irrigation à tari le deuxième plus grand lac de Bolivie.

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Crédit photo: Flickr – Golda Fuentes

Des fonds débloqués pour débuter des travaux en urgence

Ce n’est pas la première fois que le lac est asséché. Déjà en 1994 et 2015, le lac avait disparu. D’après le journal El Deber, la sécheresse a incité le gouvernement bolivien et les autorités d’Oruro à débloquer 22,5 millions de bolivianos (plus de 668.000 euros) pour répondre à l’urgence de la situation. Principale mesure, des travaux de dragage entre 2016 2017 pour augmenter le volume d’eau qui arrive jusqu’au fleuve. L’Union européenne a prévu d’y participer à hauteur de 20 millions d’euros.

Crédit photo principale : Wikimedia – Lovisa Selander