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Contre la pollution de l’air, un maire interdit la pizza traditionnelle

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Pour lutter contre la pollution de l’air, le maire de San Vitaliano, près de Naples, a décidé de s’en prendre aux pizzaïolos et de filtrer les fours à pizza.

Le maire de San Vitaliano, une ville située en banlieue de Naples, a promulgué un décret (en PDF et en italien) la semaine dernière interdisant l’utilisation de fours au feu de bois dans les restaurants pour les trois prochains mois. Si les restaurateurs veulent continuer à faire des pizzas et du pain au feu de bois traditionnel, ils doivent installer des filtres spéciaux sur leurs fours, qui sont tenus pour responsables d’aggraver les problèmes de pollution de l’air de la ville.

Selon la BBC, la police vérifiera les restaurants et boulangeries dans cette ville d’environ 6000 habitants pour faire respecter l’interdiction et imposer des amendes, allant de 200 à 1032 euros, à ceux qui la violent. Les personnes affectées par l’interdiction l’ont, de façon prévisible, trouvé ridicule. “Nous ne pouvons pas être la cause de ce smog”, clame un local dans le journal italien Corriere della Sera, en soutenant que “Naples a beaucoup plus de pizzerias que San Vitaliano, mais n’a pas les mêmes niveaux de pollution.” L’installation de filtres anti-pollution coûterait près de 20.000 euros selon un pizzaïolo interrogé par La Repubblica.

Cuisinières, fours à bois et cheminées émettent des polluants nocifs, des particules fines qui peuvent être inhalées et qui s’accumulent dans les poumons, provoquant une irritation et même des dommages irréversibles. À Naples, qui était autrefois notoirement polluée, mais qui a fait des améliorations notables au cours des dernières années, il y a eu 59 jours où l’air contenait plus de 50 microgrammes de particules fines (PM10) par mètre cube en 2015. San Vitaliano, en revanche, a connu 114 jours au-dessus de ce niveau.

Les grandes villes italiennes ont été en proie à la pollution de l’air cette année: outre Naples, Milan, Rome, et Turin ont toutes connu plus de 40 jours avec des niveaux inacceptables de pollution de l’air, selon le principal groupe de surveillance de l’environnement du pays. L’Italie a eu le plus de décès liés à la pollution en Europe en 2012, et Milan et Rome ont eu recours à des restrictions de circulation en ville pour maîtriser la pollution de l’air à plusieurs reprises depuis 2007.

À noter que depuis le 1er janvier 2015 en Île-de-France, les feux de cheminée sont interdits.

Crédit photo principale : Wikimedia – Lotus Head