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Premier cas connu de transmission de cancer du ver solitaire à l’homme

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Des scientifiques américains ont découvert qu’un homme infesté par le ver solitaire a développé des cellules cancéreuses propres à ce parasite. Un cas jusqu’alors jamais observé.

Alors âgé de 41 ans et d’origine colombienne, l’homme victime de ce cas rarissime de transmission s’était rendu à l’hôpital en mai 2013 pour cause de toux persistante, de fièvre et de perte de poids inexpliquée. Il était malheureusement décédé 72h plus tard des suites de diverses tumeurs, notamment des glandes lymphatiques et des poumons.

Les conclusions de l’étude qui ont suivi, coécrites par Atis Muehlenbachs, pathologiste des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), ont été publiées dans la revue The New England Journal of Medecine. Celles-ci révèlent que les lésions observées post-mortem sont typiques des cellules cancéreuses humaines, mais qu’elles sont étrangement dix fois plus petites que la normale.

Après analyses complémentaires, les scientifiques ont pu démontrer avec certitude que l’ADN de ces cellules correspondait au ténia nain (ou ver solitaire), un parasite qui en l’occurrence colonisait l’intestin grêle du patient.

Habituellement, cette infection est sans danger pour l’homme, se limitant à l’appareil gastro-intestinal. Ce fait est donc jugé extrêmement rare par les scientifiques, qui n’écartent toutefois pas l’existence d’autres cas parmi les personnes immunodéficientes, en particulier celles touchées par le virus du Sida, chez qui les charges parasitaires sont beaucoup plus élevées. L’homme était lui-même atteint de ce virus, ceci expliquant la propagation rapide des métastases du ver solitaire dans différents organes du corps de son hôte.

Fréquentes chez les invertébrés, les tumeurs ne sont pourtant pas connues pour se développer dans le ténia. Ce ver intestinal est le plus petit existant, mais aussi le plus répandu chez l’homme. On le rencontre notamment chez les enfants dans les pays en voie de développement, et l’on estime à 75 millions le nombre de personnes porteuses dans la population mondiale.

Crédit photo principale : Wikimedia – phil.cdc.gov