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Allergie et intolérance au lait : comment faire la part des choses ?

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Lait, brique, intolérance

Protéines de lait et lactose : deux composants bien distincts

Boire du lait peut paraître banal pour la plupart d’entre nous. Or, de nombreuses personnes ne supportent pas son ingestion. Alors que 5 à 10% de la population adulte serait intolérante, l’allergie au lait quant à elle figure en 3ème position des allergies alimentaires infantiles, montrant toutefois une fréquence dégressive avec l’âge.

Elle reste donc très rare chez l’adulte. Avant de faire une croix sur les produits laitiers, il est donc important de distinguer l’intolérance au lactose et l’allergie aux protéines de lait.

Qu’entraîne une consommation excessive de produits laitiers ?

On relie finalement peu les syndromes et autres maladies avec notre manière de nous alimenter. Pourtant, l’organisme immergé de produits laitiers peut arriver à saturation et provoquer de nombreux maux : allergies (alimentaires, cutanées, digestives), affections ORL ou respiratoires (otites, sinusites, asthme, bronchites, pneumonies, rhume des foins…), hyperactivité infantile, insomnies, migraines et autres désordres hormonaux.

En outre, l’éviction de produits laitiers apporte un soulagement rapide aux personnes souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable, de la maladie de Crohn, d’arthrite rhumatoïde, de fibromyosite ou encore de malaises liés à la ménopause.

Intolérance au lactose : une incapacité à synthétiser la lactase

Le lactose est un glucide composé de deux sucres : le glucose et le galactose. Une enzyme digestive (la lactase) est normalement chargée de le dissocier car celui-ci ne peut pas être assimilé directement par notre intestin. Or, chez les intolérants, on constate de faibles concentrations voire une absence en lactase.

Le lactose non digéré arrive alors directement dans le côlon où les bactéries se chargent de le fermenter. Généralement, une petite quantité de lactose ne pose pas de problème. En revanche, une plus grande quantité entraîne des troubles digestifs très inconfortables (ballonnements, brûlures d’estomac, crampes abdominales, constipation et/ou diarrhée…).

Le dépistage d’une intolérance se fait par auto-diagnostic (suppression temporaire du lait pour observer ou non une disparition des symptômes) ou par différents tests (hydrogène expiré, tolérance au lactose ou génétique).

Un régime nuancé

Bleu au lait de chèvre

Crédit photo: Flickr – Véronique PAGNIER

Il s’agit simplement de modérer les quantités de lait ingérées, de préférer les fromages affinés qui ne contiennent plus de lactose ainsi que les yaourts et le lait caillé riches en ferments. Il est tout à fait possible d’opter pour les laits végétaux (riz, chanvre, lin…), le lait de jument, d’ânesse, de chèvre ou de brebis.

Allergie aux protéines de lait : une faille du système immunitaire

L’allergie est bien différente de l’intolérance de par son origine immunologique. Les réactions allergiques se manifestent par un eczéma, des vomissements ou une diarrhée et plus rarement un choc anaphylactique ou un œdème de Quincke.

Le diagnostic, qui repose sur le dosage des anticorps par prise de sang, la mise en place d’un patch test, des tests cutanés et des tests de provocation (TPO), doit être encadré par un allergologue expérimenté.

Un régime d’exclusion

Une éviction totale du lait et de tous ses dérivés est indispensable, y compris tous les aliments industriels qui peuvent en contenir. Le calcium sera apporté par les végétaux : lait d’amande ou de coco, légumineuses (pois chiches, haricots rouges ou blancs…), tofu et autres légumes à feuilles vertes (artichauts, brocolis, choux chinois, asperges, épinards, etc.).

En plus de sa grande diversité, le calcium végétal s’accompagne de toute une batterie de vitamines, nutriments et fibres pour une digestion et une assimilation facilitées.

Crédit photo principale : Flickr – www.bluewaikiki.com