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Manger sans gluten : entre effet de mode et pathologie digestive complexe

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Gluten, nutrition, santé

Gluten : cet ennemi invisible et dévastateur

Le gluten, cette fameuse protéine que l’on retrouve dans les pâtes, le pain, les pâtisseries, les biscuits secs, les pizzas et autres céréales, est omniprésent dans notre alimentation. S’en priver relève donc du parcours du combattant ! Face à l’essor du régime sans gluten, les polémiques vont bon train. En effet, certaines personnes non intolérantes décident par elles-même de ne plus consommer de gluten pour perdre du poids. Passé cet effet de mode, l’intolérance au gluten représente une vraie pathologie qui requiert une vigilance de chaque instant pour les malades.

Une maladie supposée auto-immune et sous-diagnostiquée

L’intolérance au gluten, encore appelée maladie cœliaque, est une pathologie digestive qui toucherait une personne sur 2000 en France, mais seuls 10 à 20% des malades seraient diagnostiqués.

Le gluten n’est pas digéré normalement et son absorption induit des lésions graves de la muqueuse intestinale (au niveau de l’intestin grêle), aboutissant à une destruction des villosités intestinales. Celles-ci ne sont alors plus capables d’absorber les nutriments essentiels tels que les minéraux, les vitamines, le fer, le calcium, les lipides, les glucides, les protéines, l’acide folique (vitamine B9), etc. Cela peut bien évidemment induire de graves carences.

Des symptômes divers et variés

On observe généralement une perte d’appétit, des douleurs abdominales, des diarrhées, des nausées, des vomissements, des ballonnements… Mais pour la majorité des malades, cette maladie est asymptomatique ou présente des symptômes atypiques tels que des douleurs articulaires, musculaires, osseuses, etc. Elle peut aussi s’accompagner d’autres maladies comme le diabète, l’insuffisance pancréatique exocrine ou encore d’autres maladies auto-immunes (vascularite, cirrhose biliaire primitive, etc.). Avec le temps, des complications peuvent apparaître : affections neurologiques, dégénérescences malignes (cancers intestinaux ou de l’œsophage), ulcérations intestinales.

Sur quoi repose le diagnostic ?

En cas de symptômes évocateurs de maladie cœliaque, une analyse de sang est prescrite afin de rechercher les anticorps révélateurs de la maladie : les anti transglutaminases. Le diagnostic est ensuite confirmé par des biopsies intestinales.

Vers quels aliments faut-il alors se tourner ?

Le gluten se cache dans les céréales, notamment le blé, l’orge, le seigle, l’épeautre et le froment. Pour l’avoine, rien n’est sûr. De récentes études tendent en effet à montrer qu’il ne serait plus un danger pour les intolérants. Affaire à suivre, mais en attendant, mieux vaut ne pas en consommer. Attention aussi à certains produits industriels ! Bien que très contraignant, ce régime doit être suivi à vie.

En remplacement, on choisira des céréales, légumineuses et féculents exempts de gluten comme le riz, les pommes de terre et leurs dérivés (fécule), les légumes secs (haricots, lentilles, pois, fèves), le maïs et ses dérivés (polenta, farine, amidon), le tapioca, le quinoa, le sarrasin, le teff et autres produits estampillés sans gluten. La plupart des produits consommés quotidiennement sont heureusement aussi autorisés : fruits, légumes, viandes, poissons, lait, laitages, œufs, etc.

A noter que certains produits sans gluten (pain, pâtes, farines et biscuits) peuvent être remboursés par la Sécurité sociale. La prise en charge mensuelle est de 33,54€ pour les enfants de moins de 10 ans et de 45,73 euros pour les enfants de plus de 10 ans et les adultes. Un bien maigre butin, sachant que ces produits sont 2 fois plus chers que les produits traditionnels.

Une adresse à connaître : L’Association Française Des Intolérants Au Gluten (AFDIAG), dans laquelle une équipe de bénévoles apporte soutien et conseils aux malades ainsi qu’à leurs familles.

Crédit photo principale : Wikimedia – Ongjulian