Dans un article paru début juillet, Le Canard enchaîné affirme que plusieurs centaines de journalistes ayant quitté les médias du groupe de Vincent Bolloré auraient été contraints de signer des clauses de silence à durée illimitée. Ces engagements contractuels, qualifiés de « non-dénigrement » et de « loyauté », interdiraient à ces anciens salariés toute critique à l’égard du groupe ou de ses dirigeants.
Des clauses imposées depuis 2016
Selon l’hebdomadaire satirique, ces clauses auraient été imposées à des journalistes ayant quitté, depuis 2016, des rédactions telles qu’Europe 1, Canal+, le Journal du Dimanche, Paris Match ou encore iTélé, devenue CNews. L’enquête évoque un total de plus de 500 départs, en s’appuyant sur des données de Reporters sans frontières publiées en mars dernier.
Une portée étendue à l’ensemble du groupe Bolloré
Toujours d’après Le Canard enchaîné, ces clauses de confidentialité ne viseraient pas seulement les entités directement concernées par le contrat de travail, mais s’appliqueraient à l’ensemble des sociétés du groupe Bolloré, y compris Lagardère, Vivendi et Canal+. Des extraits de documents contractuels consultés par le journal mentionneraient une interdiction explicite de « dire, suggérer ou entreprendre quoi que ce soit qui puisse porter atteinte à l’image ou à la considération » des entités concernées.
Des témoignages alarmants
« Tu as encore moins de liberté dehors que dedans. »
Une ancienne journaliste d’Europe 1, citée anonymement, déclare au Canard : « Tu as encore moins de liberté dehors que dedans. » Une autre, passée par iTélé, aurait confié vivre « dans une peur constante » de voir son départ remis en cause juridiquement. D’autres témoignages recueillis indiqueraient que même évoquer certains animateurs médiatiques du groupe, comme Cyril Hanouna, serait prohibé dans les échanges avec d’anciens collègues.
Des clauses potentiellement contraires à la liberté d’expression
L’hebdomadaire s’interroge sur la compatibilité de ces engagements avec la liberté d’expression, rappelant que la Cour européenne des droits de l’homme reconnaît une protection particulière aux journalistes. Ces clauses, toujours selon le Canard, pourraient ainsi entrer en contradiction avec les principes garantis à l’échelle européenne.
Le cas emblématique de Jean-Baptiste Rivoire
Le cas de Jean-Baptiste Rivoire, ancien rédacteur en chef adjoint de l’émission Spécial Investigation sur Canal+, est également cité. Ce dernier, après avoir participé à un documentaire critique sur le groupe Bolloré, Le Système B – L’information selon Bolloré, a été condamné en 2024 à rembourser 151 500 euros d’indemnités perçues lors de son départ. Une décision des prud’hommes de Boulogne-Billancourt, que son avocat qualifie de « prédation contractuelle » dans les colonnes du Canard.
Une stratégie du silence face à la concentration des médias
Ces révélations interviennent dans un contexte de concentration croissante des médias français. En mars 2024, Vincent Bolloré déclarait pourtant devant la commission d’enquête parlementaire sur la TNT : « Dans mon ADN coule la liberté. » Une profession de foi que Le Canard enchaîné confronte à ce qu’il décrit comme une stratégie du silence, installée progressivement comme condition implicite de départ.






Merci au Canard enchaîné pour ces révélations, c’est important de savoir ce qui se passe derrière les portes fermées !
C’est quand même incroyable que de telles clauses puissent exister encore aujourd’hui. 😡
Comment est-ce légalement possible d’imposer un silence à vie ? Ça semble irréaliste !
Une stratégie du silence… Vincent Bolloré a-t-il un plan diabolique pour contrôler tous les médias ?
Bravo au Canard pour son travail d’investigation. Mais pourquoi d’autres médias ne parlent pas de ça ? 🤔
😂
Quand on pense que la liberté d’expression est un droit fondamental… ça fait froid dans le dos !
Je suis choqué mais pas surpris… le pouvoir de l’argent ne connaît pas de limite !
Ah le Canard, toujours là pour nous rappeler que la démocratie nécessite une presse libre.
Si seulement plus de journalistes avaient le courage de dénoncer ces pratiques.
Ça me fait penser à un roman dystopique, sauf que c’est la réalité… 😱