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« La porte de l’enfer se referme pour toujours » : ce cratère de gaz légendaire au Turkménistan va disparaître, un événement bouleversant pour les passionnés de géologie

Agnès Pradel Par Agnès Pradel
4 min de lecture
« La porte de l’enfer se referme pour toujours » : ce cratère de gaz légendaire au Turkménistan va disparaître, un événement bouleversant pour les passionnés de géologie
Illustration de la Porte de l'Enfer au Turkménistan, générée par intelligence artificielle.
EN BREF
  • Le cratère de gaz de Darvaza, surnommé la Porte de l’Enfer, brûle depuis plus de 50 ans au cœur du désert du Karakoum.
  • Des efforts récents par Turkmengaz visent à éteindre le cratère en captant le méthane avant qu’il n’atteigne la surface.
  • ‍En 2013, l’explorateur George Kourounis a découvert des bactéries extrémophiles en descendant au fond du cratère.
  • La fermeture de cette source majeure de pollution au méthane est cruciale pour les efforts environnementaux du Turkménistan.

Située au cœur du désert du Karakoum au Turkménistan, une curiosité naturelle a captivé l’attention du monde entier pendant plus d’un demi-siècle : le cratère de gaz de Darvaza. Souvent surnommé la « Porte de l’Enfer », ce phénomène est le résultat inattendu d’une tentative soviétique de contenir une poche de gaz naturel. Depuis lors, ce cratère ardent est devenu une attraction touristique autant qu’une source de pollution méthanique préoccupante. Aujourd’hui, les efforts se multiplient pour éteindre ce brasier éternel, et de nombreuses questions se posent quant à l’avenir de ce site emblématique.

Origine et histoire du cratère de Darvaza

Le cratère de Darvaza serait apparu en 1971, lorsque des ingénieurs soviétiques ont accidentellement percé une poche de gaz naturel en forant un puits exploratoire. Pour éviter la libération de méthane toxique, ils auraient enflammé la poche, pensant que le gaz se consumerait en quelques jours. Ce qui devait être une solution temporaire s’est transformé en un brasier inextinguible, illuminant le désert du Karakoum d’une lueur infernale visible à des kilomètres à la ronde.

Ce cratère, officiellement nommé « La Brillance du Karakoum », mesure environ 69 mètres de diamètre et 30 mètres de profondeur. Sa température a atteint jusqu’à 1 000 °C, faisant de lui une scène apocalyptique qui attire les curieux et les chercheurs du monde entier. Ce site est également la principale source de pollution par le méthane au Turkménistan, un pays qui détient environ 9 % des réserves mondiales de gaz naturel.

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Efforts pour éteindre le feu

En dépit de son attrait touristique, le cratère de Darvaza représente un défi environnemental. Récemment, lors d’une conférence scientifique à Achgabat, les scientifiques de Turkmengaz ont annoncé que le feu commence enfin à s’éteindre. Des puits précédemment abandonnés ont été rouverts et de nouveaux forages ont été réalisés pour capter le méthane avant qu’il n’atteigne le cratère.

En collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le projet MARS (Methane Alert and Response System) surveille les émissions de méthane en temps réel grâce à des images satellites. Ces efforts visent à réduire l’impact environnemental du cratère et à exploiter de manière plus durable les ressources gazières de la région.

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Explorations et découvertes scientifiques

En 2013, le cratère a atteint son intensité maximale, attirant l’attention de l’explorateur canadien George Kourounis. Équipé d’une combinaison résistante à la chaleur en Kevlar/Nomex et d’un appareil respiratoire autonome, Kourounis est devenu le premier homme à descendre au fond du cratère. Il a prélevé des échantillons de sol où des bactéries extrémophiles ont été découvertes, offrant un aperçu fascinant des conditions de vie possibles dans des environnements extrêmes.

Bien que spectaculaire, ce cratère n’est pas le feu « erreur humaine » le plus long. En comparaison, des feux de charbon souterrains comme ceux de Centralia en Pennsylvanie et de Jharia en Inde brûlent depuis des décennies et pourraient durer encore des siècles. Le Mont Wingen en Australie, un feu de charbon naturel, brûle depuis plus de 6 000 ans.

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Implications environnementales et touristiques

Si le cratère de Darvaza est une attraction touristique incontournable, il est aussi un rappel des erreurs humaines et de leurs conséquences environnementales. La réduction des émissions de méthane est cruciale pour lutter contre le changement climatique, et la fermeture du cratère est une étape importante dans cette direction.

Le Turkménistan, avec ses vastes réserves de gaz naturel, pourrait bénéficier de meilleures pratiques de gestion et d’exploitation de ses ressources. Tandis que les efforts se poursuivent pour éteindre la « Porte de l’Enfer », la question demeure : comment les leçons tirées de Darvaza influenceront-elles les politiques énergétiques futures ?

Face aux défis posés par le cratère de Darvaza, la communauté internationale et le Turkménistan ont une occasion unique d’apprendre et d’adopter des pratiques plus durables. La question qui se pose désormais est de savoir comment ces efforts influenceront les futures stratégies énergétiques et environnementales du pays et de la région dans son ensemble ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Agnès Pradel

Écologie, société et futurs possibles

Agnès Pradel

Agnès Pradel a été technicienne dans un bureau d'études en environnement, chargée des inventaires de faune et de flore. Elle écrit pour VivreDemain.fr sur la biodiversité, le climat et la pollution : espèces menacées, qualité de l'air et de l'eau, rapports scientifiques et politiques publiques. Elle participe chaque printemps au comptage des oiseaux de son village.