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« On supplie le ciel chaque matin » : un expatrié indien raconte la chasse à la pluie dans l’enfer aride des Émirats arabes unis

Agnès Pradel Par Agnès Pradel
5 min de lecture
« On supplie le ciel chaque matin » : un expatrié indien raconte la chasse à la pluie dans l’enfer aride des Émirats arabes unis
Illustration de la quête des expatriés indiens pour retrouver la pluie dans le désert des Émirats arabes unis. Image réalisée par IA.
EN BREF
  • Des expatriés indiens aux Émirats arabes unis poursuivent les rares averses pour retrouver la magie de la mousson de leur pays natal.
  • Mohammed Sajjad organise des expéditions à travers le désert pour ses 130 000 abonnés, à la recherche de précipitations estivales.
  • Les phénomènes climatiques extrêmes augmentent en fréquence et en intensité, compliquant la tâche des chasseurs de pluie.
  • Ces sorties sont devenues des moments de rassemblement et de partage culturel pour la communauté indienne expatriée.

Dans le désert aride des Émirats arabes unis, un phénomène intrigant attire l’attention des expatriés indiens nostalgiques de leur mousson natale : la chasse à la pluie. Mohammed Sajjad, un ancien résident de l’Inde, a fait de cette quête son passe-temps favori. Installé à Dubaï depuis une dizaine d’années, cet employé d’une agence immobilière a développé une passion pour la météorologie. Il partage cette passion avec une communauté grandissante de 130 000 abonnés sur Instagram, organisant des expéditions à la recherche des rares averses estivales. Pour ces expatriés, chaque goutte de pluie retrouvée dans le désert est un lien précieux avec leur pays d’origine.

La nostalgie de la mousson

La mousson indienne représente bien plus qu’un simple phénomène météorologique pour les expatriés vivant dans les Émirats arabes unis. La pluie symbolise un retour aux souvenirs d’enfance, un moment de joie partagé avec la famille et les amis. Mohammed Sajjad, en organisant ces expéditions, cherche à recréer cette atmosphère. « Mon intention est de réunir tous ceux qui aiment la pluie et qui en sont privés ici », confie-t-il. Ses aventures ne garantissent pas toujours la pluie, mais les moments où les prévisions se réalisent sont magiques. Les participants, adultes comme enfants, se précipitent pour savourer chaque goutte, exprimant une joie indescriptible. Pour ces expatriés, ces moments forment un pont entre leur vie actuelle et leur passé en Inde, où la mousson rythme les saisons.

Avec près de 3,5 millions d’Indiens vivant dans les Émirats, cette nostalgie partagée devient un moteur de rassemblement. Anagha, une employée de banque, témoigne de cette nostalgie : « Toute ma famille et mes amis profitent de la pluie et du climat là-bas. Et nous, on vit ici sous un soleil brûlant ». Ces expéditions permettent à des personnes comme elle de renouer avec une partie de leur identité, même sous le ciel aride du Golfe.

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Des phénomènes climatiques extrêmes

Les Émirats arabes unis, bien que généralement secs, ne sont pas à l’abri des phénomènes climatiques extrêmes. Grâce à des techniques comme l’ensemencement des nuages, le pays enregistre des précipitations allant de 50 à 100 millimètres par an. Toutefois, la saison estivale reste extrêmement sèche, avec souvent moins de 5 mm de pluie. Diana Francis de la Khalifa University d’Abou Dhabi explique que si les moyennes restent faibles, le réchauffement climatique accroît la fréquence et l’intensité des événements météorologiques extrêmes.

En avril 2024, le pays a connu des pluies diluviennes sans précédent depuis 75 ans, entraînant des inondations majeures. Cette année, un record de température a été atteint en mai avec 51,6 degrés. Ces extrêmes montrent que le climat des Émirats est en mutation. Anagha se souvient d’une occasion où la pluie a surpris tout le monde, bloquant les routes et rendant impossible toute expédition. Pourtant, même face à ces défis, les chasseurs de pluie continuent de braver le désert, espérant que la prochaine averse leur apportera un fragment de leur chez-soi.

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La communauté des chasseurs de pluie

Au-delà de la simple quête météorologique, les expéditions de Mohammed Sajjad ont donné naissance à une véritable communauté. Ces sorties sont devenues un rituel social, un moment de partage et de solidarité entre expatriés. Chaque sortie rassemble des dizaines de voitures remplies de familles et d’amis, toutes unies par le même désir de revivre l’expérience de la mousson. Les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans l’organisation de ces événements, permettant à Sajjad de coordonner les rencontres et de diffuser les prévisions météo.

Ces rassemblements offrent également un espace d’échange culturel, où chaque participant peut partager des histoires, des souvenirs et des traditions. Pour beaucoup, c’est une manière de maintenir vivante leur culture et de transmettre ces souvenirs aux plus jeunes générations, nées loin de l’Inde. En outre, ces expéditions permettent d’explorer des régions moins connues des Émirats, révélant la beauté cachée de ses paysages désertiques et montagneux.

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Les défis d’une passion météorologique

Organiser de telles expéditions n’est pas sans défis. Les prévisions météorologiques dans le désert sont complexes et souvent imprévisibles. Mohammed Sajjad doit être attentif aux moindres variations climatiques pour maximiser les chances de succès. La technologie joue un rôle clé dans cette quête. Des applications météo avancées aux modèles de prévision, chaque outil est exploité pour anticiper le moment précis où la pluie pourrait tomber.

En dépit des obstacles, la passion de Sajjad pour la météorologie ne faiblit pas. Son engagement inspire de nombreux autres expatriés à s’intéresser au climat et à ses caprices. Cette passion partagée forge des liens solides au sein de la communauté indienne, transformant une simple quête de pluie en un véritable mouvement social. Les défis climatiques sont nombreux, mais ils ne font que renforcer la détermination de ces chasseurs de pluie à retrouver les plaisirs simples de leur enfance, même sous le soleil implacable du désert.

Face aux défis climatiques croissants, comment ces communautés d’expatriés pourront-elles s’adapter et préserver leurs traditions dans un environnement en constante évolution ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Agnès Pradel

Écologie, société et futurs possibles

Agnès Pradel

Agnès Pradel a été technicienne dans un bureau d'études en environnement, chargée des inventaires de faune et de flore. Elle écrit pour VivreDemain.fr sur la biodiversité, le climat et la pollution : espèces menacées, qualité de l'air et de l'eau, rapports scientifiques et politiques publiques. Elle participe chaque printemps au comptage des oiseaux de son village.