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Un « monstre » d’acier à la rescousse : l’impressionnant aimant supraconducteur de 18 mètres des États-Unis débarque en France pour ITER, le projet de fusion nucléaire du siècle

Agnès Pradel Par Agnès Pradel
3 min de lecture
Un « monstre » d’acier à la rescousse : l’impressionnant aimant supraconducteur de 18 mètres des États-Unis débarque en France pour ITER, le projet de fusion nucléaire du siècle
Illustration de l'aimant supraconducteur de 18 mètres pour le projet ITER. Image réalisée par IA.

En bref

  • Livraison réussie d’un aimant supraconducteur de 18 mètres crucial pour ITER.
  • Collaboration entre huit entreprises américaines pour construire cet exosquelette technologique.
  • Mise en place de quatre modules du solénoïde central sur le site français d’ITER.
  • Le coût d’ITER atteint 22 milliards d’euros, financé principalement par l’Union européenne.

L’ère de la fusion nucléaire semble franchir un cap décisif avec le projet ITER. Situé en France, ce réacteur à fusion ambitionne de prouver que la fusion nucléaire peut devenir une source d’énergie viable, propre et presque inépuisable. Récemment, un pas géant a été franchi avec la livraison d’un composant crucial : un exosquelette magnétique de 18 mètres de haut. Provenant des États-Unis, cet aimant supraconducteur est essentiel pour le bon fonctionnement du solénoïde central d’ITER. La structure qui l’entoure doit résister à des forces extrêmes, ce qui en fait une prouesse technologique et un exemple de collaboration internationale.

Le rôle crucial du solénoïde central dans ITER

Au cœur d’ITER, le solénoïde central joue un rôle fondamental. Composé de six modules magnétiques, chacun pesant 121 tonnes, cet aimant est responsable de l’initiation et du maintien du plasma à l’intérieur du réacteur. Le plasma, une forme d’énergie indispensable pour la fusion, doit être confiné à des températures extrêmement élevées afin de permettre la fusion des noyaux atomiques.

Pour supporter ces conditions, la structure de soutien doit être robuste. David Vandergriff, ingénieur principal à l’ORNL, souligne l’importance de cette structure, sans laquelle le solénoïde ne pourrait fonctionner correctement. Ce défi technologique a nécessité des années de recherche et développement, mobilisant les compétences de nombreuses entreprises spécialisées.

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Une collaboration transatlantique exemplaire

La réalisation de cet exosquelette a été rendue possible grâce à la coopération de huit entreprises américaines. Parmi elles, Superbolt en Pennsylvanie a développé des technologies innovantes pour assembler cette immense structure. L’un des principaux défis techniques a été la conception des 27 connecteurs verticaux, ou plaques de liaison, essentiels pour maintenir la rigidité de l’ensemble.

Ces plaques, longues de 15 mètres, devaient être réalisées en une seule pièce avec des tolérances extrêmement strictes. Freudenberg, ingénieur impliqué dans le projet, explique que ce travail a nécessité la collaboration avec des forges spécialisées, témoignant de l’ampleur du défi relevé. La précision et la qualité des matériaux utilisés ont été déterminantes pour le succès de cette entreprise.

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Le chemin vers l’assemblage final

À ce jour, quatre des six modules composant le solénoïde central ont déjà été installés sur le site ITER en France. Les deux derniers devraient être fixés d’ici la fin de l’année, marquant ainsi une étape cruciale dans la concrétisation de ce projet titanesque. Ce chantier, qui mobilise une main-d’œuvre internationale, est le fruit de dix années de travail acharné et de collaboration transdisciplinaire.

Le tableau ci-dessous résume les contributions majeures des entreprises américaines impliquées :

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Entreprise Contribution
Superbolt Technologie de fixation
Freudenberg Conception des plaques de liaison

ITER : un projet ambitieux et controversé

Le projet ITER, réunissant 35 pays, est une entreprise de grande envergure visant à démontrer la faisabilité de la fusion nucléaire d’ici 2040. Ce réacteur espère produire 500 MW à partir de 50 MW injectés, un exploit qui pourrait révolutionner notre manière de produire de l’énergie. Cependant, ce projet, en construction à Saint-Paul-lez-Durance, a fait face à de nombreux défis, notamment des retards et des dépassements budgétaires.

Son budget initial, estimé à 5 milliards d’euros, a désormais atteint 22 milliards d’euros. L’Union européenne finance 45,6 % de ce projet, tandis que les autres membres, dont la Chine, l’Inde, le Japon, et les États-Unis, participent à hauteur de 9,1 % chacun. Malgré ces obstacles, ITER reste un symbole d’espoir pour une énergie propre et durable.

Alors que le projet ITER progresse, il soulève une question fondamentale : comment cette avancée technologique influencera-t-elle notre avenir énergétique et nos efforts pour lutter contre le changement climatique ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Agnès Pradel

Écologie, société et futurs possibles

Agnès Pradel

Agnès Pradel a été technicienne dans un bureau d'études en environnement, chargée des inventaires de faune et de flore. Elle écrit pour VivreDemain.fr sur la biodiversité, le climat et la pollution : espèces menacées, qualité de l'air et de l'eau, rapports scientifiques et politiques publiques. Elle participe chaque printemps au comptage des oiseaux de son village.