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« Nouveau sommet atteint » : cette sculpture géante catapulte ce pays en leader mondial de l’impression 3D

Jessica Roux Par Jessica Roux
4 min de lecture
« Nouveau sommet atteint » : cette sculpture géante catapulte ce pays en leader mondial de l’impression 3D
Les cubes d'art installés à 7 000 mètres de profondeur près de la fosse des Mariannes symbolisent l'union de l'innovation technologique et de la créativité artistique.
EN BREF
  • Œuvre d’art profonde : Installation à 7 000 mètres sous les mers près de la fosse des Mariannes.
  • Technologie avancée : Utilisation de la technique d’impression 3D LAPIS pour résister aux pressions extrêmes.
  • Collaboration internationale : Projet réalisé avec l’artiste Lakshmi Mohanbabu, l’université NTU et NuStar.
  • Art et science : Intégration des cubes dans un système de surveillance sismique sous-marin.

À travers une initiative audacieuse, Singapour s’est lancé dans l’une des entreprises les plus extraordinaires du monde de l’art et de la technologie. En associant expertise scientifique et créativité artistique, le pays a installé une œuvre d’art à 7 000 mètres sous les mers, établissant un record inédit. Cette aventure, menée en collaboration avec l’artiste Lakshmi Mohanbabu, l’université NTU et l’entreprise NuStar, souligne l’évolution des frontières de l’art contemporain, tout en intégrant des objectifs de surveillance sismique. Cette fusion inattendue entre art et science suscite l’intérêt et l’admiration des passionnés du monde entier.

Un projet artistique d’une profondeur inédite

Le projet, qui consiste à déposer trois cubes métalliques non loin de la fosse des Mariannes, marque un tournant dans l’histoire de l’art et de la science. Chacun de ces cubes, mesurant 10 centimètres de côté, a été minutieusement conçu pour résister à la pression abyssale. Ils portent des motifs gravés visibles depuis des caméras déployées à grande profondeur, reflétant des thèmes universels tels que la création, l’énergie et le temps. Ces motifs, aux noms évocateurs tels que Dromenon, Primary et Nautilus, ne sont pas que de simples décorations : ils incarnent une vision artistique qui transcende les limites traditionnelles.

Les couleurs des cubes, allant du bleu aigue-marine au rouge vif, ne sont pas anodines. Le cube peint en violet et bleu représente les mystères de l’océan, tandis que celui en rouge et blanc symbolise la collaboration entre Singapour et le Japon. Cette œuvre d’art, bien plus qu’un simple exploit technique, devient un symbole de coopération internationale et d’innovation artistique.

Les cubes immergés dans l'océan arborent des couleurs violettes et bleu aigue-marine, ainsi que bleu océan et orange, symbolisant les nuances changeantes de la terre, les mystères insondables des profondeurs marines et l'immensité infinie de l'univers. Le cube rouge et blanc (R) évoque les drapeaux de Singapour et du Japon, soulignant la coopération entre ces deux pays.

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Des prouesses technologiques au service de l’art

L’innovation technologique est au cœur de ce projet ambitieux. L’un des cubes a été créé grâce à une méthode unique d’impression 3D développée par l’université NTU : la technique LAPIS. Cette méthode révolutionnaire consiste à superposer 80 feuilles ultra-fines d’acier inoxydable, fusionnées pour former une structure capable de résister à la pression écrasante des profondeurs marines.

La technologie LAPIS offre une résistance 70 % supérieure à l’acier classique, permettant aux cubes de supporter des pressions équivalentes au poids d’un Airbus A380 sur une boîte de la taille d’une chaussure. Cette avancée technologique ouvre de nouvelles perspectives pour l’impression 3D, non seulement dans le domaine artistique, mais également dans des secteurs tels que l’aéronautique, l’énergie et la marine. La résilience et la précision de cette technologie en font un outil essentiel pour les défis de demain.

Une reproduction de la première installation mondiale en milieu marin profond, positionnée près de la fosse des Mariannes, au large du Japon. Source : NTU Singapore

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Art et science : une mission sismique

Au-delà de sa dimension artistique, l’installation de ces cubes sous-marins a également une vocation scientifique. En partenariat avec JAMSTEC, l’agence japonaise d’exploration marine, les cubes ont été intégrés à un système d’alerte aux séismes sous-marins. Fixés à un dispositif de surveillance appelé LTBMS, ils permettent de mesurer en temps réel les mouvements des plaques tectoniques.

Ce projet démontre comment l’art peut contribuer à des avancées scientifiques significatives. La collaboration entre NuStar Technologies et les chercheurs japonais incarne une symbiose entre créativité et expertise technique. En capturant des images des cubes grâce à une caméra ultra-profonde, ce projet prouve que l’art et la science peuvent coexister harmonieusement, enrichissant notre compréhension du monde naturel et de ses phénomènes.

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Vers de nouveaux horizons : l’art entre l’espace et les abysses

Cette initiative n’est pas la première incursion de Lakshmi Mohanbabu dans des territoires inattendus. En 2022, deux de ses œuvres ont été envoyées dans l’espace à bord de la Station spatiale internationale. Avec cette nouvelle installation, Singapour devient le premier pays à posséder une œuvre d’art à la fois dans l’espace et dans les abysses, un exploit remarquable qui souligne l’ambition artistique sans frontière du pays.

Ce projet ouvre la voie à de nouvelles collaborations internationales et à des explorations artistiques audacieuses. En repoussant les limites de l’art traditionnel, il incite d’autres artistes et scientifiques à reconsidérer les possibilités offertes par la fusion de ces deux disciplines. Quelle sera la prochaine destination pour l’art de Lakshmi Mohanbabu et ses collaborateurs ? La Lune, peut-être, comme annoncé pour 2025.

Ce projet monumental, situé à l’intersection de l’art et de la science, soulève des questions fascinantes sur l’avenir de ces disciplines. Comment d’autres pays et artistes pourraient-ils s’inspirer de cette initiative pour créer des œuvres qui défient les limites actuelles ? Quelle sera la prochaine frontière à explorer pour cette alliance entre art et technologie ?

Jessica Roux

Écologie, société et futurs possibles

Jessica Roux

Jessica Roux a été chargée d'études dans un observatoire régional de la santé avant de se consacrer à l'écriture. Elle suit pour VivreDemain.fr la société, la santé, l'alimentation, le développement durable et le recyclage, en s'appuyant sur les études publiées et les données publiques. Elle composte ses déchets depuis quinze ans dans un petit jardin de Tours.