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Jacobabad, la ville surchauffée de 50°C, pourrait mourir de soif par le gel de 66 millions $ décidé par Trump

Jessica Roux Par Jessica Roux
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Jacobabad, la ville surchauffée de 50°C, pourrait mourir de soif par le gel de 66 millions $ décidé par Trump
Des habitants de Jacobabad, au Pakistan, rassemblés autour de la station de pompage, une ressource vitale menacée par la suspension de l'aide financière américaine.
EN BREF
  • Jacobabad, l’une des villes les plus chaudes au monde, subit des températures dépassant régulièrement les 50 degrés Celsius.
  • La suspension de l’aide américaine menace l’accès à l’eau potable pour ses habitants, gérée par l’ONG HANDS.
  • La pluviométrie dans le Sindh a chuté de 52 %, aggravant la situation de sécheresse modérée prévue.
  • Le Pakistan est fortement impacté par le changement climatique, malgré sa faible contribution aux émissions mondiales.

Jacobabad, située dans la province méridionale du Sindh au Pakistan, est l’une des villes les plus chaudes au monde. Avec des températures estivales dépassant régulièrement les 50 degrés Celsius, la ville est en première ligne des effets dévastateurs du changement climatique. Cependant, un autre défi majeur menace la survie de ses habitants : la suspension de l’aide américaine qui pourrait priver cette ville d’eau potable. Cette situation met en lumière les conséquences dramatiques des décisions politiques internationales sur des populations vulnérables.

Jacobabad et ses températures extrêmes

Jacobabad est célèbre pour ses températures extrêmes. En été, le mercure dépasse fréquemment les 50 degrés Celsius, transformant la ville en un véritable fournaise. Cette situation est exacerbée par le changement climatique, qui intensifie les vagues de chaleur, même en hiver où les températures peuvent dépasser 30 degrés Celsius. Ces conditions climatiques rigoureuses compliquent la vie quotidienne des habitants et augmentent la demande en eau. La chaleur accablante rend l’accès à une eau potable et sûre non seulement vital, mais urgent. Les infrastructures locales peinent à répondre à cette demande croissante, surtout lorsque les ressources sont limitées.

L’impact des températures extrêmes ne se limite pas à l’inconfort physique. Il affecte la santé publique, avec une augmentation des cas de déshydratation et de maladies liées à la chaleur. De plus, l’agriculture, principale source de subsistance pour de nombreux habitants, souffre également, menaçant la sécurité alimentaire de la région. Ainsi, la situation climatique à Jacobabad est un exemple frappant de la manière dont le changement climatique peut exacerber les vulnérabilités existantes.

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L’importance de l’aide américaine

En 2012, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a joué un rôle crucial en débloquant 66 millions de dollars pour mettre en place une station de pompage et de filtration d’eau à 22 kilomètres de Jacobabad. Cette initiative a transformé la vie des habitants en fournissant un accès à une eau potable propre et abordable. Avant cela, les habitants devaient se contenter de petites citernes tirées par des ânes, vendant de l’eau souvent contaminée à des prix exorbitants. Grâce à cette station, 350 000 habitants bénéficient quotidiennement de 5,6 millions de litres d’eau potable à un coût bien inférieur à celui des citernes ambulantes.

Cependant, la décision du président américain Donald Trump de geler cette aide a mis la ville dans une situation précaire. L’ONG pakistanaise HANDS, responsable de la gestion de la station, a exprimé ses inquiétudes quant à l’avenir de l’approvisionnement en eau. Sans ce soutien financier, la station pourrait cesser ses activités, laissant des centaines de milliers de personnes sans accès à une eau propre. Cette décision met en lumière la dépendance des projets humanitaires à l’égard des financements internationaux et les conséquences désastreuses lorsque ces financements sont interrompus.

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Les conséquences de la suspension de l’aide

La suspension de l’aide américaine a des répercussions immédiates et graves pour Jacobabad. Selon Cheikh Tanvir Ahmed, dirigeant de l’ONG HANDS, la décision a été un véritable coup de théâtre, annonçant des temps difficiles pour une ville déjà éprouvée par des conditions climatiques extrêmes. La situation est d’autant plus critique que la pluviométrie dans la région a chuté de 52 % par rapport à la moyenne, selon les autorités locales. Cette diminution des précipitations aggrave la sécheresse et renforce la dépendance de la ville vis-à-vis des infrastructures de pompage et de filtration.

Les conséquences sociales et économiques sont également significatives. Avec l’arrêt potentiel de la station, des emplois sont en jeu, et l’ONG a déjà dû mettre 47 employés au chômage technique. Les habitants, qui utilisaient l’eau pour des usages domestiques essentiels, pourraient être contraints de retourner à des sources d’eau contaminées, augmentant les risques pour la santé. Cette situation souligne la fragilité des projets d’aide et la nécessité d’un engagement durable pour assurer leur viabilité à long terme.

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Aspect Avant l’aide américaine Après l’aide américaine
Source d’eau Citernes tirées par des ânes Station de pompage et de filtration
Coût de l’eau Élevé 1,50 euro par mois
Qualité de l’eau Souvent contaminée Potable et propre

Le rôle du changement climatique

Le changement climatique joue un rôle crucial dans la situation actuelle de Jacobabad. Le Pakistan, bien que responsable de moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est l’un des pays les plus affectés par les effets du changement climatique. Selon un rapport de l’ONG Germanwatch, le Pakistan a subi des catastrophes climatiques majeures, y compris des inondations dévastatrices qui ont touché un tiers du pays et causé des dommages estimés à près de 15 milliards de dollars.

Ces événements ont des implications profondes pour des villes comme Jacobabad, où les infrastructures sont déjà mises à rude épreuve. Le changement climatique exacerbe les conditions extrêmes, rendant la gestion des ressources en eau encore plus complexe. Alors que les précipitations diminuent, la demande en eau augmente, créant un cercle vicieux qui menace la durabilité des ressources locales. Cette dynamique met en évidence la nécessité de solutions globales pour atténuer les impacts du changement climatique et soutenir les communautés vulnérables.

Face à ces défis, une question se pose : comment la communauté internationale peut-elle mieux soutenir les régions vulnérables comme Jacobabad pour assurer un accès durable à l’eau potable tout en atténuant les effets du changement climatique ?

Jessica Roux

Écologie, société et futurs possibles

Jessica Roux

Jessica Roux a été chargée d'études dans un observatoire régional de la santé avant de se consacrer à l'écriture. Elle suit pour VivreDemain.fr la société, la santé, l'alimentation, le développement durable et le recyclage, en s'appuyant sur les études publiées et les données publiques. Elle composte ses déchets depuis quinze ans dans un petit jardin de Tours.