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Permaculture urbaine : ce petit jardin lui permet de récolter 300 kg de légumes !

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Jardin de Joseph Chauffrey

Comment récolter 300 kg de fruits et légumes dans un potager de 25 m² et un verger ? Joseph Chauffrey vous invite dans son jardin urbain !

Avec son jardin de 150 m², Joseph Chauffrey est une “star” du monde de la permaculture en France. Avec une surface cultivée de moins de 40 m², cet habitant d’une ville située près de Rouen a prouvé qu’il était possible d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour 2 adultes, du moins en légumes (et à terme en fruits). Grâce à une optimisation de la surface de son jardin, Joseph démontre que des alternatives sont possibles pour produire autrement et que la productivité sur une micro-surface urbaine peut être importante.

Intrigués par sa façon d’aménager son jardin et sa capacité à récolter de grandes quantités de légumes, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer Joseph Chauffrey pour qu’il nous en dise plus sur sa méthode, ainsi que son avis sur la possibilité d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Joseph Chauffrey

Joseph Chauffrey

Après des études en environnement, 10 ans de travail dans une collectivité en charge des questions liées au jardinage durable, et l’obtention du CCP (Cours Certifié de Permaculture), Joseph Chauffrey se spécialise depuis quelques années sur les techniques de jardinage en milieu urbain ou sur micro surfaces. Il expérimente de nombreuses techniques dans son petit jardin à Sotteville-lès-Rouen (76) avec des cultures verticales, sur bottes de paille, associations…, dont beaucoup donnent des résultats très encourageants.

Se rendre sur sa page Facebook: Joseph Chauffrey Jardin urbain Permaculture

Est-il possible de vous nourrir vous et votre famille, avec un jardin de petite taille ? Comment faites-vous ?

La réponse est OUI, il est possible de se nourrir en légumes pour deux adultes sur cette surface cultivée (surface du potager : 25 m²; surface du verger : environ 12 m²). Il faut néanmoins mettre un bémol à cela car nous ne mangeons pas tous nos repas à la maison (comme tout le monde). Certains repas sont pris ailleurs qu’à la maison, au boulot, chez des amis… Ce qui est sûr c’est qu’avec notre mode de vie, les 300 kg de légumes que nous récoltons nous suffisent à passer l’année.

J’ai calculé que sur 1 an, nous mangeons un peu plus de 1000 repas à la maison (1 repas = 1 personne, si nous mangeons à 2 je compte 2 repas). Les autres repas sont pris à l’extérieur. Donc 1000 repas pour 300 kg de légumes cela représente environ 300g de légumes par assiette et par repas, ce qui est un chiffre tout à fait correct. Nous avons même aujourd’hui un peu trop de légumes en période estivale, que nous donnons aux voisins, famille, amis…

Ce sont les soins apportés aux légumes et les techniques de cultures “bio-intensives” qui permettent d’augmenter les rendements au m² tout en améliorant notre environnement (cultures verticales, chevauchement des cultures, densifications…).

Pour les fruits, l’autonomie est pour le moment loin d’être atteinte car les fruitiers sont jeunes. La production de fruits est encore négligeable en raison de la plantation récente de l’ensemble des arbres et arbustes fruitiers. Mais j’ai bon espoir, que d’ici 5 ans, nous soyons presque autonome (il y aura toujours quelques clémentines ou oranges que nous irons acheter au marché).

Donc pour résumer, l’autonomie en fruits et légumes, pour 2 personnes, sur environ 50 m² cultivé me semble possible, ou presque possible (à quelques productions près). Mais attention, cela ne veut pas dire que nous sommes autonome d’un point de vue alimentaire ! Nous ne pourrons jamais être autonome en céréales, en viandes, etc… sur une si petite surface… à moins de changer radicalement de régime alimentaire.

Pensez-vous qu’il soit possible d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, par exemple au sein d’une ville de taille moyenne ?

Les potagers urbains, à mon sens, ne peuvent venir qu’en complément des cultures réalisées à l’extérieur des villes. Je pense qu’il ne faut pas opposer ces deux types d’agricultures, elles sont complémentaires.

Je crois que quand une agglomération comme Albi se lance le défi de conquérir son autosuffisance alimentaire, c’est quelque chose d’envisageable. Car bien souvent, sur le territoire d’une agglomération, il y a des espaces agricoles de grande taille. Il ne s’agit pas de tout cultiver en “centre ville” mais bien sur un territoire géographie rapproché. Et là je trouve que cela à du sens.

Mais finalement, si ce territoire rapproché n’est pas celui strictement d’une commune ou d’une agglomération, mais celui d’un département par exemple, cela rend les choses parfaitement réalisable, et par ailleurs totalement vertueux ! Ne nous imposons pas non plus des contraintes inutiles en voulant réduire au maximum le “territoire d’autonomie” !

Mais globalement, je pense que ce travail qui consiste à vouloir limiter les déplacements de nourriture a du sens, mais il faut en parallèle travailler sur le changement de nos habitudes de consommation. Les légumes à la bonne saison, les légumes locaux, moins de viandes, moins de fruits exotiques, etc…

Pour finir, je vous présente mon nouveau livre : “Mon petit jardin en permaculture, durable, esthétique et productif” aux éditions Terre Vivante ! J’y présente certains principes de permaculture et y donne des solutions accessibles à tous pour rendre un petit jardin ultra-productif et foisonnant de biodiversité.

Mon petit jardin en permaculture, de Joseph Chauffrey

Pour acheter un livre dédicacé directement auprès de Joseph, vous pouvez le contacter sur son mail : [email protected]

Les règles d’or de Joseph pour son jardin

  • Un sol vivant, paillé presque tout au long de l’année
  • La pratique du “compostage de surface” et du compostage en bac
  • Une diversité maximale au jardin (diversité de milieux, de faune, de flore, d’interactions…)
  • La recherche d’un maximum de connexions fonctionnelles bénéfiques
  • Un travail du sol très limité. Aucun retournement et utilisation de la grelinette sur certaines parcelles en début de saison
  • Aucune utilisation de produits phytosanitaires, à l’exception, ponctuellement, de Ferramol / bouillie bordelaise / souffre / savon noir et différents purins (prèle, ortie…)
  • Un “jardinage par soustraction” où le “désherbage conventionnel” n’existe plus

Fruit du jardin de Joseph Chauffrey

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