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Réchauffement climatique: le vol Paris-New York risque d’être plus long

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Alors que les vents d’Ouest en haute altitude se renforcent, dans le futur, la vitesse des avions sera réduite dans l’autre sens. Le fautif ? Le réchauffement climatique.

D’après des chercheurs britanniques, le renforcement des vents d’Ouest en haute altitude réduira la vitesse des avions allant d’Europe vers Amérique du Nord. Selon leurs estimations, les liaisons transatlantiques seront allongées d’années en années puisque la diminution du temps de vol au retour ne compensera pas le retard accumulé à l’aller.

Pour Paul Williams, de l’université de Reading au Royaume-Uni, tout est une question de force des vents. Alors que le jet-stream souffle d’Ouest en Est, il réduit le temps de trajet vers l’Europe mais l’augmente en direction de l’Amérique. Pour preuve, la durée d’un vol est de moins de 5 heures et demie avec un vent fort de New York à Paris par exemple, et de 7 heures avec un fort vent de face de Paris à New York. Or, les changements de températures que connait la planète influent également sur les vents.

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Crédit photo: Paul Williams, Environmental Research Letters

L’explication: Ce graphique représente les vents au-dessus de l’Atlantique à l’altitude des vols commerciaux, avec leur direction et leur vitesse. La première image représente la situation à l’ère préindustrielle, et la seconde indique les prévisions des chercheurs à l’avenir, lorsque la concentration en gaz carbonique sera deux fois plus élevée. Les lignes noires montrent le trajet des avions qui suivent la route la plus courte entre l’aéroport Heathrow, à Londres (LHR), et l’aéroport JFK, à New York.

L’aller-retour Paris-New York sera en moyenne plus long

D’après les calculs des scientifiques, les vols vers Paris (ou Londres dans ce cas) seront en moyenne raccourcis de 4 minutes alors que les voyages vers l’Amérique seront allongés de 5 minutes et 18 secondes, soit, pour l’Aller-Retour, une augmentation d’1 minute 18. Autrement dit, à l’avenir, les vols vers l’Amérique auront deux fois plus de chance de dépasser 7 heures, soit une augmentation de 2000 heures de vol chaque année.

Tout logiquement, la consommation de kérosène augmentera en conséquence. Toujours d’après les calculs de Paul Williams, elle devrait se chiffrer à 21.000 tonnes supplémentaires de carburant. Aussi, elle devrait s’accompagner d’un supplément d’emission de CO2 annuel de 70.000 tonnes. Un cercle vicieux peu réjouissant pour la planète est en marche.

Crédit photo principale : Flickr – Andrés Nieto Porras

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