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197 pays disent « non » aux HFC, de puissants gaz à effet de serre

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Accord sur le protocole de Montreal à Kigali

197 pays viennent d’éviter une élévation de 0,5 degré de la température à la surface de la Terre d’ici 2100, en interdisant les HFC !

Le combat pour la sauvegarde de ce qu’il reste de notre environnement est plus que jamais au cœur de toutes les rencontres politiques ou privées. En effet, la planète va mal, et son état ne cesse d’empirer. Pour endiguer ce phénomène, des mesures sont prises chaque jour, notamment visant à démocratiser les énergies propres au détriment des fossiles très polluantes, mais également en proposant des substituts alternatifs aux produits chimiques toxiques dont foisonnent les objets de notre quotidien. Connu pour être l’un des gaz à effet de serre les plus puissants actuellement utilisés dans l’industrie, les HFC (ou hydrofluorocarbures) viennent de voir leur avenir condamné à Kigali au Rwanda, dans 197 pays.

Une COP21 morose, le Protocole de Montréal au top

Ce n’est pas un secret de polichinelle, que la COP21 n’a pas connu un franc succès. En effet, un an presque après l’évènement entourant l’introduction et la ratification par les états de cet accord visant à réduire la part de pollution des pays les plus pollueurs du globe, rien ou presque n’a été fait. Les financements promis aux pays fortement touchés par les conséquences du réchauffement climatique se font toujours attendre… Pire, les états les plus dévastateurs de l’environnement n’ont même pas tous signé l’œuvre de Laurent Fabius et Ségolène Royal.

Aux résultats plutôt mitigés, proche du fiasco diplomatique et politique, la COP21 se voit aidée dans ses réelles motivations par un accord vieux de 29 ans, le Protocole de Montréal. Adopté en 1987, le protocole en question vient donc à la rescousse de la COP21, en adoptant une motion visant à faire disparaître l’un des gaz à effet de serre les plus nocifs, les HFC. Un maigre retour en 1987 nous permet de savoir que ce protocole ratifié et signé par bon nombre de pays puissants, vise à protéger la couche d’ozone des hautes couches de l’atmosphère.

Accord sur le protocole de Montreal à Kigali

Crédit photo: Flickr – Paul Kagame

Les vilains HFC, que leur reproche-t-on ?

Abréviation de “hexafluorocarbone”, les HFC sont parmi les principaux substituts des chlorofluorocarbones (CFC). Tous deux sont des gaz utilisés dans les systèmes réfrigérants et à production de froid, notamment les climatiseurs, réfrigérateurs, congélateurs… Le réel tort que l’on puisse incomber aux HFC et donc par ricochet au CFC, est que la molécule de Chlore entrant dans sa composition rongeait l’ozone, et à terme créa ce trou béant dans la couche de l’atmosphère qui nous protège des rayonnements solaires nocifs. Cependant, conscients du danger encouru par l’utilisation des CFC, (alertés par les scientifiques) les industriels l’ont remplacé il y a quelques années par les HFC. Ce fut une mesure louable, puisque selon les derniers relevés liés à l’état de santé de la couche d’ozone, le trou béant qu’il comportait se résorbe, les chercheurs prédisent même qu’il disparaîtra totalement dans la seconde moitié du siècle actuel.

C’est magnifique vu ainsi, tout le monde est content, sauf qu’il y a un “mais”. En effet, si les HFC sont moins nocifs pour l’ozone comparés aux CFC, ceux-ci sont plus dangereux pour notre climat, puisque disposant d’un pouvoir de réchauffement 14.000 fois supérieur à celui du CO2, et tributaire de 20% du total des gaz à effet de serre dont l’impact se fait ressentir sur notre environnement. Les HFC sont si nocifs que l’Institut de Berkeley aux États-Unis a évalué la hausse des températures à la surface de notre planète de l’ordre du demi degré Celsius.

Hausse des hfc, accord de Kigali

C’est peu direz-vous, mais suffisant pour accélérer la fonte des glaces et favoriser l’élévation du niveau de la mer. C’est principalement ce gaz que le nouvel alinéa du Protocole de Montréal vient enterrer.

Bye bye aux HFC

Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, des négociateurs se sont entendus à Kigali au Rwanda, à mettre en application des mesures pour éliminer progressivement les HFC des systèmes de réfrigération actuellement proposés par les industriels. Ainsi, les HFC devront être bannis de nos appareils réfrigérants. Ainsi, nos frigos et congélateurs, climatiseur d’habitat, de bureau ou de véhicule, devraient dans les mois et années à venir, être gazés par de nouveaux réfrigérants. Fonctionnant aux hydrocarbures, au dioxyde de carbone, à l’ammoniac, à l’eau et à des substances chimiques de synthèse appelées hydrofluoroléfines (HFO), ces nouveaux réfrigérants devraient être utilisés dans les pays les plus développés dès 2019, puis les puissances émergentes (Chine, Afrique du Sud, Russie, Brésil) suivront en 2024.

L’Inde, quelques sous-puissances et un parterre de pays du tiers monde, devraient normalement suivre en 2028, l’objectif global étant à terme de réduire de 85% la proportion de HFC encore utilisés dans les pays riches d’ici 2036 voire 2047. Concrètement, des scientifiques parlent de 72 milliards de tonnes équivalentes de CO2 non libérées vers l’ozone d’ici à 2050, et un espoir d’éviter une élévation globale des températures de 2°C d’ici la fin du siècle, comme le prévoit l’accord de Paris.

Crédit photo principale : Flickr – Paul Kagame/a>

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