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« Ils vont ramener les géants disparus » : ce projet choquant prévoit de ressusciter les moas de Nouvelle-Zélande grâce aux dernières avancées en génétique

Bastien Rouquette Par Bastien Rouquette
4 min de lecture
« Ils vont ramener les géants disparus » : ce projet choquant prévoit de ressusciter les moas de Nouvelle-Zélande grâce aux dernières avancées en génétique
Illustration de la résurrection des moas géants de Nouvelle-Zélande, générée par intelligence artificielle.
EN BREF
  • Colossal Biosciences vise à « ressusciter » les moas géants de Nouvelle-Zélande, disparus il y a 600 ans.
  • L’entreprise collabore avec des groupes autochtones et des scientifiques pour séquencer les génomes des neuf espèces de moa.
  • Peter Jackson soutient le projet avec un financement de 15 millions d’euros, reflétant son intérêt pour l’avifaune disparue.
  • Le projet soulève des questions éthiques et scientifiques sur l’impact de la dé-extinction sur les écosystèmes actuels.

Colossal Biosciences, une entreprise déjà connue pour ses efforts de dé-extinction des mammouths laineux et des dodos, se lance dans un nouveau projet audacieux : la résurrection des moas géants de Nouvelle-Zélande. Ces oiseaux incapables de voler, qui mesuraient jusqu’à 3,5 mètres de haut, ont disparu il y a environ 600 ans après l’arrivée des Polynésiens. Aujourd’hui, ces créatures majestueuses ne sont plus que des souvenirs, symboles d’un patrimoine naturel perdu. Cependant, avec l’appui de la communauté scientifique et des groupes autochtones, Colossal espère redonner vie à ces géants disparus, ravivant ainsi le débat sur la faisabilité et l’éthique de telles entreprises.

Une étape cruciale

Pour mener à bien ce projet ambitieux, Colossal Biosciences collabore étroitement avec des groupes autochtones, des scientifiques et d’autres experts. L’entreprise a déjà établi un partenariat avec le Ngāi Tahu Research Centre de l’Université de Canterbury en Nouvelle-Zélande. Leur objectif immédiat est de séquencer les génomes des neuf espèces de moa à partir des ossements de la collection du centre. La recréation des moas utilisera la même technique que celle employée dans d’autres projets de dé-extinction, en modifiant le génome de leurs plus proches parents vivants. Dans le cas des moas, il s’agit des tinamous d’Amérique centrale et du Sud ou de l’émeu australien. Colossal espère compléter les premiers génomes d’ici l’été 2026.

Pour comprendre ce qui rendait le moa génétiquement unique, le chef scientifique de Colossal, Beth Shapiro, a indiqué que les séquences ADN du moa seront comparées aux génomes d’espèces d’oiseaux existantes. Cette approche innovante soulève des questions fascinantes sur la manière dont la science moderne peut redéfinir notre compréhension de la biodiversité et de la conservation.

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Débats et enjeux

Le projet de résurrection des moas de Colossal Biosciences a suscité un vif intérêt, notamment en raison des défis uniques posés par la dé-extinction des oiseaux. Contrairement aux mammifères, les embryons d’oiseaux se développent à l’intérieur des œufs, rendant la technique de transfert embryonnaire bien différente de la FIV utilisée pour les mammifères. Une partie du financement, à hauteur de 15 millions d’euros, provient du célèbre réalisateur Peter Jackson, qui possède l’une des plus grandes collections privées d’os de moa. Son partenariat souligne l’attrait durable de ces créatures disparues.

Malgré l’enthousiasme suscité, de nombreux scientifiques de la conservation restent sceptiques. Ils soulignent que la création d’un animal ressemblant à un espèce éteinte ne garantit pas le retour de ses comportements complexes et de son rôle écologique. La question demeure : la dé-extinction est-elle une véritable avancée pour la conservation de la faune ou détourne-t-elle des ressources essentielles des efforts de protection des espèces en danger ?

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Avancées technologiques

Colossal a déjà prouvé son expertise dans l’entification des différences génétiques entre les loups gris et les loups géants disparus, en utilisant la technologie CRISPR pour modifier les cellules sanguines de loups gris vivants. Cette approche a abouti à la naissance de louveteaux présentant des traits du loup géant, tels que de longs poils blancs et des mâchoires musclées. Ces avancées montrent comment la science moderne peut repousser les limites de ce qui est possible en matière de génétique et de conservation.

La technologie CRISPR, bien que prometteuse, soulève également des préoccupations éthiques. Les implications d’une telle manipulation génétique sur les écosystèmes actuels ne sont pas entièrement comprises, et le débat sur l’éthique de la dé-extinction est loin d’être clos. La question de savoir si ces créatures peuvent réellement s’intégrer dans les écosystèmes actuels reste en suspens.

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L’avenir de la conservation

Alors que le projet moa avance, il devient une étude de cas fascinante sur l’impact de la technologie moderne sur la conservation de la faune. Les critiques soulignent que, bien que la résurrection d’espèces disparues soit une idée séduisante, elle ne doit pas se faire au détriment des efforts de conservation des espèces existantes. Préserver notre biodiversité actuelle devrait rester une priorité, même si les projets de dé-extinction continuent de captiver l’imagination du public et des scientifiques.

La question ultime est de savoir si ces technologies peuvent être utilisées de manière éthique et durable pour enrichir notre compréhension et notre préservation du monde naturel. Alors que nous avançons dans cette ère de progrès scientifique sans précédent, comment pouvons-nous équilibrer innovation et responsabilité écologique ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Bastien Rouquette

Écologie, société et futurs possibles

Bastien Rouquette

Bastien Rouquette est ingénieur en génie énergétique et a travaillé dans un bureau d'études spécialisé dans les bâtiments basse consommation. Il écrit pour VivreDemain.fr sur les énergies renouvelables, les transports, les économies d'énergie et l'architecture durable. Il se rend au travail en train et à vélo pliant.