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Architecture

Cette prouesse française entre dans l’histoire : après 207 ans, une variante révolutionne enfin cette invention clé pour la rendre plus verte

Agnès Pradel Par Agnès Pradel
4 min de lecture
Cette prouesse française entre dans l’histoire : après 207 ans, une variante révolutionne enfin cette invention clé pour la rendre plus verte
Illustration de l'innovation du béton auto-réparant intégrant des bactéries et champignons (création par IA, illustration non réaliste).
EN BREF
  • Découverte révolutionnaire : un béton vivant capable de s’auto-réparer grâce à des bactéries et champignons.
  • Réduction de l’empreinte carbone : une alternative écologique aux matériaux de construction traditionnels.
  • Utilisation du mycélium : le mycélium de Neurospora crassa sert de base pour créer des structures complexes et résistantes.
  • Potentiel architectural : vers des bâtiments capables de s’auto-entretenir et d’interagir avec leur environnement.

Depuis l’invention du ciment artificiel par Louis Vicat en 1817, le secteur de la construction a beaucoup évolué, notamment avec l’émergence de nouvelles technologies. Cependant, l’impact environnemental de ces matériaux reste une préoccupation majeure. Une équipe de chercheurs américains a récemment fait une découverte révolutionnaire : un béton « vivant » capable de s’auto-réparer. Une avancée qui pourrait transformer radicalement le paysage architectural tout en réduisant l’empreinte écologique de la construction.

La découverte d’un béton capable de s’auto-réparer

Le béton auto-réparant, mis au point par l’université d’État du Montana, repose sur l’utilisation de bactéries et de champignons. Ce matériau innovant présente une durabilité impressionnante, étant capable de rester fonctionnel pendant plus d’un mois. Cette caractéristique ouvre la voie à des applications variées, telles que la réparation automatique des structures, la dépollution des environnements urbains et l’amélioration de la résilience architecturale.

En intégrant des organismes vivants, ce béton offre une solution prometteuse pour prolonger la durée de vie des bâtiments tout en limitant les besoins en maintenance. Toutefois, la véritable innovation réside dans sa capacité à s’adapter aux conditions extérieures et à réparer de manière autonome les microfissures. Une avancée qui pourrait bien redéfinir les normes de durabilité et de résilience dans le secteur de la construction.

Neurospora crassa se nourrissant de matières végétales (crédit : Vincent Wu/JGI).

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Le mycélium de Neurospora crassa : un allié inattendu

Le cœur de cette innovation réside dans l’utilisation du mycélium de Neurospora crassa, couramment appelé « moisissure du pain orange ». Ce réseau de filaments fongiques sert d’échafaudage biologique, autour duquel se développe le béton vivant. Grâce à ce procédé, les structures internes deviennent aussi complexes qu’organisées, rappelant la géométrie de l’os cortical.

La minéralisation par des bactéries permet de transformer ces structures en un matériau semblable à du ciment naturel. Le résultat est un béton léger, modulaire, et surtout, capable de s’auto-réparer. Cette propriété unique pourrait bouleverser la manière dont nous concevons les bâtiments, en rendant possible la création de murs porteurs et d’autres éléments architecturaux à partir de matériaux biologiques.

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Réduire l’empreinte carbone du secteur de la construction

Le secteur de la construction est responsable d’une part significative des émissions mondiales de gaz à effet de serre, en grande partie à cause de l’utilisation intensive du ciment. En France, il représente environ 23 % des émissions nationales, ce qui souligne l’urgence de trouver des alternatives plus respectueuses de l’environnement.

Le béton vivant, produit à basse température, pourrait offrir une solution partielle à ce défi. Bien qu’il ne puisse pas remplacer le béton classique dans toutes les situations, il pourrait réduire la dépendance aux matériaux à forte empreinte carbone dans les constructions légères ou modulaires. Ce matériau bio-inspiré pourrait marquer le début d’une ère où les bâtiments ne se contentent pas de ne pas nuire, mais contribuent activement à l’amélioration de leur environnement.

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Vers une industrialisation de cette innovation

Actuellement, le béton fongique n’en est qu’au stade de prototype en laboratoire. Les chercheurs sont engagés dans un processus d’optimisation qui vise à allonger la durée de vie des cellules vivantes, à renforcer la résistance mécanique de la structure, et à développer des méthodes de production à grande échelle.

Le défi consiste à maintenir les cellules vivantes tout en garantissant la stabilité et la durabilité du matériau sur le long terme. Avec les avancées rapides dans le domaine des biotechnologies, il est envisageable que ces bâtiments vivants deviennent une réalité dans un futur proche. Ces nouvelles structures pourraient alors s’adapter, s’auto-entretenir et interagir avec leur environnement, ouvrant la voie à une architecture véritablement durable.

Alors que le béton vivant continue de faire ses preuves en laboratoire, il pose une question essentielle : comment intégrer cette innovation dans les pratiques actuelles de construction tout en assurant une transition écologique efficace ?

Agnès Pradel

Écologie, société et futurs possibles

Agnès Pradel

Agnès Pradel a été technicienne dans un bureau d'études en environnement, chargée des inventaires de faune et de flore. Elle écrit pour VivreDemain.fr sur la biodiversité, le climat et la pollution : espèces menacées, qualité de l'air et de l'eau, rapports scientifiques et politiques publiques. Elle participe chaque printemps au comptage des oiseaux de son village.