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« On a frôlé la catastrophe spatiale » : ce vaisseau en forme de beignet a vécu une rentrée atmosphérique infernale après un changement de trajectoire

Bastien Rouquette Par Bastien Rouquette
4 min de lecture
« On a frôlé la catastrophe spatiale » : ce vaisseau en forme de beignet a vécu une rentrée atmosphérique infernale après un changement de trajectoire
Illustration du vaisseau Phoenix d'Atmos Space Cargo lors de sa rentrée atmosphérique, symbolisant le défi technique et l'innovation spatiale.
EN BREF
  • La startup allemande Atmos Space Cargo a lancé avec succès son vaisseau spatial Phoenix, malgré un changement de trajectoire inattendu.
  • SpaceX a modifié la trajectoire de la mission Bandwagon-3, bouleversant les plans initiaux d’Atmos pour une rentrée dans l’océan Indien.
  • Le vaisseau Phoenix a amerri à 2 000 km au large du Brésil, rendant impossible sa récupération, mais a permis de collecter des données précieuses.
  • Atmos a jugé la mission très réussie et utilisera les informations recueillies pour améliorer ses futurs vaisseaux.

La startup allemande Atmos Space Cargo a récemment fait la une des journaux avec le vol inaugural de son vaisseau spatial en forme de beignet, le Phoenix. Bien que la mission ait été qualifiée de succès, elle a été marquée par un changement inattendu de trajectoire imposé par SpaceX. Cet événement a non seulement modifié le lieu de rentrée prévu de l’engin spatial, mais a aussi compliqué la récupération du véhicule. Atmos, malgré ces défis, a réussi à collecter des données précieuses qui seront cruciales pour ses futures missions. Ce premier test en condition réelle offre un regard fascinant sur les défis techniques et logistiques des missions spatiales contemporaines.

Une mission bouleversée par SpaceX

Atmos Space Cargo a passé six mois à planifier le retour de son vaisseau Phoenix dans l’océan Indien, à l’est de Madagascar, près de l’île de la Réunion. Cette planification incluait la location de navires pour récupérer le Phoenix après son amerrissage et d’avions pour collecter des données lors de la rentrée. Cependant, la donne a changé lorsqu’un mois avant le lancement, SpaceX a informé Atmos d’une modification de la trajectoire de Bandwagon-3. Cette modification était due aux « contraintes opérationnelles » du principal satellite embarqué, un satellite de reconnaissance sud-coréen.

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En conséquence, le Phoenix a effectué son amerrissage à environ 2 000 kilomètres au large des côtes du Brésil, rendant impossible toute tentative de récupération du vaisseau. La nouvelle trajectoire a également entraîné une rentrée plus raide, soumettant le vaisseau à des charges plus élevées. Malgré ces imprévus, Atmos a qualifié le vol de réussite. Le Phoenix s’est séparé du deuxième étage du Falcon 9 environ 90 minutes après le décollage, entamant sa rentrée au-dessus de l’océan Atlantique Sud 30 minutes plus tard.

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Les objectifs d’une mission réussie

Lors d’une conférence de presse tenue le 22 avril, le PDG d’Atmos, Sebastian Klaus, a expliqué que le test en vol du Phoenix avait trois objectifs clés : recueillir des données de vol, opérer et collecter des données des charges utiles du vaisseau, et collecter des données sur le bouclier thermique gonflable du Phoenix lors de la rentrée. Klaus a affirmé que l’entreprise avait obtenu une grande quantité de données de vol, et toutes les charges utiles ont fonctionné et renvoyé des informations, ce qui constitue un succès total.

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Avant le lancement modifié de Bandwagon-3, Atmos avait installé de nouvelles stations au sol en Amérique du Sud pour communiquer avec le Phoenix lors de sa descente. Un avion avait également été affrété pour tenter de collecter des données, mais il s’est trouvé hors de portée du lieu d’amerrissage. La couverture nuageuse a également empêché Atmos de recueillir des images de la rentrée.

Analyse des données et perspectives d’avenir

Selon Klaus, l’objectif de collecte de données sur le bouclier thermique a été « partiellement réussi », bien que l’analyse des données soit toujours en cours. Certaines données suggèrent que le bouclier thermique s’est effectivement gonflé. Toutefois, la distance a rendu la collecte de données durant les derniers instants du Phoenix « très difficile ». Klaus a néanmoins qualifié la mission de « très réussie » et a ajouté que les données recueillies contribueront à améliorer le deuxième véhicule de rentrée Phoenix, dont le lancement est prévu l’année prochaine.

Il a reconnu que disposer de plus de données sur la phase critique finale du vol serait préférable, mais a souligné que l’entreprise a beaucoup appris sur les autres systèmes et aspects opérationnels. Ces enseignements seront essentiels pour la poursuite des efforts d’Atmos dans le domaine des technologies de rentrée spatiale.

Tableau récapitulatif des données clés

Élément Détail
Lieu de rentrée initialement prévu Océan Indien, près de l’île de la Réunion
Lieu de rentrée final 2 000 km au large du Brésil
Vitesse de rentrée Plus élevée en raison de la nouvelle trajectoire
Objectifs de mission Collecte de données de vol, fonctionnement des charges utiles, analyse du bouclier thermique

Le vol inaugural du Phoenix par Atmos Space Cargo a démontré les complexités inhérentes aux missions spatiales modernes, notamment lorsqu’elles sont affectées par des modifications imprévues de trajectoire. La capacité d’Atmos à s’adapter et à tirer parti des leçons apprises est un témoignage de son engagement envers l’innovation et le progrès. Alors que l’entreprise se prépare pour de futures missions, une question persiste : comment les startups spatiales peuvent-elles mieux anticiper et gérer de tels imprévus pour garantir le succès de leurs missions ?

Bastien Rouquette

Écologie, société et futurs possibles

Bastien Rouquette

Bastien Rouquette est ingénieur en génie énergétique et a travaillé dans un bureau d'études spécialisé dans les bâtiments basse consommation. Il écrit pour VivreDemain.fr sur les énergies renouvelables, les transports, les économies d'énergie et l'architecture durable. Il se rend au travail en train et à vélo pliant.