Après les changements survenus dans la Transition au Mali le 24 mai dernier, la communauté internationale a exigé des garanties quant à la tenue d’une présidentielle en février 2022 pour un retour des civils au pouvoir. Deux semaines plus tard, le Colonel Assimi Goïta promet de respecter le calendrier initial de la charte de la Transition. C’était à l’occasion d’un entretien avec une délégation de la CEDEAO, à Bamako.

Dépêchée au Mali la semaine dernière, la mission de la CEDEAO (Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest) a rencontré mardi, le Colonel Assimi Goïta au lendemain de son investiture. Le nouveau président de la transition malienne a assuré aux émissaires ouest-africains que son pays continuerait à « honorer l’ensemble de ses engagements », vis-à-vis de la communauté internationale. Il a surtout donné des gages quant à l’organisation des élections générales en février 2022 pour un retour des civils au pouvoir. Il a précisé qu’il ne se présenterait pas à la présidentielle comme l’avait réclamé la CEDEAO lors de son sommet extraordinaire sur le Mali, le 30 mai dernier. La délégation ouest africaine a le lendemain (le mercredi 9 juin) rencontré le nouveau premier ministre Choguel Maïga. Celui-ci a promis former un nouveau gouvernement d’ici dimanche et confirmé que la transition se déroulera dans les délais fixés avec une fin prévue dans neuf mois.

« Sur les points clés, nous avons été rassurés par le président de la transition et le premier ministre», a déclaré, satisfait, Jean-Claude Kassi Brou, le président de la Commission de la CEDEAO. L’envoyé spécial de l’organe, l’ex président nigérian Goodluck Jonathan a ajouté qu’il ne pense pas « qu’il y aura un conflit entre le Premier ministre et le Président », après ces rencontres franches. La CEDEAO ne lève pas pour autant la suspension du Mali de toutes ses instances. Elle a indiqué qu’il s’agit désormais de voir rapidement comment le pays revient dans l’ordre constitutionnel normal. C’est seulement à partir de ce constat que les chefs d’Etat de la zone évalueront la situation.

Quel bon candidat en février 2020 ?

Il faudra donc au nouveau pouvoir de la transition poser des actes concrets. C’est ce qu’attend la France, qui dit avoir « pris note des assurances » données par le colonel Goïta et son premier ministre Choguel Maïga. En matière de prochains actes, Bamako doit confirmer le calendrier de la transition pour préparer la présidentielle de 2022. Ce rendez-vous décisif ouvrira une nouvelle ère démocratique au Mali, mais aussi ramènera la paix et la stabilité dans le pays. Le défi sera alors de choisir le bon leader. A ce sujet, on s’attend à une flopée de candidatures compte tenu du bouleversement de la vie politique au Mali, depuis le coup d’Etat contre Ibrahim Boubacar Keita (IBK) en août 2020.

Des candidats, il y en aura de toutes sortes : des aventuriers, des opportunistes, des jeunes loups aux dents acérés, des rescapés de la vieille classe politique, des forces tranquilles, des milliardaires, etc. Il reviendra aux Maliens de cocher la bonne case. Face aux incertitudes de ces derniers mois, ils voudront sans doute à miser sur des valeurs sures. C’est-à-dire des personnalités qui ont fait leurs preuves, qui ont de l’expérience, le vécu du terrain et qui font des propositions concrètes. Pour l’heure, les sondages se font rares sur cette présidentielle. L’une des enquêtes disponibles est celle du cabinet Statix, publiée en février 2021. Elle donne le milliardaire malien Aliou Diallo favori des sondages.

Un plan Marshall pour le Mali

Le président fondateur du parti ADP-Maliba récolte 27% des votes au premier tour, devant l’ancien premier ministre Moussa Mara (17%). Suivent d’autres ex chefs de gouvernements maliens : Soumeylou Boubèye Maïga (9%), Modibo Sidibé (8%) et Cheick Modibo Diarra (8%). Aliou Diallo aurait un profil parfait en raison de son parcours politique et de ses réalisations en faveur des communautés rurales. Depuis 30 ans, le PDG d’Hydroma (seule compagnie au monde à exploiter le très vertueux hydrogène naturel) contribue à l’amélioration des conditions de vie des Maliens à travers sa fondation Maliba. Cette institution réalise des forages d’eau, des moulins, le pavage des rues, réhabilite des écoles, forme les femmes à la création d’activités économiques, etc.

Par ailleurs, Aliou Diallo serait le seul potentiel candidat à proposer un programme adapté à la situation actuelle du Mali : un pays en déliquescence comme l’était l’Allemagne d’après seconde guerre mondiale. Le riche entrepreneur a prévu un plan Marshall potentiellement doté de 15.000 milliards de Francs. Cet ambitieux plan doit impulser un développement harmonieux des régions par l’exploitation des ressources locales. Les revenus obtenus serviront à construire des infrastructures et services (écoles, universités, hôpitaux, ponts, usines, etc.). Le plan Marshall veut aussi créer des dizaines de milliers d’emplois. Ce qui permettra de mettre fin au chômage des jeunes, à l’immigration clandestine et au terrorisme. Aliou Diallo est convaincu que les armes ne résoudront pas les conflits dans le Sahel. Pour lui, le développement économique et la répartition équitable des richesses sont les deux seules solutions durables.

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