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Va-t-on vers une pénurie mondiale de fruits et de légumes ?

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Crédit photo : Sharon Pittaway - Unsplash

Selon une récente étude de l’université de Guelph, au Canada, nous pourrions connaître une pénurie mondiale de fruits et de légumes en raison du déséquilibre des productions agricoles mondiales.

Les légumes et les fruits en sous-nombre

Dans le monde, l’agriculture produit 2 200 calories par personne et par jour, si l’on tient compte du gaspillage au cours de la chaîne d’approvisionnement. En théorie, cette production est suffisante pour couvrir les besoins de tous les êtres humains. Or, les terres agricoles sont mal réparties. En effet, l’agriculture produit aujourd’hui l’équivalent de quatre parts quotidiennes de sucre, douze de céréales, cinq de fruits et légumes, trois de protéines, trois d’huiles végétales et de graisses ainsi qu’une part de produits laitiers.

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Les fruits et légumes délaissés par l’agriculture — Crédit photo : Caroline Attwood — Unsplash

Les fruits et légumes devraient constituer 50 % de notre alimentation. Seulement, ils ne représentent que 8,6 % des terres agricoles dans le monde. Et ces terres se composent à 40 % de tubercules, comme le manioc et les pommes de terre, qui sont des féculents. Les fruits et les légumes sont trop peu nombreux.

D’où vient ce décalage ?

Selon l’un des auteurs de l’étude, les céréales (et les aliments riches en carbohydrates) sont faciles à cultiver et très nutritives. Ces aliments ont été vivement encouragés pour atteindre l’indépendance alimentaire dans la plupart des pays. En France, les éleveurs bovins touchent plus de subventions que les exploitants de cultures (46 105 euros contre 34 872 euros). Et les maraîchers sont laissés pour compte avec 9 559 euros de subventions annuelles.

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Des productions agricoles déséquilibrées — Crédit photo : Blair Fraser — Unsplash

Le constat dressé par cette étude est inquiétant. En plus d’être néfaste pour notre santé, ce déséquilibre l’est aussi pour la planète. Si la production agricole se basait sur les recommandations nutritionnelles, nous pourrions économiser 51 millions d’hectares de terres agricoles. En effet, les fruits et les légumes nécessitent moins d’espace. Les chercheurs préconisent l’utilisation des technologies pour rééquilibrer les productions (fermes verticales urbaines, culture hydroponique, etc.). Mais aussi l’arrêt des subventions pour le maïs et la betterave à sucre.