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Cryothérapie corps entier: un traitement par le froid aux multiples bienfaits

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cryotherapie corps entier

Traitement naturel par le froid visant à s’immerger dans une cabine atteignant des températures extrêmes, la cryothérapie corps entier prodigue des bienfaits sur tout l’organisme.

Bien connue du monde sportif où elle est utilisée en application locale pour calmer les traumatismes comme les contusions et les claquages musculaires, les entorses ou encore les tendinites, la cryothérapie est également pratiquée corps entier (CCE) par les sportifs de tous niveaux en vue d’améliorer leur résistance physique et psychique.

Connue depuis l’Antiquité et instaurée en 1978 au Japon par le professeur Yamauchi qui créa la première unité de cryothérapie, cette technique non invasive reste toutefois accessible à tous et nombreux sont ses atouts, notamment dans la correction des processus physiologiques, la restauration de l’équilibre naturel ainsi que dans la stimulation du métabolisme et du système immunitaire.

Usitée dans le courant des années 80 en Europe du Nord, elle gagne de plus en plus de terrain en France où les centres fleurissent.

Les différents niveaux d’influence de l’accompagnement thérapeutique par le froid

Après un passage dans un premier compartiment à -10°C puis dans un second à -60°C pour habituer progressivement le corps, l’immersion démarre dans un froid extrême (entre -110°C et -140°C). Contre toute attente, ces températures restent tout à fait supportables du fait que l’air, provenant de la décompression d’azote liquide, y est sec et que l’affrontement se fait sur une très courte durée (entre 1 et 3 minutes maximum). Un équipement visant à protéger les extrémités les plus exposées est aussi indispensable: bandeau sur les oreilles, port de gants et de chaussettes. Un masque protège en outre les voies aériennes, permettant à l’air de se réchauffer avant de pénétrer dans les poumons.

Ce froid intense auquel le corps est soumis a des répercussions sur les circuits énergétiques ainsi que sur les systèmes circulatoires et nerveux. Les récepteurs sensoriels cutanés répondent à différents stimuli tels que le toucher ou la douleur, mais également les variations de température. Un signal d’alarme est alors envoyé au cerveau pour l’alerter d’une situation critique, d’un danger imminent: celui de l’hypothermie. Afin de protéger l’organisme, un “mode de survie” est alors activé, amenant à la constriction réflexe des vaisseaux sanguins, muscles et tissus périphériques et à une augmentation de la pression artérielle afin de concentrer et de faire affluer le sang vers les organes vitaux comme le cœur, le cerveau et les poumons. Instantanément enrichi en nutriments, oxygène, endorphines et enzymes, le sang gagne également au fil des séances en hémoglobine.

En fin de séance, les vaisseaux sanguins, muscles et tissus périphériques se dilatent à nouveau au contact de la température ambiante pour recevoir le sang ainsi enrichi. Un système complexe mais extrêmement bénéfique qui permet de compenser l’affaiblissement de certaines parties du corps dans l’optique de rétablir un certain équilibre physiologique. La démultiplication des réactions du corps a des effets salvateurs qui perdurent entre 6 à 8 heures.

Un puissant stimulateur psychique aux nombreux champs d’application

Le réseau lymphatique est suractivé, permettant notamment un drainage accru des excès de liquides, une détoxication corporelle et organique mais aussi une meilleure circulation des globules blancs, ce qui a pour effet d’activer la réponse immunitaire et de raviver les processus cicatriciels. Les lactates sont eux aussi mieux éliminés, favorisant la récupération musculaire.

Par ailleurs, se produisent une stimulation du système nerveux sympathique et une augmentation de la synthèse de noradrénaline, générant des effets analgésiques puissants profitables dans le soulagement des douleurs corporelles. Cet ensemble de réflexes de lutte contre le froid apporte aussi des effets vasomoteurs, anti-infectieux et anti-inflammatoires.

Des processus qui ont des effets positifs sur bon nombre de pathologies, notamment neurologiques, musculaires, articulaires et auto-immunes. Parmi celles-ci, citons: les troubles de la marche et de l’équilibre, la dépression nerveuse, les troubles anxieux, le stress, la sclérose en plaques, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, l’épilepsie, les migraines, l’insomnie, les troubles de déficit de l’attention, le syndrome de fatigue chronique (ou encéphalomyélite myalgique), le surmenage psychique et physique, les rhumatismes inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, fibromyalgie,…), les tensions musculaires élevées, la capsulite, les discopathies, l’arthrose cervicale chronique, etc.

La cryothérapie est un très bon complément dans la prise en charge des maladies de peau (psoriasis, lichen plan, eczéma, dermatite atopique,…) et des états post-traumatiques et post-opératoires. Elle s’applique aussi dans la prévention des maladies respiratoires aiguës comme l’asthme et des maladies cardiovasculaires et broncho-pulmonaires. Même le monde de l’esthétique s’en est emparé, lui prêtant des vertus anti-rides, amincissantes voire amaigrissantes. Toutefois, aucune étude scientifique n’a à ce jour démontré une quelconque efficacité dans ces domaines, si ce n’est que le froid aide à lutter contre la rétention d’eau responsable du syndrome des jambes lourdes et des troubles circulatoires. La tonicité du corps et la fermeté de la peau sont elles aussi favorisées.

Les contre-indications de la cryothérapie corps entier

La prudence est toutefois de mise dans le cadre de certaines affections, pour lesquelles ce traitement est formellement contre-indiqué, comme c’est le cas pour l’angine de poitrine, la thrombose veineuse profonde, l’hypertension artérielle, l’artériopathie, l’infarctus du myocarde datant de moins de 6 mois, l’embolie pulmonaire, l’insuffisance circulatoire (syndrome ou maladie de Raynaud), la colique néphrétique, la colique hépatique, la goutte, l’hypersensibilité au froid, l’infection cutanée aiguë bactérienne ou virale, la polyneuropathie, les troubles de la sensibilité, les maladies de la vessie, les affections intercurrentes non stabilisées…

Il en va de même pour les femmes enceintes, les personnes ayant pris récemment de l’alcool ou de la drogue et celles qui sont porteuses de pacemaker ou de dispositifs sous-cutanés.

Crédit photo principale : NBA