Être végane n’est pas aussi bon pour l’humanité que vous le pensez

Être végane n’est pas aussi bon pour l’humanité que vous le pensez

Dans une étude qui a analysé l’impact de plusieurs types de régimes alimentaires sur l’exploitation des terres, il apparaît que les végétaliens ont un mauvais impact sur l’humanité par le côté « égoïste » de leur régime.

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Beaucoup de gens ont un régime végétalien pour militer contre l’exploitation animale mais aussi parce qu’ils pensent qu’il est le plus favorable pour l’environnement et la planète. Mais une nouvelle étude tend à prouver que refuser tout produit issu des animaux ou de leur exploitation n’est pas le régime le plus efficace pour nourrir tous les humains.

En matière de développement durable, les chercheurs ont constaté que s’abstenir de manger des produits d’origine animale ne maximise pas l’utilisation des terres. Ils ont étudié 10 scénarios de régime différents, dont un régime végétalien, deux régimes végétariens (un comprenant les produits laitiers, l’autre les produits laitiers et les œufs), quatre régimes omnivores (avec différents degrés d’influence végétarienne), un basé sur la faible teneur en graisses et en sucres, et un apparenté au régime alimentaire américain moderne.

Si ce régime était appliqué à la planète, il ne permettrait pas de nourrir tout le monde

En se basant sur leurs modèles, chaque régime a été analysé en fonction de la manière dont il utilise des terres agricoles divisées en trois catégories:

– les terres cultivées, où poussent les légumes, les fruits et les fruits à coque;
– les pâturages, souvent pas appropriés pour les cultures, mais excellents pour nourrir les animaux d’élevage tels que les bovins;
– les terres agricoles dites « pérennes », où poussent les cultures qui sont récoltées plusieurs fois par an, comme le grain et le foin pour nourrir le bétail.

Leur conclusion: le régime végétalien ne permettrait pas de nourrir tout le monde correctement s’il n’y avait que des véganes sur Terre. Arrêter définitivement de manger tout produit d’origine animale n’est pas réellement l’alternative la plus durable pour l’humanité à long terme. Si l’impact du régime végétalien sur la planète est donc pointé du doigt, son impact positif sur la santé reste cependant indiscutable.

À noter qu’en 2015, le Guardian avait déjà soulevé la question de l’impact du véganisme sur l’environnement.

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Burger vegan

Un « burger » végane – Crédit photo: Wikimedia – Nuagecafe

Pas une raison pour devenir carnivore

Bien sûr, ce n’est pas une raison pour adopter un régime carnivore. L’étude indique que passer au régime flexitarien, avec une alimentation à base de plantes (avec un peu de viande, tout au plus) est la voie vers l’efficacité environnementale.

Aujourd’hui, une exploitation française de 400 hectares peut nourrir 4000 personnes. Ce chiffre diminue de façon spectaculaire lorsque vous réduisez la consommation de viande et ajoutez davantage de légumes. Trois des régimes végétariens examinés dans l’étude utiliseraient cinq fois moins de terres par personne chaque année, libérant ainsi plus de terres pour nourrir plus de gens.

Les cinq régimes alimentaires qui contenaient le plus de viande utilisaient l’ensemble des productions végétales et animales disponibles des pâturages. Les cinq régimes utilisant le moins de viande (ou pas du tout) variaient dans l’utilisation des terres. Mais le régime végétalien s’est distingué parce qu’il était le seul régime qui n’utilisait aucune terre de cultures vivaces (ou pérennes) et, par conséquent, empêchait de produire une grande quantité de nourriture.

Relativiser les résultats

Evidemment, ces résultats proviennent d’une seule étude, et déterminer ce que les gens devraient manger pour maximiser à la fois le développement durable et la santé n’est pas une mince affaire. Économistes, biologistes, nutritionnistes et écologistes ont tous entrepris des études pour trouver une réponse définitive à ce problème, mais cela reste difficile, car beaucoup de variables doivent être prises en compte tout au long de la chaîne alimentaire, sans mentionner la façon dont chacun des corps interagit avec différents aliments.

Il y a aussi la question de la philosophie. Un grand nombre de végétaliens ne veulent pas consommer de produits d’origine animale pour des raisons de durabilité, certains préfèrent simplement supprimer la nourriture d’élevage de leur régime alimentaire.

Quelques chiffres en France

Bien que la consommation de viande et de certains produits laitiers est en baisse en France, ces produits continuent de prendre une place importante dans le régime alimentaire français, avec une personne consommant en moyenne 25,9 kg de fromage et 86 kg de viande par an.

En France, il y aurait moins de 2 millions de végétariens. Il est cependant difficile encore de donner un chiffre sur le nombre de véganes dans notre pays.

Correction: Une première version de l’article avait comme titre « Être végane n’est pas aussi bon pour l’environnement que vous le pensez ». Le titre a été modifié afin de mieux refléter l’étude décrite dans l’article, qui met l’accent sur l’utilisation efficace des terres pour nourrir plus de gens, et non pas pour protéger l’environnement.

Crédit photo principale : L214


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Répondre
  1. Monsieur Florian Colas devrait apprendre à lire une étude… .

    La conclusion de l’étude :

     » Un changement de régime alimentaire a été proposé dans le cadre d’une stratégie visant à assurer la sécurité alimentaire future pour une population mondiale croissante tout en répondant aux défis environnementaux liés à la production agricole. Les résultats de cette étude appuient l’idée que les changements alimentaires vers les régimes alimentaires à base de plantes a un potentiel important de réduire les besoins en terres agricoles des consommateurs américains et d’augmenter la capacité de charge des ressources agricoles des États-Unis. Les travaux futurs sont nécessaires pour déterminer la meilleure façon de partager cette générosité productive avec le reste du monde.  »

    Autrement dit, le véganisme a de beaux jours devant lui malgré les détracteurs non-instruits qui l’incrimine.

  2. Bonjour, je ne comprends pas le « Arrêter définitivement de manger tout produit d’origine animale n’est pas réellement l’alternative la plus durable pour l’humanité à long terme.  »
    Au contraire, peut-être qu’au début, il y aura besoin de temps pour rendre les pâturages et autres terres dites « non cultivables » de nouveau cultivable, en y plantant des arbres fruitiers, en rétablissant les hais, qui feront revenir la biodiversité détruite par l’homme et ses monocultures. Alors, quelques années après que tout le monde soit devenu végane, nous pourrions nourrir bien plus de personnes que ne le dit l’étude, puisque celle-ci ne prend en compte (pour les Etat Unis) qu’un quart des terres disponibles et considère les autres 3/4 perdues.
    De toute façon, on comprend bien à quoi sert cette étude, financée par la fondation Kellogg (Monsanto), elle est là pour essayer de conforter tout doucement les humains vers une consommation de pseudos viandes « heureuse », les viandes non industrielles ainsi que les laitages. La conclusion parlant d’elle même, manger peu de viande, beaucoup de légumes et des laitages.
    Je ne comprends pas que les journalistes qui écrivent de telles articles, qui comme on le voit, sont faites pour décrédibiliser le mouvement végane qui prend de l’ampleur. Ceci sans rechercher, avant publication, les conflits d’intérêt que pourraient avoir les industriels ou les institutions qui les ont financées.

  3. Mais quand va-t-on arrêter de vouloir mettre tout le monde dans le même sac et tenir des discours aussi égocentriques ? Je ne parle pas de l’article… Le discours vegan est un discours de bobo et qui en plus oublie des idées et modes de fonctionnement fondamentaux ainsi que des principes de base.
    On n’est pas tous pareils ! on n a pas les mêmes métabolismes, pas les mêmes besoins, on ne vit pas dans le même cadre !!!
    Il suffit d’être sensé pour vivre en harmonie avec la nature. C’est d’elle qu on vient. Bien sûr que l’élevage à beaucoup d’endroits est affreux. Sauf que l’être humain chasse et pêche depuis la nuit des temps pour se nourrir, il ne vit pas que de la cueillette et du travail de la terre. Avec vos discours vous poussez à consommer des aliments qui viennent des 4 coins du monde, qui n ont plus rien d’écolo quand ils doivent parcourir des milliers de km en avion ou bateau pour atterrir dans votre assiette. Des aliments poussent à certains endroits et pourraient nourrir les populations locales mais ne sont pas faits pour répondre aux lubies des bobos occidentaux qui se cherchent une occupation parce qu’ils ont tout le reste voire un peu trop.
    Selon où on vit sur Terre vous devriez savoir qu on trouve pas les mêmes aliments partout, selon le Climat Par Exemple !!! d où un Africain, un Austalien, un Asiatique, un Européen pourraient ils manger pareil ??? Sans introduire des espèces qui n ont pas à y être, sans importer à foison ?
    Et je ne parle même pas de peuples en particulier qui vivent à l équateur ou au dessus du cercle polaire par exemple !!! Simplement ce détail prouve le nombrilisme et l irréalisme de ces discours.
    Et aussi pourquoi la surconsommation ? Parce qu en occident on fait très souvent la fine bouche, on fronce le nez si ce n’est qu on dégueule soi-disant à l idée des abats par exemple.
    Pourquoi ne parler de la VIANDE ?
    On peut TOUT utiliser ! Manger les abats et les tripes (eh Oui, ça se mange, c ‘est même très bon, y compris pour les humains, pas que pour les pâtées pour chiens et chats ou je ne sais quelle autre produit « d en bas »), la moelle, la cervelle, utiliser le gras en cuisine ou en cosmétique, utiliser la peau pour en faire des objets, des vêtements ou je ne sais quoi d’autre, les os pour en fabriquer bijoux ou autres… Bref ! Comme l ‘HUMAIN l’a fait à l’origine et le fait encore là où la soi disante civilisation l’a pas encore trop traumatisé, détourné.
    C’est pareil tous ces beaux discours … comme « le coton bio ». Le coton a besoin de… Soleil et Beaucoup D EAU !! Les populations locales galèrent à avoir accès à l eau potable dans ces pays mais peu importe à partir du moment où les petits occidentaux peuvent se vanter de porter du coton bio. C ‘est Honteux !
    Et pour revenir aux régimes alimentaires, je pense qu il y a au moins une chose que vous aurez du mal à nier… on est blancs, noirs, jaunes, rouges, grands, petits, secs, enrobés (et pas particulièrement parce qu on ne mange que de la viande, loin de là même), blonds, bruns, roux, aux yeux bleus, verts, noisette, noirs, jaunes etc… on a des activités, des boulots très Très différents… Comment pouvez-vous penser une seconde qu on a tous les mêmes besoins, le même métabolisme, qu on peut tous adopter le même régime alimentaire ?
    Il faut arrêter de brandir des discours stériles et même dangereux parfois et redescendre sur Terre. Oui, notre Terre… celle que vous prétendez défendre. Il faut arrêter d avoir des goûts de luxe, il faut se contenter de manger le moins possible « international », « hors saison », d avoir une alimentation variée, équilibrée, il faut arrêter de vouloir adopter les régimes alimentaires d autres pays et de les pousser à surproduire ce qu ils ont chez eux pour nourrir les adeptes du régime x y ou z. Si ça vous convient pas, déménagez. Et essayez de vous adapter ailleurs en essayant d enfin respecter la nature et sa diversité.

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