Quelle surface de potager faut-il pour atteindre l’autosuffisance alimentaire ?

Quelle surface de potager faut-il pour atteindre l’autosuffisance alimentaire ?

Est-il possible de subvenir à ses besoins alimentaires avec son potager ? De quelle surface a-t-on besoin pour nourrir une personne grâce à son potager/verger ? Et de combien pour une famille entière ?

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Si les prix alimentaires mondiaux sont au plus bas depuis sept ans, les prix en grandes surfaces ou à l’épicerie du coin restent quoi qu’il en soit élevés. L’utilisation des pesticides et des insecticides, très répandue dans l’agriculture traditionnelle, ne vient en rien vous rassurer sur ce que vous mangez. Ces deux constats ont suffit à vous motiver de faire pousser votre propre nourriture, mais vous vous demandez certainement la surface de terre nécessaire pour vous nourrir vous et votre famille toute l’année.

Il faut savoir que ce chiffre peut varier, en fonction de la quantité de nourriture dont vous avez besoin, et de comment vous organisez votre potager. Mais nous avons tenté de répondre clairement à cette question afin que vous trouviez l’autosuffisance alimentaire, ou presque. Car elle n’est plus une utopie.

« Il faut cultiver notre jardin », Voltaire (Candide)

Quelle surface de potager ?

Avant de commencer à imaginer un potager rempli de légumes et un verger rempli de fruits, il est important de se poser les bonnes questions. Êtes-vous prêts à vous engager dans cette « aventure » ? Avez-vous du temps à y consacrer ? Le but de cet article est de savoir avec quelle surface il est possible de se nourrir toute l’année. Mais il faut d’abord commencer par prendre en compte plusieurs paramètres:

  • quelle est la surface cultivable disponible sur votre terrain ?
  • quelle est la fertilité naturelle de votre terre ?
  • quelle est l’exposition (soleil, ombre) de votre terrain et de sa situation géographique ?
  • quel est le degré d’autosuffisance que vous voulez atteindre ?
  • quel est votre budget ?
  • quelles techniques de jardinage allez-vous utiliser (chimie, mécanisation, rotation des cultures) ?
  • combien de temps pouvez-vous y consacrer ?

Nous ferons l’impasse sur le potager de petite taille (entre 20 et 50m²) et le potager de taille standard (50m²). Ce dernier, s’il est bien organisé et bien conduit, permettra de récolter une bonne partie de l’année des légumes frais pour une famille de quatre personnes. Mais intéressons-nous directement au grand potager, le potager nourricier.

250 à 300 m² pour une famille de quatre personnes

Le site spécialisé Gerbeaud préconise une surface de 300 m² pour un potager qui serait véritablement nourricier pour une famille de quatre personne. Il permet de cultiver toute l’année des légumes et de faire des réserves pour l’hiver grâce aux conserves, au séchage, à la stérilisation ou à la congélation. Cependant ce même site affirme que bien organisé et bien conduit, un potager de 100 m² en moyenne permet de récolter une bonne partie de l’année des légumes frais pour une famille de 4 personnes.

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En 2005, l’édition trimestrielle de Rustica (Février-Mars-Avril 2005) indiquait qu’un jardin de 250 m² pouvait répondre aux besoins d’une famille de quatre personnes.

Ainsi, il semble à peu près clair que pour subvenir aux besoins alimentaires d’une seule personne, un potager de 100 m² devrait suffire. 300 heures de travail annuel sont nécessaires pour maintenir le potager en vie, récolter et planter.

Les exceptions à la règle

Sur le Web, des jardiniers 2.0 ont mis en ligne des vidéos pour partager leurs techniques et astuces. Une en particulier, celle de Joseph Chauffrey, nous prouve qu’il est possible d’optimiser son potager pour avoir des fruits et légumes de saison toute l’année.

Joseph ne cultive ni pommes de terre, ni ail, ni endives. Il n’est donc pas autonome à 100%. Mais il n’en est pas loin. Son terrain fait 150 m², dans lequel on trouve un potager de 25 m², un verger de 10 m² et une serre. Joseph y fait pousser près de 300 kilos de fruits et de légumes par an, selon les principes de la permaculture.

Pour rentabiliser chaque mètre carré de son petit jardin, Joseph a donc multiplié les astuces. Il a même réussi à y caser une mare et du gazon. Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article publié sur Rue89 qui lui est consacré.

Pour quels légumes ? Quels fruits ?

Pratiquement toutes les espèces potagères peuvent être cultivées sur une grande échelle, notamment celles qui occupent longtemps la terre comme les poireaux, les haricots secs, les choux et les légumes vivaces ou perpétuels (artichauts, asperges…) ou des plantes ayant besoin de beaucoup d’espace pour se développer (pommes de terre et courges). Cultiver des fleurs n’est pas à exclure car elles ont une action bénéfique sur les légumes, soit parce qu’elles attirent les abeilles et autres insectes pollinisateurs, soit parce qu’elles repoussent les parasites.

Récolte d'un potager

Crédit photo: Pixabay – zebra7

Finalement, un potager, est-ce rentable ?

L’autosuffisance alimentaire grâce au potager: oui mais à quel prix ?

Si vous voulez vous nourrir exclusivement de fruits et légumes en provenance de votre potager, il faut aussi en connaître les coûts. L’investissement de départ peut vite représenter une somme conséquente (bêche, râteau, pelle, cordeau, étiquettes, arrosoir…) à ajouter aux « frais de fonctionnement » annuels (graines, eau, protection du jardinier…).

De même, il faut que votre potager vous « rapporte » plus que ce que vous dépensiez auparavant dans les fruits et légumes du supermarché. Alors qu’un français mange en moyenne 125 kg de fruits et de légumes confondus par an, à ajouter aux 15,5 kg de pommes de terre, l’autosuffisance alimentaire grâce à un potager et un verger est-elle utopiste ? Est-ce accessible sans y consacrer 100% de son temps ?

Entre les économies réalisées chaque année (la qualité en plus) et les frais liés au jardin, un potager bien organisé devrait donc être rentable.

Pour aller plus loin:

– Combien de plants dans son potager ? Pour quelle période ? Et pour combien de personne ? Lire.

– Si vous n’avez plus de place, pensez aux 73 aliments que vous pouvez faire pousser à la maison dans des pots. Lire.

– Fuir les supermarchés et gagner en liberté de consommation: un défi à relever ! Lire.

– Un village marocain qui revit grâce à l’agriculture raisonnée. Lire.

Cet article est ouvert aux commentaires. N’hésitez pas à poster votre propre expérience avec un potager/verger et nous communiquer les chiffres de vos récoltes, vos dépenses, la surface du potager, etc.

Crédit photo principale: Pixabay – juliacasado1


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  1. j’ai 56 ans et jardine depuis toujours, je possede un potager- fruitier de 750 m2 (j’ai de la chance!) de super terre d’alluvion, fumée régulierement à la fiente paillée de poulets bio d’un copain, composte et irriguation raisonnée à la martellière à volonté avec une pompe thermique de ma source, climat méditerrannéen et bien exposé.
    4 pommiers 1 prunier 1 poirier 4 pechers 1kaki et une treille de 25 pieds de vignes sur environ 250m2 le reste soit environ 450m2 en potager, je cultive bio et en partie permaculture.
    Sans me vanter depuis le temps je connais bien la taille et les soins des fruitiers et les légumes n’ont plus beaucoup de secrets pour moi, je cultive ^presque tout (courges,tomates,courgettes, p de terre, fraises, framboises,oignons,carottes,poireaux,betteraves,choux,poivrons,aubergines,radis, persil,artichauds,rhubarbes, haricots,concombres,fenouilles, salades, condiments etc….
    Cette année 2016 j’ai ramassé à la louche 150 kgs de pommes et encore la reine des reinettes n’a pas marché à cause des pucerons, 100kgs de courges nicoise, 150kgs de patates, 100 kgs de poires pêches et prunes, plus de 150 kgs de tomates (sauce et salades), 80 kgs d’oignons (simianes et pailles des seaux et des seaux de carottes betteraves et courgettes, de la ratatouille en foison, des bottes de poireaux en pagaille, 2ou3 brouettes de divers choux, des paniers de raisins et haricots vert et j’en passe!!! Il y a 5 ans les fruitiers étaient plus petits j’ai comptais par curiosité à la louche sur un calpin plus d’ une tonne de fruits et légumes dans l’année (je ne suis pas un farfelut et les bons jardiniers se reconnaitrons)
    dans l’année de quoi nourrir sainement mes enfants et nous même, sans oublié les conserves et faire plaisir aux amis et voisins.
    Le jardin rentable pour la santé la finance et la convialité OUI ! si on sait le cultiver, l’observer tout en respectant son sol, les rotations etc… (et ce n’est pas si évident) et y passer beaucoup de temps en écoutant les conseils des anciens du pays.

  2. Il est vrai qu’une prise de conscience globale ne ferait pas de mal…

    En France, nous disposons d’1ha par personne, ce qui est très conséquent, et malgré ça nous avons tout perdu de ce qui fonctionnait « avant ». On peut effectivement s’interroger sur le coût de la vie et en particulier du logement et c’est là que l’idée d’une « prime de naissance » pourrait prendre tout son intérêt… chaque enfant devenu majeur pourrait choisir si il veut se payer une maison en ville (et galérer à trouver un « travail » qui n’existe plus ou faire du marketing ou de la vente…) ou travailler avant tout « pour lui ». Plus grave encore, les enfants adorent « jardiner » si on leur en donne l’occasion et ça ne grève en rien leurs chances de faire autre chose de leur vie qu’un métier de paysan, qui dans notre société n’existe de toute façon plus vraiment… il est maintenant question d’ouvriers comme partout ailleurs : on a réussi avec notre « libération » à transformer une féodalité fonctionnelle grevée par des personnes corrompues en une société floue, dysfonctionnelle à cause d’autres personnes corrompues (qui pour beaucoup descendent des premières, mais passons).

    C’est tout le modèle de société qui est à revoir, car finalement de là découlent toutes les dérives des temps modernes.

    Libersat, vous semblez croire que vous êtes « privilégié » (e? le ton le laisse penser)… mais ce dont vous disposez, tout un chacun devrait y avoir droit à sa majorité, peu importe la richesse de ses parents! (et même plus si on considère 1ha par famille de 3-4 personnes, bien qu’il faille responsabiliser un minimum chacun des parents pour éviter les unions kleenex et les enfants faits à la va-vite)

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