Les « moteurs à eau » sont une réalité, comment fonctionnent-ils ?

Les « moteurs à eau » sont une réalité, comment fonctionnent-ils ?

Marc Renaudin est un français dont le moteur de sa voiture fonctionne à l’eau de pluie. Est-il une solution viable pour l’industrie automobile et salutaire pour le consommateur ? Petit topo sur le phénomène écologique du moment !

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Notre planète se réchauffe, et même si les scientifiques ont annoncé cette année une reconstitution post-séquellaire de la couche d’ozone, il est toujours clair que les activités humaines ont un fort impact sur le climat de la Terre. Entre avions volant au kérosène, fusées au propergol, usines dont les générateurs tournent parfois au fioul, sans compter la plus douloureuse, les véhicules particuliers ou collectifs, le CO2 est déversé chaque année dans notre environnement par tonnes. Si quelques âmes bien éclairées ont depuis fort longtemps proposé leurs solutions propres dans le domaine de l’automobile, on pense notamment à Elon Musk et sa marque Tesla, il est clair qu’il reste du chemin à faire pour aboutir au tout écologique à ce niveau.

En effet, si les véhicules électriques semblent de prime abord « propres » et exempts de génération de substances polluantes durant leur utilisation, c’est surtout le recyclage de leurs composants, plus précisément leurs batteries, qui alourdit le bilan écologique de celles-ci. Une autre solution existe fort heureusement, et elle consiste à rouler avec une voiture dont le moteur tire sa puissance de l’eau.

Une idée folle, mais pas si idiote

Beaucoup se demandent effectivement comment un véhicule peut être mobilisé en se servant comme carburant, de cette molécule que l’on retrouve quasiment partout sur notre planète. En effet, nos aliments sont gorgés d’eau, nos corps faits selon les sexes à plus de 70% d’eau, nos sols et sous-sols renferment des quantités astronomiques d’eau… Bref, notre écosystème à lui tout seul contient une quantité d’eau qui saurait combler les besoins en eaux des propriétaires (même en milliards) de ces véhicules roulant actuellement au pétrole.

Marc Renaudin est donc ce retraité de 64 ans qui s’est donné pour ambition de démocratiser le kit de motorisation à eau, développé par un ancien employé de Total. Son but n’est pas de remplacer Peugeot ou Citroën, voire Tesla Motors, mais de faire découvrir une autre manière d’utiliser sa voiture conventionnelle à essence ou diesel. Grâce au système à eau, il affirme avoir consommé moins d’essence à la pompe, mais surtout économisé de l’argent, tout en générant moins de particules polluantes du fait de sa conduite plus ou moins écologique, à base d’eau.

Comment fonctionne un moteur à eau concrètement ?

Le procédé utilisé par Marc Renaudin n’est en rien un nouveau moteur révolutionnaire, il s’agit plus d’un kit d’accessoires à monter sur votre véhicule, pour en accroître les capacités de production énergétique, tout en réduisant la consommation en carburant de celui-ci, et polluant au passage beaucoup moins qu’une voiture normale. En somme, il s’agit d’un dispositif se destinant à un usage sur des voitures classiques.

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Fonctionnement du moteur à eau

La majeure partie des voitures à combustion interne peut donc bénéficier et user de ce type de matériel. Le technicien qui se chargera d’installer le kit à eau à votre voiture fixera un réacteur au collecteur de gaz d’échappement du moteur, encore appelé précatalyseur. Il reliera ensuite ce dernier à un « bulleur » (entendez machine qui produit des bulles) d’une capacité totale d’un litre, où de l’eau de pluie sera insérée (à renouveler tous les 1000 km). Ce bulleur est ensuite relié à un diffuseur installé au niveau de la prise d’air du moteur. À noter que de l’eau déminéralisée peut également être utilisée, en remplacement de l’eau de pluie.

Il est su de tous qu’une combustion est entretenue par de l’oxygène, ainsi, lorsque le carburant et l’huile sont acheminés vers la chambre à combustion de votre moteur thermique, il ne manque que l’air pour créer l’explosion nécessaire à la mobilisation des pistons et la production énergétique. Avec le kit à eau installé dans votre voiture, l’aspiration d’air par le moteur de cette dernière génère la formation de bulles d’air. Cet air humide ainsi obtenu sera acheminé dans le réacteur préalablement installé, et dont la température et la composition vont permettre sa transformation moléculaire avant son injection dans le moteur. Le but étant de créer plus d’énergie avec la même quantité de carburant voire moins, mais plus d’air (contenu dans les bulles).

Marc Renaudin qui a investi 480 € dans ce dispositif fait remarquer que son investissement fut très vite rentabilisé.

D’accord, donc j’utilise toujours du carburant ?

Oui et non en fait. Pour faire simple, vous passerez toujours à la pompe, seulement, la quantité de carburant que vous y achèterez sera au-moins 15 fois inférieure à celle que vous achetiez auparavant. Dans le cas de Marc Renaudin, il estime qu’avec un plein d’essence sans son « arsenal aqua-automobile », il était capable de rouler 850 km. Depuis qu’il a installé le kit à eau dans son véhicule, le Lorentais roule facilement quelque 1200 km, et sur un total de 55.000 km effectués depuis deux ans qu’il roule à l’eau, le sexagénaire affirme avoir conduit 16.000 km de plus qu’auparavant sans pour autant passer plus à la pompe.

Le calcul est vite fait, il a ainsi économisé l’argent de 19 pleins, et par la même occasion, il pollue beaucoup moins qu’avec une voiture conventionnelle. Pour aller plus loin, le bilan carbone de sa petite Citroen C5 diesel de 138 CV s’avère positif et plus pertinent que celui d’une Tesla Model S par exemple.

Moteur à eau

Au final quel choix faire ? Voiture électrique ou voiture à eau ?

Sans vouloir lancer de débat ou de compétition entre les deux modèles automobiles, il est tout à fait important de noter certains aspects très parlants. Les voitures conventionnelles sont moins onéreuses que les véhicules électriques à l’achat, c’est un fait. Quand il vous faut dépenser 50.000 euros pour s’offrir un véhicule électrique, son équivalent conventionnel ne vous reviendra qu’à quelques 15.000 ou 20.000 euros, soit une économie de 30.000 au minimum, selon les modèles de véhicules choisis. Certains diront que ces économies se retrouveront impactées à la pompe, mais n’oubliez pas que plus les véhicules sont récents, moins ils consomment pour la même quantité de kilomètres réalisés, et donc par ricochet, moins vous passez à la pompe.

Le second aspect concerne l’entretien des véhicules. Lorsqu’il est facile de faire un ou deux voire plus de trois mois sans faire un tour chez le mécanicien avec un véhicule conventionnel, les électriques (françaises et allemandes en tête) vous demanderont au moins 1000 euros tous les mois, pour l’entretien général. Cette somme pas loin du SMIC, sert d’une part à payer la location des batteries de votre voiture électrique (puisque les batteries contenues dans les voitures électriques ne vous appartiennent pas, vous les louez au constructeur) et à l’entretien des circuits électriques très nombreux.

Troisièmement, et nous l’avons déjà évoqué, les véhicules électriques sont propres à la surface, puisque ne produisant aucune molécule de CO2 lors des séances de conduite. Cependant, il est à noter que de l’autre côté, les véhicules conventionnels sont sur le long terme moins polluants que les électriques. Il y en a déjà un sacré panel qui produisent moins de 20 grammes de CO2 au km. Sur ce plan c’est déjà intéressant compte tenu du prix relativement moins élevé des conventionnelles, mais les voitures à moteurs thermiques gagnent la partie grâce à une composante déjà évoquée plus haut, le bilan carbone.

En effet, la construction puis le recyclage des batteries des voitures électriques est encore à ce jour un véritable casse-tête, même pour Tesla Motors. De plus rechargées sur une prise murale modifiée, ces véhicules consomment de l’électricité produite dans certains pays comme le Royaune-Uni, par le charbon ou le pétrole, eux, très polluants. De ce fait, dans l’ensemble et sur la durée, leur bilan carbone est beaucoup plus important que celui des voitures conventionnelles, dont le seul dernier point négatif restant n’est que la chaleur produite par le moteur thermique.

Le mot de la fin

Notez enfin que le choix dépend de vous, puisque tout est une question de goût. Entre ceux qui veulent de la puissance brute (et même… les Tesla ont ridiculisé les voitures de sport dernièrement) tout en polluant un chouïa, et ceux qui veulent du propre apparent ou de l’écologique plus ou moins efficace, chacun saura se situer, selon la profondeur de sa poche.

Développé par Laurent Baltazar, ancien propriétaire de la station Total de Plounéour-Ménez (29), le kit de motorisation à eau a pris son envol en septembre dernier, et l’on avance déjà plus de 200 véhicules convertis, seulement en Bretagne. L’ex-patron reste juste dans l’expectative d’une certification officielle et sans doute scientifique, de son système pour le démocratiser.


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